www.econews.cd

Le spectacle affligeant offert au peuple par la coalition FCC-CASH à l’occasion de la nomination et la prestation de serment de trois juges de la Cour Constitutionnelle, récemment nommés par Ordonnance présidentielle, est symptomatique de l’insouciance de la classe politique face à la dégradation continue des conditions de vie de la population.

Au regard de cette énième crise, l’ACAJ se fait le devoir de rappeler, dans les lignes qui suivent, l’alerte qu’elle avait lancée dans son rapport sur l’An 1 de l’alternance, publié le 29 janvier 2020, et intitulé : « Alternance politique en République Démocratique du Congo : de la lueur au leurre d’une coalition contre-nature », en ces termes: « Vivement préoccupée par cette situation inacceptable et après évaluation conséquente, l’ACAJ tire la sonnette d’alarme et en appelle au sens de responsabilité des uns et des autres.

Au demeurant, elle proclame haut et fort que la coalition FCC-CACH n’augure point des lendemains enchanteurs pour la population congolaise».

La défiance d’une grande partie de la population à l’égard du Gouvernement et des errements institutionnels constatés dans son fonctionnement est fragrante.

Il est dès lors urgent de sortir de la crise politique et institutionnelle latente et permettre au quinquennat en cours de connaître un second souffle qui permettrait l’amorce de l’amélioration des conditions de vie de la population.

Considérant d’une part, que la composition de l’Assemblée nationale, dont le gouvernement est reflet, doit à la fois représenter la pluralité et les attentes du peuple congolais et à la fois dégager une majorité claire pour assurer la stabilité du gouvernement, et d’autre part, de concilier le fonctionnement et l’action de ce dernier aux besoins du plus grand nombre, l’ACAJ propose un recours ultime à l’arbitrage du peuple souverain, bénéficiaire attitré de l’action gouvernementale.

En clair, comme la crise perdure, l’ACAJ en appelle au recours à l’article 148 de la Constitution sur la dissolution de l’Assemblée nationale. Comme indiqué ci-dessus, la composition du Gouvernement est tributaire de la majorité constatée à l’Assemblée nationale.

Par conséquent, si son fonctionnement normal se trouve handicapé par le diktat de la majorité parlementaire, il revient au garant du bon fonctionnement des institutions nationales d’en tirer toutes les conséquences appropriées conformément aux prescrits constitutionnels susdits. Au demeurant, le recours aux élections législatives anticipées s’impose.

« Cette solution aurait pour vertus de doter le pays d’une autre majorité parlementaire de laquelle serait issu un gouvernement stable et cohérent qui libérerait l’Etat du carcan partisan et égoïste dans lequel l’emprisonne actuellement la coalition FCC-CACH. Pour ce faire, le Président de la République et son prédécesseur, parrains de ladite coalition, sont priés de constater et reconnaître l’impossibilité du maintien de la coalition FCC-CACH qui s’avère antinomique aux aspirations profondes du peuple congolais », a rappelé Me Georges Kapiamba, président de l’ACAJ.

Econews