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Dans son dernier ouvrage sur la théorisation de la carrière judiciaire, politique et législative de Léon Kengo wa Dondo, paru aux éditions Edilivre à Paris en France, le prof Bob Bobutaka Bateko de l’Institut supérieur des statistiques de Kinshasa (Iss/Kinshasa) et de l’Université de Kinshasa (Unikin) a aussi parlé de l’engagement exceptionnel du président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh dans la revalorisation de la mémoire de ce pays situé à la corne de l’Afrique.

Le chef d’Etat djiboutien a conçu un projet jumelé d’installation d’une bibliothèque nationale et d’un service des archives nationales dans son pays. Archiviste, archivologue, expert en bibliothéconomie et en bibliologie, et docteur en sciences de l’Information et de la communication, le Pr Bob Bobutaka a fait partie des quatre experts africains auxquels le gouvernement djiboutien a recouru pour la matérialisation de ce projet. Lors d’une récente intervention dans l’émission « Métissage » sur Radio Okapi émettant à Kinshasa au sujet de son livre « Archives de droit, de politologie et de légistique, tome 1. Théorisation sur Léon Kengo wa Dondo », il a rappelé cette riche expérience culturelle.

« Les Africains ont tendance à voir et apprécier ce qui se fait sous d’autres cieux ; difficilement, nous mettons en exergue ce qui se fait ici en Afrique. J’ai été invité par le gouvernement djiboutien en 2018 pour participer, avec d’autres collègues africains, au projet de mise en place de la bibliothèque nationale et les archives nationales. J’ai été impressionné, j’ai constaté que le président de la République organise, lui-même, la célébration de la journée mondiale du livre et des droits d’auteur, journée consacrée par l’Unesco, le 23 avril de chaque année. Il mobilise les gens au Palais du peuple, et on ne parle que des livres, de la lecture et de l’écriture, on se penche sur la politique nationale en matière de culture », a témoigné le Pr Bob Bobutaka Bateko.

Et d’ajouter : « Je me suis dit que pour ce genre d’activités, et comme un cas d’expérimentation, d’analyse et d’explication dans le domaine de la bibliologie (science de l’écrit), j’ai voulu relever les contributions de ce président africain. C’est parmi les rares cas en Afrique, de voir un président de la République organiser et participer lui-même à la célébration du livre et des droits d’auteur. On se rend ainsi compte de la qualité de l’homme… ». Et Bob Bobutaka a ensuite déclaré sur Radio Okapi : « L’Afrique dispose aussi de beaucoup de matières grises, des présidents qui s’intéressent à la mémoire. L’Afrique, sa force, c’est la mémoire. Quand on dit que l’Afrique est le berceau de l’humanité, c’est la mémoire, sans elle, l’Afrique ne se justifie pas. Même lorsqu’on parle de la civilisation pharaonique en Egypte où on a reçu et formé des grands savants grecs, qui ont conçu les fondements de la civilisation occidentale, et là où on a façonné Israël, c’est la mémoire qui nous dit tout ça ».

Auteur prolifique avec déjà dix-huit ouvrages publiés en France, en Belgique et en Allemagne, le Pr Bob Bobutaka a conclu ses propos en ces termes : « Si nous n’avons pas ce genre d’informations, nous sommes négatives dans ce monde de la mondialisation où la glo-localisation, comme le dit le Pr Mungenga, c’est-à-dire l’identification de l’homme dans la mégastructure qu’on appelle la mondialisation, puisque chaque homme doit avoir son identité, et l’Africain doit aussi mettre en musique les stratégies pour effectivement rayonner sa mémoire ».

Econews avec Adiac