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Alors que le franc congolais dégringole sur le marché des changes, certains analystes, emportés certainement par l’émotion, se perdent en conjectures. On sait néanmoins qu’à une période de l’histoire économique, un homme, Matata Ponyo Mapon, alors ministre des Finances puis Premier ministre, a su inverser la tendance, imposant une stabilité macro-économique de longue durée en République démocratique du Congo. Une dynamique était née, malheureusement stoppée nette par ses successeurs qui n’ont pas maintenir le rythme. Cette reconstitution de la vérité historique des faits économiques permet de comprendre ce qui s’est réellement passé entre 2008 et 2016.

Pièces et preuves statistiques à l'appui tirées des sources irréfutables, ce papier donne un éclairage sur la gestion des conditions économiques et sociales au cours de cette période de l'histoire économique de notre pays. Deux Gouvernements émergent, à côté de celui d'Adoula, parmi les meilleurs connus dans ce pays depuis le 30 juin 1960.

  1. La période du 26 octobre 2008 au 6 avril 2010 ou le Gouvernement Muzito

A l'avènement de ce Gouvernement au pouvoir le 26 octobre 2008, le cours de change au marché parallèle était de 1 dollar américain contre 579,4 FC (Banque Centrale du Congo, rapport annuel 2011). A la fin de ce Gouvernement, le 6 avril 2012 (disons fin mars 2012), le cours de change au marché parallèle était passé à 1 dollar contre 930,7 FC. Ainsi, pendant le mandat de ce Gouvernement dont la durée a été de 3 ans, 5 mois et 6 jours, le franc congolais s'est déprécié de 37,7%.

Le coût de la vie, mesuré par la hausse du niveau général des prix a été, en moyenne annuelle de 26,2% (FMI, Perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne, avril 2017) pendant cette période. En d'autres termes, si vous disposiez à l'avènement du Gouvernement aux affaires de 100.000 FC, à la fin de son mandat, votre pouvoir d'achat serait passé à 79.239,3 FC, soit une glissade du pouvoir d'achat de 20,7%. S'agissant de l'augmentation de la richesse intérieure, elle est mesurée par le taux de croissance de l'activité économique. Ce dernier a été, en moyenne de 5,6% (FMI, Perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne, Avril 2017).

En ce qui concerne le rapport entre les recettes mobilisées et les richesses intérieures, compris au sens large comme la pression fiscale, il a été de 11,5%.  

Il est à relever deux remaniements opérés sous ce gouvernement.

Celui qui sera nommé Premier ministre le 6 avril 2010 a été le ministre des Finances sous le deuxième et le troisième Gouvernement Muzito. Ces derniers se sont échelonnés du 19 février 2010 au 6 avril 2010.

Au cours de cette période, le cours de change au parallèle est passé de 922,5 FC pour 1 dollar américain à 930,7 FC/le dollar américain. Il en découle une très légère dépréciation 0,88% de la monnaie congolaise par rapport au billet vert. Sous le premier Gouvernement, le taux de change parallèle est passé de 1 dollar américain contre 579,4 FC ((Banque Centrale du CONGO, rapport annuel 2011) à 922,5 FC à la date du premier remaniement, soit le 19 février 2010. Donc, dans le premier Gouvernement avant remaniement, la monnaie congolaise a connu une perte de sa valeur externe de 37,1%.

De ce fait, les bons résultats en matière de maitrise du taux de change ont été largement influencés lors des deuxième et troisième Gouvernements par l'arrivée du nouveau ministre des Finances.

Il en est de même des réalisations sur le plan de l'inflation et de la croissance de l'activité économique : Au premier Gouvernement avant remaniement, la hausse du niveau général des prix en 2009 a été 53,4 %, soit la plus élevée de la période de 2002 à 2016. Au cours de ce mandat, le taux de croissance moyen de l'activité économique s'est établi à 2,8%, en deçà du taux de croissance démographique d'une moyenne de 3%. En d'autres termes, la progression de la population était supérieure à celle des moyens de substance.

Sous les deuxième et troisième Gouvernements avec le nouveau ministre des Finances, la progression des richesses intérieures a été de 7% en moyenne contre une croissance démographique de 3% l'an.

Sous un autre chapitre, grâce à une meilleure prise en charge des Finances Publiques, la hausse du niveau général des prix a été ramenée à 8,7% sur l'année.

Quant à la pression fiscale, laquelle sous le premier Gouvernement était de 10,7%, a été hissée à 12% sous les deuxième et troisième Gouvernements grâce au rôle transformateur, réformateur et déterminant du nouveau Ministre des Finances de l'époque. Quant aux réserves internationales, exprimées en mois d'importation, leur ratio est passé de 1,1 mois sous le premier Gouvernement à 1,35 mois (FMI, Perspectives économiques régionales de l’Afrique Subsaharienne, avril 2017) sous les deuxième et troisième Gouvernements.

