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Avec le discours tribaliste et xénophobe qui gagne du terrain, la RDC est presqu’assise sur une bombe qui peut exploser à tout moment. Il est plus que temps d’arrêter cette hémorragie. C’est le socle de l’unité et de la cohésion nationale qui est en danger. Dans les premières années de son indépendance, la RDC a payé un lourd tribut du relent tribal qui avait gagné les esprits. Les années Mobutu ont permis d’effacer ce vieux souvenir que certains tentent de réactiver pour des objectifs inavoués. Le tribalisme n’a pas de place en RDC. Levons-nous et disons non ! Avant que tout l’édifice national ne s’écroule.

Les discours de haine tribale véhiculés consciemment ou inconsciemment vont faire exploser la République, si rien n’est fait pour conscientiser et réprimer les auteurs qui veulent mettre le feu aux poudres dans plusieurs coins du pays.

De plus en plus, des personnalités, des élus, des cadres, des intellectuels, voire le commun des Congolais prennent un vilain plaisir d’affirmer que chez eux, des non originaires n’ont pas le droit de faire ceci ou cela. C’est le cas de l’ancien ministre de la Santé, le FCC Félix Kabange Numbi, qui a déclaré à haute voix, aux côtés du gouverneur du Haut-Katanga, sans que celui-ci ne proteste que : « Quiconque oserait organiser des meetings dans l’ex-Katanga, fief de l’ancien président Joseph Kabila, s’exposerait à la colère des fils du coin ».

Sans doute, dans son entendement, personne n’a le droit de critiquer l’autorité morale du Front commun pour le Congo (FCC) chez lui au Katanga. Sur un ton belliqueux, il a donc prié tout celui qui est animé de l’esprit de le critiquer de se rendre dans sa province d’origine pour formuler des critiques contre l’ancien chef de l’État. Autrement dit, dans l’ex-Katanga, seul Joseph Kabila a droit au chapitre, préconise Félix Kabange. Un discours rétrograde qui ne tient pas la route.

D’où tire-t-il ses convictions ? Pour quelle finalité agite-t-il cette fibre tribalo-ethnique ? En tout, seul le FCC Félix Kabange détiendrait les réponses à ces interrogations. Certes, sur les réseaux sociaux, Félix Kabange a tenté de jouer à l’apaisement. Mais, le mal était déjà fait.

En effet, il est s’est inscrit dans un schéma bien précis qui rappelle le tristement célèbre discours de « Katanga yetu » des années 1990. On en connaît les conséquences, encore visibles dans certains coins du Grand Katanga où les plaies sont encore béantes.

Un effet contagion inquiétant

Sur les réseaux sociaux, des discours de haine sont également distillés par des communicateurs utilisant des termes comme «Makila egangi» en lingala (le sang crie) qui signifie que l’argumentaire présenté a pour soubassement l’origine tribale de la personne qui l’a tenu.

Dans le Katanga particulièrement à Kasumbalesa, des combattants de l’UDPS, en majorité des Luba comme le chef de l’Etat avaient adopté un comportement qui défiait l’autorité provinciale. C’est ainsi qu’ils avaient établi leur propre poste douanier, percevant des taxes à l’importation et à l’exportation. Ils s’étaient même permis d’arrêter la circulation lorsqu’ils faisaient monter le drapeau de leur parti. Comme argument, le président de la République est notre frère, il nous est permis de tout faire. Dans tous les cas, il était malheureusement constaté que quasiment tous sont du même coin que le président Félix Tshisekedi.

Au bord de l’explosion

Il ne reste plus qu’une étincelle pour que le pays brûle complètement. Tous les ingrédients sont réunis pour que le feu consume la case RDC. Ce feu serait provoqué par la mauvaise gestion de cette montée du tribalisme à travers un discours haineux qui met dangereusement dans le pays.

Curieusement, personne ne prend au sérieux la flambée de ce type de discours. Le chef de l’État, Félix Tshisekedi, avait tapé du poing sur la table une fois au Conseil des ministres. Sans plus ! Des acteurs ont continué de s’adonner à ce discours de haine. L’acteur politique Gabriel Mokia a dénigré les ressortissants de la province de l’ex-Bandundu dans tous les sens. Ce qui a ameuté tout le Kwango, avant de s’attendre dans toute la province.

Malgré les temps qu’elle continue à traverser, la RDC tire sa force de son unité. C’est la clé de sa survie en tant que nation. Il ne faut pas oublier que les tenants de la balkanisation n’ont pas encore dit leur dernier mot. Ils n’attendent qu’une brèche s’ouvre pour l’accélérer. Et le vent du tribalisme, qui gagne du terrain, pourrait servir de détonateur à la réalisation de ce vieux projet.

Congolais, ressaisissons-nous, avant qu’il ne soit trop tard !

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