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Dans son effort d’amélioration du climat des affaires en RDC, l’Anapi se tourne vers la promotion de l’entreprenariat féminin. Jeudi au Rotana Kin Plazza, c’était l’apothéose. Tout ce que Kinshasa compte comme femmes d’affaires a répondu à l’appel de la VPM du Plan, Elysée Munembwe, de soutenir l’Anapi dans son challenge. Femmes du secteur public et privé, toutes étaient là pour porter haut cette vision, clairement circonscrite, pour la circonstance, par le directeur général de l’Anapi, Anthony Nkinzo Kamole.

Porté à la tête de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (Anapi), Anthony Nkinzo se bat sur tous les fronts pour donner un contenu au climat des affaires en République démocratique du Congo. Sa détermination est telle que le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, ne cache pas son admiration envers lui.

       En réalité, l’ombre du directeur général de l’Anapi plane en permanence en RDC chaque fois qu’on parle climat des affaires. Il est partout et innove pour que la RDC améliorer nettement sa notation dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale, convaincu que le développement de la RDC passe par un net assainissement de son environnement des affaires. A l’Anapi, Anthony Nkinzo y travaille. De la plus manière d’ailleurs.

       Assoiffé des résultats, il a donc décidé de se tourner vers la promotion de l’entreprenariat féminin. Jeudi à Rotana Kin Plazza, toute la crème féminine de la ville, tant du secteur public que privé, s’était donné rendez-vous pour partager la recette de l’Anapi.

Soutien gouvernemental

Marraine de la cérémonie, la vice-Premier ministre (VPM), ministre en charge du Plan, Elysée Munembwe, n’a pas dérogé à la règle. Elle était là pour accompagner l’Anapi dans son chantier de promouvoir l’entreprenariat féminin.

D’entrée de jeu, la VPM du Plan a salué la forte implication des autorités politiques au plus haut niveau, particulièrement le chef de l’Etat et le Premier ministre, « en faveur de la mise en œuvre de l’agenda des réformes sur le climat des affaires dans  notre pays ».  

Avant de s’attarder sur la nouvelle vision de l’Anapi qui consiste à soutenir l’entrepreneuriat ; « vecteur fondamental de l’économie ».              « L’entreprenariat est considéré comme un catalyseur important de la croissance et du développement économique et social dans de nombreux pays. L’activité entrepreneuriale est considérée comme un outil de motivation des jeunes entrepreneurs qu’ils soient hommes ou femmes et un vecteur de création des richesses, d’emplois et de l’innovation ».

 Aujourd’hui, il s’agit d’accompagner la femme dans le monde des affaires, en ce que, a indiqué Elysée Munembwe, « depuis la découverte du rôle économique des femmes, l’attention des pouvoirs publics et des organisations internationales est braquée sur les femmes. Celles-ci se trouvent au cœur des programmes d’activités génératrices des revenus et d’entrepreneuriat. Partout au monde, on observe un changement d’échelle des programmes, tenant compte de la place des femmes dans l’économie et le développement ».

Si l’entrepreneuriat féminin est considéré comme l’un des leviers importants de la croissance économique, au vu du nombre de femmes qui s’y adonnent, la VPM du Plan reconnaît que, « malgré ce rôle dans le développement, l’entrepreneuriat féminin congolais reste encore confronté à plusieurs pesanteurs et/ou obstacles ».  A cela s’ajoutent l’impréparation à l’entrepreneuriat pour certaines femmes, l’absence de formation adéquate en management et en gestion de projets et la non-maîtrise des charges professionnelles et fiscales,  etc. Autant d’entorses que le programme que lance l’Anapi se propose de corriger. De l’avis de Mme Elysée Munembwe, il s’agit de « vulgariser, auprès des femmes entrepreneures, les différentes réformes mises en œuvre sur l’indicateur « Paiement des taxes et impôts », car il est nécessaire,  pour chaque femme entrepre-neure, de connaître quelles sont ses charges fiscales envers l’Etat pour mieux exercer ses activités économiques et commerciales ».

Quoi que membre du Gouvernement, Elysée Munembwe ne se démarque pas de son statut de femme. D’où son appel : « Il est donc important, chères femmes entrepreneures, que nous ayons une vision et des objectifs clairs pour arriver à conquérir notre place en tant qu’actrices majeures dans le processus de développement de notre pays ». 

Pour y arriver, les femmes devaient désormais compter sur l’Anapi. Anthony Nkinzo a décidé de les accompagner pour l’émergence d’une nouvelle génération des femmes d’affaires.

A cet effet, la VPM croit fermement au dynamisme de l’Anapi, au travers de son directeur général. Elle se dit convaincue que cette matinée de sensibilisation a permis aux femmes entrepreneures, « non seulement de comprendre les différentes réformes mises en œuvre par le Gouvernement pour assainir le secteur de fiscalité et de parafiscalité, mais aussi de s’approprier l’ensemble du processus d’amélioration du climat des affaires ».

Plus que déterminé

Un encouragement que le DG de l’Anapi a accueilli à sa juste valeur. « Dans le cadre de cette activité que nous sommes en train d’organiser sous le parrainage de Mme la vice-Premier ministre, ministre du Plan, et surtout sous votre présence personnelle, pas parce qu’il s’agit simplement du genre mais parce que vous attachez une importance capitale à la question du climat des affaires qui est sous votre responsabilité, pas parce qu’il s’agit de l’Anapi, mais parce qu’aujourd’hui, je pense qu’il est important de mettre un point d’honneur sur l’entreprenariat mais aussi l’entreprenariat féminin ».

Une nouvelle dynamique est née. A l’Anapi, on est prêt à relever le défi. Son directeur général l’a confirmé dans des termes clairs : « Pourquoi cet atelier ? C’est parce que nous pensons que l’indicateur Paiement taxes et impôts devrait être porté par des personnes, et nous avons pensé à la femme, parce que l’entreprenariat est pris à bras le corps par elle. Il nous faut sensibiliser la femme sur la question des textes et lois qui encadrent l’entreprenariat. Ce, dans l’objectif de susciter une vraie culture entrepreneuriale dans le chef de la femme congolaise ; permettre aux femmes entrepreneures de faire le partage d’expériences malheureuses et heureuses ; faire un plaidoyer auprès de l’État pour la mise en place d’une politique entrepreneuriale en RDC. Car une entreprise gérée par les femmes est beaucoup plus prospère ». 

En tout cas, pour l’émergence d’une nouvelle race des femmes d’affaires, l’Anapi s’y prépare activement.

F.K.