Ce sont ces bons résultats qui ont joué un rôle déterminant de façon décisive l’atteinte par la RDC, en cette date d'heureux souvenir du 30 juin 2010, du point d'achèvement de l'initiative PPTE (Pays pauvres Très endettés). Cette opération a permis à la RDC de passer d'une dette extérieure de 13,5 milliards de dollars américains à 4,4 milliards de dollars, soit un effacement d'environ 70%.

Si les résultats économiques du premier Gouvernement avaient continué, la RDC n'aurait jamais atteint le point d'achèvement de l'initiative PPTE le 30 juin 2010.

  1. La période du 6 avril 2012 au 11 décembre 2016 ou le Gouvernement Matata

Le Gouvernement MATATA assume le pouvoir à partir du 6 avril 2012. Le cours de change au parallèle indiquait 1 billet vert contre 930,7 FC. A la fin de son mandat, le 7 décembre 2016, le dollar américain s'échangeait contre 1.116 FC. Il en résulte, après 4 ans, 8 mois et 1 jour du Gouvernement Matata une dépréciation du franc congolais par rapport au dollar américain de 16,7%.

Il va s'en dire que la gestion du taux de change, principal déterminant de la hausse du niveau général des prix, donc du pouvoir d'achat de la population (la quantité des biens et services que permet d'acquérir un revenu monétaire donné) s'est nettement amélioré.

Le coût de la vie, appréhendée par l'inflation, n'a augmenté que de 5,7% (FMI, Perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne, avril 2017). Ainsi, avec un revenu monétaire de 100.000 FC au 6 avril 2010, le pouvoir d'achat se serait établi, au bout du mandat de ce Gouvernement, à 94.607,4 FC, soit un glissement de 5,4%.

L'augmentation des richesses intérieures, mesurée par la croissance de l'activité économique, a été de 7% (FMI, Perspectives économiques régionales de l’Afrique Subsaharienne, avril 2017) en moyenne.

En termes de mobilisation des recettes, la pression fiscale a été de 12,3%. Ainsi, le système de collecte des impôts, droits et taxes s'est aussi amélioré.

Enfin, ce Gouvernement a respecté sans et sous réservé, pour la première fois dans l'histoire de la RDC tous les critères quantitatifs et structurels lors du programme couvrant la période de 2019 à 2012, depuis l'entrée en coopération active avec le FMI en 1967. En effet, à fin décembre 2012, tous les critères quantitatifs ont été respectés haut la main.

Au niveau des critères structurels ou qualitatifs, tous les critères étaient remplis, sauf un afférant à la gouvernance dans le secteur minier, en l'espèce le dossier Comide (Congolaise des mines et de développement). L'affidavit sur la cession des parts dans Comide de la Gécamines en faveur de Straker International Ltd a été jugé par le FMI comme non transparente. 

En conséquence, la dernière et sixième revue du Programme avec le FMI a été déclarée non concluante, d'où la suspension de la coopération active de la RDC avec ce partenaire multilatéral. Donc, ce n'est pas ce Gouvernement n'avait pas rompu la coopération avec le FMI. C'est plutôt les hautes instances de cette institution internationale qui ont pris la décision au vu, selon elles, du déficit de gouvernance et de transparence dans la réalisation du contrat entre la Gécamines et Straker. 

En dépit de cette décision sans appel, le Gouvernement Matata s'est doté d'un programme triennal autonome de relais (2012-2015) dont les résultats ont été sans pareil en termes de stabilité du cadre général de l'économie. Ces réalisations dépassaient celles affichées lors de différents programmes formels conclus avec le FMI (1967-1970, 1983-1986, 2002-2005).

  1. Notes finales

A la fin de ces deux Gouvernements, si le PIB initial était de 2.000 USD, il a été multiplié, au bout de course, par 1,6 passant ainsi à 3.200 USD.

Ces deux Gouvernements ont su assumé la continuité des résultats économiques sans retour à la case départ. Le progrès ne peut se concevoir que dans la continuité, dans l'amélioration perpétuelle des résultats à travers une remise en cause perpétuelle s'inscrivant dans le cadre de la destruction créatrice et de la dynamique divergente et non dans le « stop and go ».

Si cette suite logique était observée à ce jour, la RDC serait déjà un pays émergent avec au moins 5.000 Usd de PIB par tête, pourquoi pas un pays développé avec au moins 10.000 Usd de PIB par tête.

La suite à la prochaine livraison.

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