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A la Société commerciale des transports et des ports (SCTP, ex-Onatra), l’option levée par le Gouvernement de fermer tous les ports « illégaux et clandestins » sur le bief maritime de la République démocratique du Congo, compris entre Banana et Matadi (Kongo central), est une bouée de sauvetage pour une entreprise du portefeuille au bord de l’agonie. Mardi, les travailleurs de la SCTP ont été conviés à une matinée d’échanges avec l’Intersyndicale pour soutenir la décision du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi.

Après la décision du Gouvernement de fermer tous les ports, dits « illégaux et clandestins », implantés sur le bief maritime de la RDC, dans le Kongo central, les travailleurs de la SCTP (ex-Onatra) ont tenu à manifester leurs soutien au président de la République, Félix Tshisekedi. A l’invitation de leur Intersyndicale, ils se sont réunis mardi sur le perron du siège social de la SCTP pour dire merci au chef de l’Etat.

Alors que l’entreprise est au  bord de l’agonie, cette décision de fermeture des ports privés qui fonctionnent en toute illégalité entre Banane et Matadi, dans le Kongo central, est une bouée de sauvetage pour la SCTP, a fait observer le président de l’Intersyndicale, Armand Ossase, qui a, par ailleurs, fait état de neuf (9) ports illégaux qui occasionnent un sérieux manque à gagner à l’entreprise.

« Nous avons rendu hommage au président Félix Tshisekedi qui a pris une décision qui sauve, non seulement la SCTP mais également le pays. Les 9 ports illégaux handicapent le fonctionnement de la SCTP. Nous sommes dans une situation de quasi-arrêt d’exploitation. L’entreprise ne tourne presque plus. La SCPT qui faisait plus de 300 navires le mois, aujourd’hui, il n’y a que 11 navires qui accostent chez nous par mois. La plupart de ces ports illégaux déchargent la nuit pour éviter l’impôt. Les propriétaires de ces ports sont les dinosaures du pays. Ils sont derrière les opérateurs économiques pour privatiser l’exploitation », a-t-il déclaré, cité par deskeco.com.

Avec l’option lévée par le Gouvernement, réuni vendredi en Conseil des ministres, l’Intersyndicale de la SCTP s’attend à ce que la gestion de tous ces ports privés lui soient enfin confiée. « Les travailleurs ont manifesté leur joie pour soutenir cette décision salutaire du chef de l’Etat. Nous voulons que la gestion du port en eaux profondes que prône le chef de l’Etat soit confiée à la SCPT et non aux opérateurs privés », a indiqué Armand Ossase.

Après les ports, les travailleurs veulent voir le Gouvernement aller plus loin pour récupérer l’important patrimoine immobilier de la SCTP, largement spolié, autant dans la ville de Kinshasa qu’en provinces.

« Nous avons également fait le point sur la spoliation des maisons et biens de la société. La plupart de spoliateurs de la SCTP sont des sénateurs et députés. Ceux qui chantaient le respect de la Constitution alors qu’ils sont les premiers à la violer. Les comptes de la SCTP et de nos clients sont saisis par des individus. Et les travailleurs croupissent dans la misère la plus noire », a-t-il indiqué.

Les Allemands à la manœuvre

Au moment où le Gouvernement tente de sauver la SCTP d’un naufrage, on annonce l’arrivée probable des investisseurs allemands pour la réhabilitation du chemin de fer Kinshasa-Matadi, avec en prime la construction de la voie ferrée Kinshasa-Ilebo. Un mémorandum d’entente lie la RDC et l’Allemagne pour un montant de 23 milliards Usd dans le volet chemin de fer, à déployer sur l’ensemble de la RDC. De ce point de vue, les travailleurs de la SCTP voient déjà la vie en rose. « Nous avons des partenaires allemands qui sont déjà ici. Les réunions préparatoires ont débuté pour réhabiliter le chemin de fer Kinshasa-Matadi-Ilebo. Nous saluons l’esprit nationaliste du président Félix Tshisekedi », note le président de l’Intersyndical de la SCTP.

Pour rappel, vendredi dernier en Conseil des ministres, le déploiement inquiétant des ports illégaux et clandestins dans le bief maritime de la RDC a été largement abordé par le Président de la République.

« Le chef de l’Etat a rappelé la réglementation en vigueur dans notre pays qui encadre strictement l’activité des ports du fait que ceux-ci sont traditionnellement considérés des « ports services », où l’autorité portuaire s’occupe de tous les services opérationnels du port », pouvait-on lire dans le compte rendu du Conseil des ministres.

Le chef de l’Etat a ainsi relevé qu’ « en violation de cette réglementation, de nombreux ports privés sont créés en toute illégalité et fonctionnent en marge de la légalité et des principes régissant le domaine public de l’Etat. Cette situation porte, entre autres, atteinte au monopole de gestion et d’exploitation des ports dans le bief maritime du pays accordé à la Société Commerciale de Transport et Ports (SCTP) par l’Ordonnance n° 71-307 du 3 décembre 1971. Ce texte permettait à celle-ci de gérer jadis 90% de tous les frets maritimes congolais. La SCTP a aujourd’hui, perdu sa compétitivité depuis la mise en opération des ports privés susvisés ».

Et de poursuivre en ces termes : « Ce qui est plus grave est que, dans la plupart de cas, les opérateurs de ces ports privés ferment tout accès aux différents services publics, notamment la Police, la douane, la quarantaine, etc. »

Le Gouvernement promet de rétablir de l’ordre dans ce secteur. « Face à cette situation inacceptable, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, le ministre des Transports ainsi que le vice-ministre de la Justice et Garde des Sceaux ont été chargés de faire un rapport circonstancié sur cette question à la prochaine réunion du Conseil des ministres ». La sentence est d’ores et déjà connue : « la violation de la loi ne pouvant être tolérée, tous les ports illégaux seront immédiatement fermés et les opérateurs remis entre les mains de la justice pour des sanctions exemplaires et appropriées ».

J.M.