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Le grand retard qu’accuse la construction des sauts-de-mouton dans la ville de Kinshasa ravive la polémique dans différents cercles politiques. A son dernier Conseil des ministres, le gouvernement a, sur instruction du chef de l’Etat, annoncé le lancement d’un audit pour faire toute la lumière sur ces travaux, inscrits dans le programme d’urgence du chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Censés être exécutés pendant une durée minimale de neuf mois, les sauts-de-mouton évoluent à pas de tortue. Ceux lancés à ce jour dans la ville de Kinshasa présentent en moyenne un niveau d’exécution de 30%.

Pour récupérer le retard, le gouvernement a décaissé la semaine dernière une enveloppe de 3,5 millions Usd sur les 13,9 millions Usd restants en faveur de l’Office des routes (OR) et de l’Office de voirie et drainage (OVD).

Prévus au départ pour 22,5 millions Usd pour neuf sauts-de-mouton à ériger dans la ville de Kinshasa, le budget global de ce projet a été finalement ramené à 46 millions Usd, à en croire le vice-Premier ministre (VPM) en charge du Budget, l’UNC Jean-Baudouin Mayo Mambeke.

Aucune explication n’a encore été donnée sur ce grand écart entre le budget initial et le budget final de ce projet. Médusée, la population kinoise attend toujours des explications.

Entre-temps, la Cour d’appel de Kinshasa/Matete a ouvert, depuis le 8 février 2020, une instruction judiciaire se rapportant à la construction de sauts-de-mouton dans la ville de Kinshasa. Des réquisitions à expert ont été lancées aux membres du gouvernement, dont le VPM du Budget Mayo, le VPM d’ITPR Willy Ngoopos, le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, et le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Deogratias Mutombo, pour fournir à la Cour les premiers éléments de l’enquête.

Entre l’audit et la poursuite des travaux, le gouvernement semble poursuivre deux lièvres à la fois. Sans doute une action cédera la place finalement à l’autre, redoute l’opinion publique.

Pour l’instant, le peuple, particulièrement la population kinoise, veut connaitre la vérité sur ce qui s’est réellement passé depuis mars 2019, date de lancement des travaux de saut-de-mouton.

Quant à l’audit promis par le chef de l’Etat, la présidence de la République ne devait pas échapper à la règle.

En effet, un audit sérieux et réaliste doit partir inévitablement de la présidence de la République, d’où a été établi le centre de pilotage de ces travaux – le ministère des ITPR ne se contentant que d’un second rôle.

Pour preuve, sur l’un des chantiers du saut-de-mouton au carrefour des avenues Libération et 30 juin, l’OVD, le maitre d’ouvrage délégué, a spécifié dans des termes ne pouvant prêter à aucune confusion que le financement relevait de la compétence de la « présidence de la République ».  Ce qui est tout à fait normal. Car, entre janvier et septembre 2019, l’Etat congolais était directement géré par la présidence de la République, sur base de l’instruction du directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe, datant du 25 janvier 2019.

L’on se rappelle que, par cette décision, le directeur de cabinet du chef de l’Etat avait conditionné toutes les dépenses publiques, autres que les rémunérations des agents et fonctionnaires de l’Etat, du gouvernement, des entreprises publiques, des services et établissements publics, à son avis préalable.

Quoi de plus normal qu’un audit de sauts-de-mouton digne de ce nom parte de la présidence de la République. A moins qu’on cherche délibérément à tordre les faits.

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