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Certains s’attendaient à ce qu’il soit tranchant et expéditif. En lieu et place le chef de l’Etat Félix Tshisekedi s’est voulu méthodique et fin tacticien, déjouant tous les pronostics. Le moins que l’on puisse dire est que Félix Tshisekedi a donné de la matière – elle est réellement abondante – à la classe politique congolaise. Le week-end ne sera pas de tout repos dans différents états-majors des partis et regroupements politiques, toutes tendances confondues.

Pour l’essentiel, Félix Tshisekedi est désormais inscrit dans la voie de la rupture. La rupture, c’est d’abord et avant tout avec son allié à la coalition, le FCC de Joseph Kabila. Pour négocier un nouveau départ, où les Congolais mobilisés comme un seul homme seront prêts à dresser leur front longtemps courbé pour un Congo fort et prospère, Félix Tshisekedi se positionne désormais comme informateur en vue d’identifier la nouvelle majorité parlementaire d’où sortira le prochain Premier ministre.

La révocation ou la pression à la démission de l’actuel Premier ministre n’était pas à l’ordre du jour de l’agenda du chef de l’Etat. C’est cependant la finalité de sa démarche, c’est-à-dire avoir une nouvelle majorité parlementaire au terme des consultations politiques qu’il promet de mener de bout en bout.

Que dire du discours prononcé vendredi soir par le chef de l’Etat ? C’est de la haute facture. C’est un discours politiquement correct aux conséquences tout autant prévisibles.

L’on se rappelle que le Premier ministre Ilunga Ilunkamba a été nommé sur base d’une majorité factice, imposée par sa famille politique, le FCC. Avec le nouveau départ qu’impose Félix Tshisekedi, tout sera refait, en se conformant aux prescrits de la Constitution. Le prochain Premier ministre sera donc issu d’une nouvelle majorité, après le travail  d’informateur qu’endosse le Président de la République.

A tout prendre, c’est toute la carte politique de la RDC qui va connaitre une profonde mutation. Pas évident que l’Assemblée nationale, encore moins le Sénat, gardent leur configuration actuelle.

On se rappelle qu’au FCC, le conflit né de la prestation de serment de trois nouveaux juges de la Cour constitutionnelle a créé de profondes fissures, alimentant de graves frustrations internes que son autorité morale, Joseph Kabila, gérait jusqu’alors. Après le discours de Félix Tshisekedi, des cartes devront être rabattues.

C’est en solitaire que Félix Tshisekedi consultera la classe politique. Un danger pour le FCC qui pourrait être court-circuité par ses regroupements membres. Est pris qui croyait prendre, dirait-on.

C’est dire que Félix Tshisekedi a pris une longueur d’avance par rapport à ses alliés du FCC. Il est intervenu sur un terrain où on l’attendait le moins. Il a superbement zappé les matières sur lesquelles on pensait le voir agir, notamment dissoudre le Parlement ou pousser Ilunga Ilunkamba à la démission. Il y va par palier, convaincu que le tsunami ne manquera pas d’atteindre le FCC qui n’échappera pas à une amputation en règle.

Moins de deux ans après son arrivée au pouvoir, Tshisekedi impose déjà sa marque. Il a finalement appris à habiter la fonction présidentielle. C’est aussi le temps de s’émanciper de toute pesanteur, en commençant par celle apparemment encombrante de son allié, le FCC.

Ainsi sonne le glas pour tous ceux qui pensaient le prendre au dépourvu, spécialement le FCC qui n’a pas vu venir le coup de maitre du chef de l’Etat.

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