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Le boycott, par les présidents des deux chambres du Parlement et du Premier ministre ainsi que des parlementaires et ministres du Front commun pour le Congo (FCC), de la prestation de serment des trois juges de la Cour Constitutionnelle du mercredi 21 octobre, amène la Société civile de la RDC à demander la dissolution de l’Assemblée nationale. L’ONG La Voix des sans voix pour les droits de l’Homme (VSV) va plus loin en sollicitant la fin de la coalition FCC-CACH (Cap pour le changement) au pouvoir et la révocation du Premier ministre.

« Nous demandons au Chef de l’Etat de faire preuve de courage en mettant fin à la vraie-fausse coalition politique FCC-CACH pour sauver la RDC, en dissolvant l’Assemblée nationale qui est à la base de plusieurs crises politiques en RDC, en révoquant le Premier ministre, Sylvestre Ikunga Ikunkamba, trop attaché aux mots d’ordre de sa famille politique (FCC) alors qu’il est appelé à collaborer étroitement avec le Président de la République », fait valoir l’ONG La Voix des sans voix pour les droits de l’Homme (VSV). Qui n’est pas à sa première demande de voir la coalition FCC-CACH voler en éclats.

En effet, opposée dernièrement à l’entérinement par l’Assemblée nationale de la désignation de Ronsard Malonda à la présidence de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), cette ONG de défense des droits humains avait demandé instamment au Chef de l’Etat de dissoudre l’Assemblée nationale et de mettre fin à la coalition avec le FCC.  Cela en sa qualité de garant du bon fonctionnement des institutions.

Risque de voir le pays être pris en otage

La représentation des forces vives de la Nation a exprimé ce souhait, mercredi 21 octobre, à la suite de l’absence de caciques du FCC - en dehors de ses éléments dits incontrôlés -  qui ont séché la cérémonie de prestation de serment des trois juges de la Cour Constitutionnelle qui a eu lieu au Palais du peuple.

Certains de ses membres ont exprimé à la presse ce qu’ils pensent de cette situation.

Pour le coordonnateur général de la Société civile de la RDC, Christopher Ngoy, il condamne l’absence délibérée  d’officiels du FCC et pense que le pays ne devrait pas être pris en otage par la classe politique. « Le gouvernement ou les représentants du peuple devraient être présents. Mais ils ont préféré suivre les directives de leurs partis politiques. Pour remettre la démocratie sur la voie, cela passe par la dissolution de l’Assemblée nationale et la fin de la coalition FCC-CACH ».

Quant au Bishop Abraham Djamba de la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (SYMOCEL), il insiste sur la nécessité de préserver l’indépendance de la justice en RDC et s’insurge contre la dépolitisation de la Cour constitutionnelle.

De son côté, Jonas Tshiombela de la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) estime que la cérémonie de prestation de serment des trois juges de la Cour constitutionnelle a évité une prise en otage de la justice du pays. « Il y a une crise de confiance entre eux, et ils risquent de prendre en otage l’avenir du pays », a-t-il fait savoir.

Adresse du Chef de l’Etat à la Nation

Devant cette situation, qui a provoqué des interprétations et autres spéculations dans tous les sens, le Président de la République et Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, tient à fixer l’opinion nationale. Il s’adresse à la Nation ce vendredi 23 octobre, selon un communiqué du directeur a.i. de cabinet, Désiré-Cashmir Kolongele Eberande. Pour dire exactement quoi ? Va-t-il annoncer la fin de la coalition ? La dissolution du parlement ? Va-t-on vers la cohabitation ? Autant de questions que se pose l’opinion et dont les réponses ne seront peut-être contenues dans le message du Chef de l’Etat. Message de tous les enjeux pour la gestion du pays et de tous les dangers pour le mariage de raison conclu entre le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila et le Cap pour le changement de Félix Tshisekedi.

C’est ainsi que la 54ème réunion du Conseil des ministres prévu pour ce vendredi 23 octobre est renvoyée à une date ultérieure, selon le communiqué de la Présidence de la République. Ce qui paraît normal dans la mesure où le Président de la République ne pouvait pas présider le Conseil des ministres comme si de rien n’était. Alors qu’il venait de subir un revers de la part de son allié politique.

En attendant, tout le monde garde son souffle et attend ce que dira le chef de l’Etat dans son message.

Olivier Dioso