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L’insécurité à Kinshasa, avec la dimension qu’atteignent aujourd’hui les enlèvements des jeunes filles et femmes, assortis de rançons, a amené des associations féminines à organiser une marche de protestation samedi 12 septembre dernier. Objectif : déposer un mémorandum auprès du gouverneur de la ville, Gentiny Ngobila, via le ministre provincial en charge de l’Intérieur, Sécurité, Affaires coutumières, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat. Parmi les recommandations, les organisations féminines suggèrent notamment de placer une géo-localisation dans tous les taxis circulant dans la ville de Kinshasa.

A noter que les manifestantes n’ont pas suivi l’itinéraire prévu. Le point de départ de la marche de protestation a été la gare centrale et la chute devait être le siège du commissariat provincial de la police de Kinshasa sur l’avenue Pierre Mulele (ex-24 novembre). Mais elles ont été escortées par les éléments de la police jusqu’à l’hôtel de ville. Ont pris part à cette marche, notamment des membres des mouvements «Congo label», «Collectif des victimes de kidnapping », «Rien sans les femmes»,  «Yali-RDC », «CSC-RDC» ainsi que  «Justice pour elles», signale Top Congo info.

Pour la coordinatrice adjointe de l’ONG ‘‘Je dénonce’’, Me Sonia Lukusa, elle s’est exprimée en ces termes dans son mot de circonstance : « Nous dénonçons les cas d’enlèvements qui deviennent récurrents à bord des ‘‘Ketchs’’ (taxis de petits formats, ndrl). Nous sommes, pour la plupart, des victimes d’extorsion, de viol et de violences. Bientôt, ce sera la rentrée des classes et celle académique. Nous nous inquiétons pour nos filles et pour nous-mêmes. Nous sommes, ici aujourd’hui, pour que les autorités urbaines trouvent des solutions idoines », a fait savoir Actualité.cd.

Objectif atteint

De son côté, renseigne la même source, la coordonnatrice de cette ONG, Maguy  Mbuku, a déclaré que « cette manifestation a été une réussite car le principal objectif  - ‘‘déposer le mémo auprès des autorités urbaines’’ - a été atteint. Nous souhaitons que nos revendications soient prises en compte et que les résultats ne tardent pas ».

Quant au membre du Réseau YALI RDC et responsable des questions du Genre, Marie Rose Tshite, elle a également donné son point de vue. « J’ai été victime de kidnapping en 2017. Mais, jusqu’en 2020, nous parlons du même problème. Et les kidnappeurs exigent des montants exorbitants aux contacts de leurs otages avant de les relâcher. Ce n’est pas normal », a-t-elle dénoncé.

Recevant le mémorandum, le ministre provincial en charge de l’Intérieur, Sécurité, Affaires coutumières, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat, Sam Leka, a salué l’initiative des manifestantes. «Vous avez dénoncé les mauvaises actions qui se commettent dans la ville, c’est une bonne initiative. Je soutiens cette action », a souligné le ministre Sam Leka. Et de signaler « que le gouvernement provincial était déjà saisi à propos de cette action ». Avant de demander aux manifestantes de faire confiance à vos institutions.

« Nous ne pouvons pas dévoiler toutes les dispositions prises au niveau du gouvernement pour que revienne la sécurité dans la ville. Ayez vos apaisements, faites-nous confiance», leur a-t-il signifié.

Echanges Mabunda-femmes de la Société civile

A signaler que la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, a échangé, le samedi 12 septembre, avec la représentation des femmes de la Société civile de vingt-six provinces. La rencontre a tourné autour, notamment, des questions liées à l’insécurité et aux violences faites aux femmes en République démocratique du Congo.

Ancienne conseillère spéciale de Joseph Kabila, alors président de la République,  en matière des violences faites aux femmes, Jeanine Mabunda n’a pas caché sa satisfaction. « C’est avec beaucoup de bonheur que j’ai échangé avec les femmes de la Société civile des vingt-six provinces, sur les droits des femmes, l’insécurité et la violence faite aux femmes dans nos villages et dans l’espace politico-électoral. Merci à l’équipe de Julienne Lusenge », de la plate-forme ‘‘Fonds de femme congolaise’’ et l’un des membres de la délégation qui a conduit ces actrices de la Société civile. La présidente de la chambre basse du parlement l’a fait savoir sur son compte Twitter.

Olivier Dioso