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L’ambitieux budget d’environ 11 milliards Usd que s’est fixé le Gouvernement en 2020 ne sera pas atteint. Le réaliser de moitié relève déjà d’une prouesse. A en croire le président du Sénat, « la mobilisation des recettes fiscales et non fiscales a été très faible. Au premier trimestre, les assignations budgétaires totales n’ont été réalisées qu’à 27,7% », alors que les dépenses publiques explosent. Finalement, le Gouvernement est revenu à la raison. Un collectif budgétaire est en chantier pour corriger les prévisions budgétaires de l’exercice 2020. « Vaut mieux tard que jamais », dit-on.

Le Gouvernement congolais vient de rétropédaler. Il le fallait bien dans la mesure où le budget de 11 milliards de dollars Usd voté par le Parlement devenait de plus en plus une utopie qui ne pouvait résister à une analyse critique. Le Premier ministre, Ilunga Ilunkamba, entrevoit bien tard de présenter ce nécessaire collectif budgétaire au Parlement afin de ramener le pays dans la réalité de ses réelles capacités de mobilisation des recettes.

L’arrogance du début a cédé au réalisme que dicte la précarité de la situation économique du pays.

Sylvestre Ilunga Ilunkamba est revenu sur terre en acceptant d’apporter ce collectif budgétaire à l’Assemblée nationale afin de rentrer dans les règles d’une gestion moderne des finances publiques. Avec des chiffres dépassés des crédits votés au début de l’exercice, il apparaît clairement que ce collectif budgétaire sera collé intimement au Plan de trésorerie du ministère des Finances.

Se soumettre aux contraintes

Le Gouvernement ayant décidé de fonctionner sur la base caisse, il devenait donc urgent que la loi des finances 2020 se conforme à la réalité de la caisse qui indique que la mobilisation n’ira pas au-delà de 40% des prévisions actuelles. Le budget de 11 milliards qui faisait montre d’une grande ambition de la part des dirigeants est au final irréaliste.

Par ailleurs, l’occasion est donnée au Gouvernement, mieux à la coalition au pouvoir, de proposer pour 2021, un budget pluriannuel conformément à la loi afin que le Congolais se rende compte des perspectives de son développement et des capacités réelles des dirigeants à lui apporter des réponses à ses problèmes.

La coalition FCC-CACH, qui a fait de la chamaillerie son mode de gouvernance, doit se dire que le compte est loin d’être bon. L’année 2023 pointe déjà à l’horizon. Inutile donc de traîner les pieds.

Hugo T.