www.econews.cd

Même si la République démocratique du Congo a fait des progrès en matière de la liberté de la presse, il y a encore du chemin à parcourir, a constaté l’Ong JED (Journalistes en danger) au terme d’un atelier, organisé mardi au Cepas. Avec la défense de la liberté de la presse, c’est tout le métier de professionnel des médias qu’il faut réformer, ont recommandé unanimement les participants à cet atelier.

Le secteur des médias est à la croisée des chemins. La percée de Nouvelles technologies de l’information et de la communication impose de nouveaux défis. La presse doit s’adapter pour ne pas disparaître. Tout comme les professionnels des médias doivent se réformer pour ne pas être emportés par le vent de la modernité.

Si des progrès notables ont été enregistrés en termes de liberté de la presse, le métier de journalistes est en train de perdre sa substance.

Finalement, qui est journaliste et qui ne l’est pas ? Y a-t-il une limite à cette profession ? Comment garantir la viabilité économique des entreprises de presse ? Autant de questions qui ont été débattues, mardi dernier au Cepas, lors d’un atelier qui a réuni, avec le concours de JED et d’Internews, un échantillon de professionnels des médias.

Secrétaire général de JED, Tshivis Tshivuadi a déclaré que cette rencontre, qui devrait se tenir depuis le mois de mars dernier, a été reportée suite à la pandémie à coronavirus qui n’a pas épargné la RDC.

Plusieurs exposés étaient à l’ordre du jour, entre autres, «les défis éthiques, déontologiques et sécu-ritaires » présenté par Christophe Tito Ndombi, président du CSAC (Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication). Il a fait un constat malheureux en ce qui concerne l’évolution du secteur des médias.

« Nous assistons de plus en plus à l’émergence d’un journalisme – spectacle, avec des animateurs des émissions qu’on a du mal à adopter comme journaliste en tant que tel ». Face à cette dérive, Tito Ndombi note que « le journalisme est voué à l’intérêt du public et à la véracité de l’information ». Ce qui n’est pas le cas, note-t-il, depuis quelque temps. Aussi, a-t-il souligné l’urgence de « mettre à jour les conditions de la légitimité de journalistes ».

Le deuxième exposé, animé par Me Godefroid Kabongo, a porté sur « les réformes du cadre légal » du secteur des médias. Si la loi de 1996 a posé les bases de la réforme du secteur, Me Kabongo pense que beaucoup reste à faire.

Un nouveau modèle économique des médias

Faustin Kuediasala, éditeur du trihebdomadaire Econews, s’est penché sur « la viabilisation économique des entreprises de presse ».

D’emblée, il a souligné que les organes de presse évoluant en RDC n’ont pas acquis le statut proprement dit des entreprises de presse. Ce qui pose un problème pour les viabiliser. Il pense que le secret dans la viabilisation des entreprises de presse réside dans l’intériorisation dans les organes de presse de la notion d’entreprise.

« Dès l’instant où on ne sait pas respecter le premier principe de la comptabilité qui établit clairement une différence entre l’entreprise et l’entrepreneur, il est difficile pour nos organes de presse d’acquérir le statut d’entreprise », a-t-il noté.  « Les organes de presse doivent migrer vers le statut d’entreprise qui est leur seule voie de survie. Il nous faut de grands ensembles bâtis sur des principes et des règles claires de gestion où le patron de presse se considère comme actionnaire d’une entreprise. La viabilisation commence par là », a préconisé Faustin Kuediasala.

Plusieurs recommandations ont été formulées à l’issue de cet atelier. Il s’agit notamment de l’organisation d’une table ronde pour déboucher sur  la mise en place d’un mécanisme de protection des journalistes dans le contexte congolais, la réfonte du cadre légal actuel relatif à l’exercice de la liberté de la presse en RDC, à savoir la loi du 22 juin 1996, ainsi que la réactivation et l’effectivité des aides directes et indirectes à la presse telles que prévues par la loi.

Kanku