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Le président de la chambre haute du Parlement, Alexis Thambwe Mwamba, est pessimiste quant à l’avenir de l’économie de la République démocratique du Congo (RDC), qui subit, à l’instar de toutes les économies du monde, l’agenda de Covid-19. Il craint la récession imminente et le démontre à travers quelques indicateurs macroéconomiques au rouge. Il l’a fait savoir dans son discours d’ouverture hier, mardi 15 septembre 2020, de la session de septembre, essentiellement budgétaire.

Il est question, a-t-il indiqué, du « taux de croissance de 5,4 % prévu pour cette année 2020 contre 4,4% en 2019. Cependant, à la fin du 1er trimestre, il était de -1,9 % ; à ce jour, il est de -2,4% ; de la mobilisation des recettes fiscales et non fiscales a été très faible. Au premier trimestre, les assignations budgétaires totales n’ont été réalisées qu’à 27,7% ».

Le président du sénat a fait remarquer que « les recettes moyennes réalisées par les régies financières ont été de 400 milliards de francs congolais par mois, alors que les dépenses liées à la rémunération se situent autours de 410 milliards de francs congolais par mois ». Et de noter que « cela a entraîné une chute de nos réserves de change.

Et du fait de la dépréciation du franc congolais, les salaires des fonctionnaires, des enseignants, des magistrats, des militaires et des policiers ont connu une dévaluation de plus de 20% et plusieurs sociétés du secteur privé déposent le bilan ».

Toutefois, il encourage les autorités monétaires et économiques pour la stabilisation du taux d’inflation et les mesures qu’elles prennent. Pour lui, cela présage d’une bonne prise en charge. « Et nous leur recommandons de suivre de près, sinon de participer aux efforts africains pour réclamer de fonds frais au Fonds monétaire international en guise de compassassions des pertes dues à la pandémie à COVID-19 », a-t-il poursuivi.

Avant de considérer cette pandémie à Coronavirus comme une opportunité et une origine de nouveaux défis. Et cette crise sanitaire étant un des grands problèmes du siècle, une fois passée, devra permettre aux pays riches de remettre en question leur manière de consommer et, dans certains domaines, de réajuster leurs politiques économiques.

Déposer le Budget au début de la session

Thambwe Mwamba fait aussi observer que « la sauvegarde des ressources et de l’environnement devenant un impératif pour le rééquilibrage de notre village commun, la Planète », il est nécessaire que « les puissances occidentales et asiatiques recherchent la sécurisation et la stabilisation des réseaux d’approvisionnement en matières premières ».

Pour cela, il appelle les Congolais à « réfléchir sur leurs propres plans de sécurisation des ressources, la transformation totale ou partielle de ses ressources minérales et naturelles ainsi que le choix de ses partenaires en fonction de contreparties pouvant ‘‘booster’’ le développement, l’industrialisation et la juste répartition des richesses à ses propres populations ». Aussi exhorte-t-il le gouvernement à étudier ces questions et à les intégrer dans le plan stratégique de développement des années à venir.

Quant au Budget 2021, l’exécutif national est appelé à le déposer au Bureau de l’Assemblée nationale, conformément aux prescrits constitutionnels, dès le début de la session en cours. Cela afin de permettre au sénat d’y apporter son savoir-faire, a fait valoir le président Thambwe Mwamba. Le souci étant de « rencontrer les attentes des Congolais et de mettre à la disposition du gouvernement un outil de gestion de sa politique aussi réaliste que pragmatique », a-t-il ajouté.

Olivier Dioso