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Entre la Présidence de la République et le Parlement, la course contre la montre est engagée pour la prestation de serment de trois nouveaux juges nommés, en juillet dernier, à la Cour constitutionnelle. Entre-temps, beaucoup d’eaux ont coulé sous le pont. Le FCC, qui s’est toujours opposé à ces nominations, a promis de mobiliser sa machine parlementaire pour poser son veto. Avec une session parlementaire qui se clôture le 15 décembre prochain, la pression monte pour leur prestation de serment. Pour baliser sans doute la voie, Jeanine Mabunda et Alexis Thambwe, respectivement présidente de l’Assemblée nationale et président du Sénat, se sont entretenus mardi avec le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi. C’est sur le terrain politique que va sûrement se régler cette question. Il faut craindre un passage en force.

La Prestation de serment de trois nouveaux juges, nommé le 17 juillet 2020 à la Cour constitutionnelle, est imminente.

Boudés par le FCC de Joseph Kabila, les trois juges ne peuvent entrer en fonction qu’après avoir remplir la formule protocolaire de prêter serment devant le Président de la République en présence de deux chambres du Parlement. C’est la coutume en la matière.

Le sujet étant hautement politique, le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, a décidé de baliser le chemin pour éviter toute surprise désagréable. C’est dans cet élan qu’il a reçu mardi à la cité de l’Union africaine les présidents de deux chambres du Parlement, Jeanine Mabunda pour l’Assemblée nationale et Alexis Thambwe Mwamba pour le Sénat.

Selon un communiqué de la Présidence de la République, les entretiens ont tourné autour de la question de la Cour constitutionnelle, « sans trop dévoiler les contours de leurs discussions ». La Présidence note à ce propos que le débat entre les trois chefs des institutions a été « sincère ».

La Présidence va plus loin en relevant que les deux hôtes de la cité de l’UA « ont apprécié le point de vue du chef de l’Etat qui n’a pas hésité, un seul instant, a affirmé son attachement aux textes des lois régissant la République Démocratique du Congo qui a, en plus, donné sa lecture sous forme des avis et considérations en rapport avec les questions abordées au cours de leur entretien ».

« Nous avons voulu échanger avec le Président de la République sur les questions qui concernent la Cour constitutionnelle. Nous avons débattu la question de manière tout à fait sincère et il nous a fait part de ses sentiments. Nous allons nous retrouver encore prochainement à ce sujet », a indiqué à la presse Alexis Thambwe Mwamba, visiblement réservé face à des journalistes qui cherchaient vainement à lui tirer le vers du nez.

Et de lâcher, de manière furtive, sans trop de détails : « Nous avons simplement dit au Président de la République que nous sommes attachés aux textes ».

Abondant dans le même sens, la speakerine de la Chambre basse, Jeanine Mabunda, a indiqué qu’il était de leur devoir d’édifier le chef de l’Etat sur la perception qu’ils ont en rapport avec certains sujets touchant à la vie des institutions.

C’est notamment le cas du rôle des assemblées qui, a-t-elle dit, est de produire les lois et d’effectuer un contrôle parlementaire. « Nous pensons que notre lecture peut enrichir la façon de voir les choses », a-t-elle ajouté tout en martelant sur le fait que l’attachement aux textes demeure un principe fondamental du Parlement.

Ce n’est pas la première fois de voir ensemble les trois têtes des institutions. Depuis la nomination de deux nouveaux juges à la Cour Constitutionnelle, la prestation de leur serment devant le Parlement tarde encore et qu’inéluctablement l’entretien du mardi en est un signal pour l’organisation de cette cérémonie.

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