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La drépanocytose étant un problème de santé publique, elle préoccupe au plus haut point le gouvernement. Dans ce contexte, il vient  d’être organisé à Kinshasa une journée de réflexion avec les partenaires.

Dans l’une des éditions matinales de la radio TOP CONGO FM, le mercredi 9 septembre 2020, les docteurs Yuma et Patricia, respectivement secrétaire général au ministère de la Santé et directrice du Programme national de lutte contre la drépanocytose (PNLD) ont révélé que le gouvernement de la République démocratique du Congo est en quête de 53 millions de dollars américains  pour assurer la prévention contre la drépano-cytose et la prise en charge des personnes qui en souffrent. Il est impensable, disent-ils, que le PNLD ne puisse  bénéficier des mêmes faveurs que les autres programmes du secteur  de la santé.

Toutefois, ces cadres  du ministère  de la Santé ont remercié la Première Dame de la RDC, Mme Denise Nyakieru Tshisekedi pour avoir plaidé la cause des  drépanocytaires auprès  du Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

Des personnes d’heureuse mémoire

Si le gouvernement de la République démocratique  du Congo est arrivé à dédier la date du 19 juin aux drépanocytaires, c’est grâce, entre autres, aux sacrifices consentis par deux personnes d’heureuse mémoire.  Il s’agit des feus le Dr Mashako Mamba et le révérend-père Henri de la Kethulle de Ryhove de la congrégation  des Pères jésuites.  Le premier, pour avoir créé le Programme National de Lutte contre la Drépanocytose (PNLD) à l’époque où il fut ministre de la Santé ; et le second, de par l’honnêteté qui a caractérisé sa vie de missionnaire, a pu convaincre les bienfaiteurs tant au pays qu’ailleurs  pour venir en aide aux drépanocytaires.

Avec l’appui du Rezo drepano SS, structure regroupant une dizaine d’organisations non gouvernementales  de lutte contre la drépanocytose, ces deux personnes mémorables ont mené des actions qui ont attiré l’attention du gouvernement et de ses partenaires. Ce qui fait qu’actuellement les drépanocytaires ne se sentent plus abandonnés.

Toutefois, l’appel à fonds lancé par le secrétaire général au ministère de la  Santé et la directrice du Programme national de lutte contre la drépanocytose se justifie par le fait que beaucoup  reste encore à faire concernant les actions à mener.

Dans sa brochure publiée en février 2016 et intitulée « Drépanocytose, tout l’or du monde », feu le révérend père de la Kethulle note qu’une lutte efficace contre la drépanocytose est multidisci-plinaire et multisectorielle  et non une affaire des médecins seuls et des hôpitaux.

« Prendre le drépanocytaire et l’amener à l’hôpital est une approche minimale et simpliste  de la lutte et de la connaissance de la drépanocytose », fait-il savoir.

En RDC, indique-t-il, les statistiques  actuelles montrent qu’un Congolais sur trois ou quatre est AS. Il est donc susceptible de procréer un « SS ». « Croire que la drépanocytose ne vous atteindra pas parce que vous n’avez  ni frère, ni enfant SS est une erreur grave. A tout moment, vous pouvez devenir frère, cousin, parent ou grand parent d’un drépanocytaire. Cette lutte est donc communautaire  et nous concerne tous », soutient-t-il.

Véron Kongo