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Dans un communiqué publié le week-end, le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) a annoncé le report, pour le lundi 10 août 2020, de la reprise des cours dans les classes terminales du primaire et du secondaire Une décision dictée par des impondérables d’ordre technique et administratif. Dans le secteur de l’EPST, la reprise des cours est entourée d’incertitudes.

En République démocratique du Congo, la reprise partielle des cours, suspendus depuis le 20 mars 2020 suite à l’apparition de la maladie à coronavirus, suscite de nombreuses interrogations. Finalement, c’est le 10 août 2020 que les finalistes du primaire et du secondaire vont reprendre le chemin de l’école. Selon le ministère de l’EPST, des pesanteurs techniques et administratives justifient ce report.

Bien que l’année blanche ait été évitée de justesse – en tout cas pour l’instant - il y a cependant lieu de reconnaître que toutes les conditions ne sont pas réunies pour une reprise des cours qui arrangerait tous les partenaires de l’éducation, à savoir les parents, les chefs d’établissements scolaires, les enseignants et autres.

Malgré eux, la plupart des parents dont les enfants sont des finalistes du niveau primaire et secondaire saluent la décision gouvernementale. Car, soulignent-ils, dans des circonstances du moment, c’aurait été encore difficile de faire face au payement des frais scolaires au cas où les enfants devaient reprendre l’année.

Pour leur part, les chefs d’établissements scolaires du secteur tant public que privé se disent disposés d’obtempérer aux instructions du gouvernement.

« Nous serons présents dans nos écoles le lundi 03 août 2020 pour accueillir les élèves concernés par cette reprise partielle des cours », affirment-ils.

Au cours de notre ronde des écoles, nous nous sommes retrouvés face aux doléances des enseignants et de leurs corporations syndicales. Tout en se pliant à la décision gouvernement, ces derniers se plaignent du fait que leurs revendications ne soient toujours pas prises en compte. Ils évoquent plus le cas de nouvelles unités à qui il a été promis d’être rémunéré à partir du mois de juillet de l’année en cours. Cette promesse n’ayant pas été réalisée, le collectif des syndicats des enseignants est monté au créneau pour accuser le ministère de l’EPST de tous les maux qui rongent le secteur de l’éducation.

Dans une déclaration lue, le jeudi 30 juillet 2020 sur la chaîne de radio TOP CONGO FM par son porte-parole, ce collectif exige la démission du ministre d’Etat, ministre en charge de l’Enseignement primaire, secondaire, professionnel et technique, Willy Bakonga qui, pour les syndicalistes des enseignants, gère le secteur de l’éducation d’une manière cavalière. En avril dernier, a fait savoir ce collectif, le gouvernement, à travers le ministère de l’EPST, devait désinfecter les écoles dans le cadre de la protection de la communauté scolaire contre la COVID-19. Aujourd’hui, cette responsabilité est confiée aux gestionnaires des écoles pourtant privés des frais de fonctionnement depuis l’entrée en vigueur de la décision relative à la gratuité de l’enseignement.

Conditions sanitaires

Dans son adresse sur la levée de l’état d’urgence sanitaire, le chef de l’Etat Félix Tshisekedi a mis un accent particulier sur le respect des gestes barrières. Avec la reprise partielle des cours au niveau primaire et secondaire, le ministère de l’EPST devait normalement prendre des dispositions qui s’imposent.

Pour pallier à certaines insuffisances, des chefs d’établissements scolaires, tant du secteur public que privé, se sont organisés à leur manière, tout en demandant également aux parents d’acheter des masques pour leurs enfants

Intervenant le samedi 1er août 2020 dans la matinée sur la chaîne de radio Top Congo FM, le Dr Floribert Kabange Numbi, ancien ministre de la Santé, a exprimé une inquiétude face au danger que présente le masque porté abusivement. En plus, il s’est interrogé sur l’application de la mesure relative à la distanciation physique compte tenu du nombre croissant d’élèves dans une salle de classe.

A notre avis, ce signal d’alarme doit servir de matière à réflexion aux organisateurs de l’épreuve du TENAFEP (Test national de fin d’études primaires) et de la session de l’examen d’Etat pour l’année scolaire 2019-2020.

Du respect des frais de participation

A chaque rentrée scolaire, tout comme pour l’organisation des épreuves finales, le gouvernement fixe les frais de participation. Les candidats finalistes de cette année scolaire 2019-2020 sont fixés là-dessus. Mais, le problème se pose sur le plan d’application. S’il y a des écoles qui se conforment, d’autres, par contre, s’en foutent et les parents en pâtissent.

Accusés souvent de complices avec les chefs d’établissements scolaires, les inspecteurs des pools sont donc appelés à accomplir leur mission dans la dignité.

Veron Kongo