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La crise est bien là. Sur décision du chef de l’Etat, la réunion du Conseil des ministres a été reportée à une date ultérieure, sans autre précision. La prestation de serment de trois juges constitutionnels, du reste boycottée par la FCC, a créé la panique au sein de la coalition au pouvoir. Les présidents de deux chambres et le Premier ministre n’ont pas fait le déplacement du Palais de peuple. Sans compter les députés et sénateurs FCC qui ont également brillé par leur absence. Pour Félix Tshisekedi, c’en est trop. Ce vendredi, dans un message à la nation, il va chercher à remettre les pendules à l’heure en prenant la stature de chef de l’Etat et de garant du bon fonctionnement des institutions. C’est le point de non retour, obligé d’aller jusqu’au bout de sa logique où tout peut arriver – dans un sens comme dans un autre.

Le président Félix Tshisekedi est arrivé au point de non retour comme un avion obligé de décoller malgré des défaillances ou le mauvais temps. Le chef de l’Etat, qui dit en privé  avoir trop supporté, est passé à l’offensive. Tellement que le FCC tenait à l’humilié jusqu’au bout, il est monté d’un cran dans l’opinion congolaise en obtenant la prestation de serment de trois juges constitutionnels qu’il a récemment nommés.

S’étant senti des muscles poussées à sa sortie de la salle de congrès, Félix Tshisekedi n’entend pas en rester à cette étape. Désormais, il est convaincu que le contrôle supposé de la Cour constitutionnelle lui offre la possibilité de devenir le maître-jeu politique en sa qualité de chef de l’Etat. Depuis son investiture, il a partagé ce leadership avec Joseph Kabila dont les partisans se sont toujours évertués à le faire savoir avec pompe. Cette humiliation devait prendre fin. Le 21 octobre 2020, un pas important a été franchi vers cette direction.

« Pleinement président » : est-ce la preuve ?

Ce n’est plus le même Félix Tshisekedi. Le FCC doit désormais l’intégrer dans son fonctionnement. Le Président de la République joue désormais sa survie jusqu’en 2023. L’inacceptable qu’il avait tolérée ne sera plus d’application.

Devenu maître du jeu, deux options se présentent devant lui. Il y a d’abord la ligne dure qui voudrait qu’il casse tout sur son passage. Cette ligne est encouragée par la majorité des Congolais, tous ceux qui ont été déçus par la gestion des années Kabila. Ils sont malheureusement nombreux. Seulement, il n’est pas indiqué d’aggraver la crise en prenant des décisions populistes dont les conséquences sont néfastes pour la nation congolaise entière.

Dans son adresse, le chef de l’Etat tiendra compte de toutes les sensibilités. A commencer par son partenaire FCC, le chef de l’Etat devra engager des discussions directes et franches. La marche du pays n’étant pas l’affaire d’un groupe de gens, ces discussions devront s’élargir jusqu’aux Congolais qui voudront donner des avis sur la conduite des affaires du pays.

En bon diplomate, Félix Tshisekedi ne voudrait pas d’une rupture brutale des équilibres dans le pays. Il va sans doute ramener tout le monde à de bons sentiments en recherchant un consensus national sur des questions qui divisent, sans aboutir à un partage équilibré du pouvoir. Une démarche qui ne vise que l’intérêt supérieur du pays.

En tout cas, pour l’instant, personne ne sait dire avec exactitude la grande surprise que le Président de la République réserve ce soir à son peuple. Le plus évident est que Félix Tshisekedi a décidé de tout annuler. Le rituel habituel de vendredi, où il présidait la réunion du Conseil des ministres, a été rompu. C’est à une date ultérieure qu’il a renvoyée la prochaine réunion du Conseil des ministres. Le boycott du mercredi a laissé une tache d’huile.

En froid depuis toujours avec son Premier ministre, la cérémonie du mercredi 21 octobre 2020 a consacré la rupture d’une collaboration qui prenait déjà des rides. Entre le chef de l’Etat et le Premier ministre, la rupture est bien réelle. Sans compter les rapports plus que tendus avec les présidents de deux chambres du Parlement.

En tout cas, ce vendredi, c’est une nouvelle ère qui commence. De quoi sera-t-elle faite ? Difficile à dire. Le rendez-vous est pris ce vendredi soir sur les antennes de la télévision nationale.

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