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Actualité oblige, le chef de la majorité parlementaire et autorité morale du FCC, Joseph Kabila, consulte depuis mercredi ses  généraux en sa résidence de GLM, dans la commune de la Gombe. Après le précarré qu’il a rencontré mercredi, c’était le tour jeudi des présidentes des regroupements politiques membres du FCC. Tous étaient là. A l'ordre du jour : deux points essentiels, à savoir le sort de Jean-Marc Kabund, premier vice-président du bureau de l'Assemblée nationale, et les conditions d'un remaniement du gouvernement de la République en vue de lui assurer un fonctionnement optimal. Avec ses interlocuteurs, Joseph Kabila a eu un langage clair qui ne prêtait pas à des équivoques. Le FCC attendait le mot d’ordre de son autorité morale. C’est fait !

Depuis ce mercredi, la résidence privée de Joseph Kabila, mieux connue sous le nom de GLM, enregistre une forte activité politique. Le chef de la majorité parlementaire et autorité morale du FCC (Front commun pour le Congo) consulte. En temps normal, pareilles activités à Kingakati, loin des bruits assourdissants de la ville de Kinshasa. Mais, en raison de Covid-19, Joseph Kabila s’est démarqué de ses vieilles habitudes en faisant de sa résidence de GLM le QG improvisé du FCC.

C’est le mercredi 20 mai 2020 que Joseph Kabila a ouvert cette série de consultations en s’entretenant avec le precarré du FCC, ses généraux. Avant d’étendre le cercle jeudi, apprend-on des sources internes du FCC, aux présidents des regroupements politiques membres de la plateforme.

Quelle chose se prépare ? De quelle nature et dans quel sens ? Difficile à prédire. Au sein du FCC, les langues peinent encore à se délier. On sait néanmoins qu’avec les consultations engagées depuis lors par son autorité morale, le FCC se met déjà en ordre de bataille pour les prochaines batailles. Premier épisode : Jean-Marc Kabund.

Les dès sont jetés

La messe a été dite pour le 1er vice-président du bureau de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund a Kabund. Le FCC va finalement faire atterrir la sous-traitance confiée au député MLC, Jean-Jacques Mamba.

Donnant des orientations précises, plutôt des instructions, le chef de la majorité parlementaire et autorité morale du FCC, Joseph Kabila, a invité les députés à éviter la complaisance et à vider l'affaire Jean-Marc Kabund par un vote en plénière, conformément au Règlement Intérieur de la chambre basse du parlement et à la Constitution. L'ancien chef de l'État s'est opposé à tout marchandage politique sur le sujet. Il a également invité les élus nationaux à imposer le respect dû à leur institution en ne se laissant pas intimidés par la pression de quelques « Wewa » instrumentalisés et manipulés.

Pour les participants à ces « consultations » - la plupart ayant requis l’anonymat - le sort de Jean Marc Kabund est scellé. Le poste revenant à l'UDPS, il appartient donc au parti présidentiel de pourvoir au remplacement de Jean-Marc Kabund par un autre élu de cette formation politique.

Toutefois, une brèche a été laissée ouverte, au cas où le chef de l'État Félix Tshisekedi voudrait d'un compromis après un probable tête-à-tête avec Joseph Kabila, chef du FCC. Mais, l'initiative n'ayant pas été prise, le mot d'ordre est de « punir » - c’est le terme employé dans les milieux du FCC - Jean-Marc Kabund qui ne mérite pas d'assumer la fonction de 1er vice-président du bureau de l'Assemblée nationale à cause de ses discours qui mettent en mal l'unité de la direction de la chambre basse du Parlement.

Au sein du FCC, on estime Jean-Marc Kabund a franchi la ligne rouge, avec la réplique qu’il a réservée le 19 mai 2020 à la lettre de la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda. En accusant ouvertement Jeannine Mabunda d’avoir fait preuve « d’une grave violation des principes fondamentaux qui régissent le fonctionnement de notre institution », jusqu’à relever que « pareille attitude de votre part (Ndlr : Jeanine Mabunda) participe de la manifestation claire et nette de votre soutien à ladite pétition, vous dérobant ainsi du principe d’unité et de solidarité qui guide notre bureau », le FCC note que Kabund a créé les conditions d’une cohabitation plus que jamais conflictuelle au sein du bureau de l’Assemblée nationale.

Pour toutes ces raisons, le FCC estime que le délégué de l’UDPS n’a plus sa place au sein de ce même bureau. Le principe étant levé, le FCC n’attendrait plus que le mot d’ordre de son chef. Deux jours de consultations ont suffi pour y parvenir

Il est reproché aussi à Kabund de n'avoir pas été capable de quitter le militantisme pour enfiler l'étoffe de responsable d'une institution étatique importante, la deuxième du pays. Des sources rapportent que dans un premier temps, le chef de la majorité parlementaire avait tenté de sauver le soldat Kabund. Mais, les explications lui fournies ont fini par le convaincre qu'il ne servait à rien d'entretenir un contre-exemple au sommet de l'État.

Remaniement inévitable

Le deuxième point débattu à GLM portait sur les conditions d'un remaniement du Gouvernement de la République. Face aux difficultés que connaît le pays, l'urgence de s'adapter aux exigences d'efficacité et de la réduction du train de vie de l'État impose un remaniement ministériel. Tous ont voulu d'un chambardement mais, l'ancien chef de l'État a fait remarquer à ses interlocuteurs qu'il ne fallait pas tout refaire.

Entre faire sauter le Premier ministre Ilunga Ilunkamba ou réduire la taille du gouvernement, tout en y apportant une nouvelle dynamique, Kabila a penché en faveur de la seconde hypothèse Ilunga Ilunkamba reste, mais nombre de ministre devraient en même temps quitter la barque

Le professeur Ilunga Ilunkamba va donc garder son poste, mais 80% de membres du gouvernement ne vont pas échapper au prochain tsunami. Ce point qui a occupé plus de temps de ces "consultations" démontre  l'imminence de ce remaniement. Aussi, sans entrer dans la cuisine interne du partenaire CACH, Joseph Kabila et ses interlocuteurs ont-ils estimé que l'UNC ne devrait plus jouer un rôle important au sein de la coalition. En des termes clairs, le FCC pose déjà le préalable de changement d'interlocuteurs du côté CACH, avec un rôle de seconde zone à l'UNC de Vital Kamerhe.

Au cours de ses consultations, Kabila et ses interlocuteurs ont abordé également la question de la taille de nouveau gouvernement, du partage des responsabilités et surtout de l'efficacité face au tarissement des recettes à cause de l'épidémie du Covid-19. Ce gouvernement devra donc faire face aux défis de la mobilisation de plus de recettes, de lutter contre le Covid-19 et d'assurer un meilleur fonctionnement de l'économie nationale. L'ancien président de la République a partagé avec les siens plusieurs idées là dessus, selon plusieurs participants.