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A l’Assemblée nationale, la session de septembre est essentiellement budgétaire. Sur ce point précis, la présidente de la chambre basse du Parlement, Jeanine Mabunda, a déjà annoncé les couleurs dans son discours d’ouverture du 15 septembre. L’Assemblée nationale ne sera pas clémente envers le Gouvernement. Elle veut le voir trouver véritablement des solutions pour améliorer le vécu quotidien des Congolais.

Pour Jeanine Mabunda, la survenance de la pandémie de Covid-19 ne sera pas une excuse autant dans la reddition des comptes que dans l’examen du projet de budget pour l’exercice 2021. Pour l’Assemblée nationale, le Gouvernement doit innover en proposant des solutions qui feront bouger les lignes.

Voici de larges extraits du volet économique de son discours.

« Je rappelle que la session ordinaire qui s’ouvre ce jour est, de par la volonté du constituant, essentiellement budgétaire. Dès lors, priorité sera accordée à l’examen et au vote du projet de loi des finances de l’exercice 2021, qu’il revient au Gouvernement de déposer au bureau de notre chambre dans le respect des délais requis par la Constitution et la Loi du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques.

A ce sujet, l’article 84 de la Loi relative aux finances publiques, prévoit : « Le projet de loi portant reddition de comptes du dernier exercice clos, y compris les documents prévus aux articles 81 et 82, points 1 et 2, de ladite Loi est déposé à l’Assemblée nationale au plus tard le 15 mai de l’année suivant celle de l’exécution du budget auquel il se rapporte ».

J’attire également la particulière attention du Gouvernement sur le fait que l’article 87 de la loi relative aux finances publiques subordonne l’examen du projet de loi de finances de l’année au vote préalable de la loi portant reddition des comptes de l’exercice clos.

J’invite donc le Gouvernement à faire la diligence nécessaire en vue de déposer au bureau de notre chambre le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2019.

Ainsi donc, au cours de la présente session, nous examinerons, en toute responsabilité, le rapport contenant les observations de la Cour des comptes sur le projet de loi portant reddition des comptes de la Loi de finances de l’exercice 2019.

En outre, suite aux conséquences de la Covid-19 sur notre économie, il était prévu le dépôt par le Gouvernement d’un collectif budgétaire au cours de la session ordinaire de mars 2020. Lors de la réunion Parlement-Gouvernement d’hier 14 septembre 2020, le Premier ministre a promis de présenter au Parlement cette loi des finances 2020 révisée. Nous y veillerons.

L’examen du projet de loi de finances de l’exercice 2021 va intervenir dans un contexte économique international et national morose.

En effet, au cours de sa réunion ordinaire du 10 septembre dernier, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo a examiné les perspectives économiques pouvant influencer l’orientation de la politique au cours des prochains mois.

Au plan international, la conjoncture reste marquée par la réouverture quasi généralisée des activités économiques à travers le monde. Il faut noter que le préjudice économique financier et social causé par la crise sanitaire de la Covid-19 doublé de l’affrontement commercial entre les Etats-Unis et la Chine va continuer à peser sur les perspectives économiques jusqu‘à la fin de l’année. La relance des investissements dans le capital humain et physique ainsi que la redistribution des ressources en faveur des secteurs plus productifs semble être la voie que devraient explorer les décideurs politiques.

Concernant l’évolution des cours mondiaux des matières premières, ceux intéressant l’économie congolaise se sont globalement inscrits en hausse au mois d’août dernier à la suite des effets combinés de contraction de l’Offre et d’un relèvement de la demande mondiale impulsée par la reprise de l’économie chinoise.

Au plan national, les dernières estimations de la croissance économique, sur la base des données à la fin juin 2020, signalent une contraction de l’économie congolaise de l’ordre de 1,7%. Cette amélioration est tirée par la croissance dans le secteur minier dopée par la hausse des cours mondiaux.

Sur le marché des biens et services, on note une décélération du rythme de formation des prix du mois d’août, tandis que pour ce qui est des finances publiques, les opérations au mois d’août se sont clôturées avec un déficit de 20 milliards de CDF.

Sur le marché des changes, on a observé une volatilité quoique atténuée récemment par une légère appréciation de la monnaie nationale pour la première fois depuis le début de l’année en cours suite à des mesures prises par la banque centrale et le gouvernement.

S’agissant du secteur monétaire, on note un resserrement de la liquidité bancaire par le durcissement de la politique monétaire. L’assèchement du marché monétaire s’est traduit par la baisse de la demande des titres ainsi que la chute de l’encours du bon BCC.

Ce tableau économique national et international a pour conséquence, une érosion sensible du pouvoir d’achat et de l’amaigrissement du panier de la ménagère de notre population qui subit donc de plein fouet les conséquences socioéconomiques de la Covid-19. (…)

Au-delà de la mobilisation des ressources prévues dans la loi de finances de l’exercice 2020, notre pays devra adopter un nouveau paradigme courageux et ambitieux pour faire face aux conséquences de la Covid-19 et relancer l’économie nationale. Toute crise crée des opportunités nouvelles. La crise Covid-19 a constitué pour beaucoup d’Etat un réveil brutal de leur vulnérabilité et dépendance accrues à certains autres.

A cet effet, j’exhorte le Gouvernement de donner priorité dans la loi des finances à la poursuite de la politique de la diversification de l’économie nationale en s’appuyant sur les secteurs porteurs de croissance, notamment la relance du secteur agricole dans le milieu rural, la réhabilitation continue des routes de desserte agricole, les mesures incitatives en faveur du secteur privé et l’amélioration continue du climat des affaires, la protection des investissements privés, l’investissement dans le capital humain notamment la jeunesse par la lutte contre le chômage, le soutien aux petites et moyennes entreprises ainsi que l’amélioration graduelle des mesures en faveur des couches les plus défavorisées pour améliorer le capital humain national ».

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