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Une délégation gouvernementale, composée du ministre des Transports et Voies de communication ainsi que du vice-ministre de la Justice, est arrivée hier mardi 13 octobre à Matadi, chef-lieu du Kongo Central, pour faire appliquer la décision de fermeture des ports clandestins et illégaux privés fonctionnant sur le bief maritime Banana-Matadi. Décision prise par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, depuis le 28 août dernier mais qui souffre d’application.

Le Chef de l’Etat a constaté que ces ports privés continuent à opérer malgré l’instruction claire et non équivoque donnée à cet effet. C’est ainsi qu’il a demandé à l’Exécutif central de dépêcher deux de ses membres cités ci-haut pour exécuter, sans délai, cette décision de fermeture immédiate de ces ports. Notamment en répercutant ces instructions aux gouverneurs de province. Sans oublier de faire au Gouvernement un rapport d’exécution de cette instruction lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres, a fait savoir le ministre d’Etat en charge de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, David-Jolino Diwampovesa-Makelele Ma-Mu Zingi. C’était lors du compte rendu de la 52ème réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 9 octobre dernier, sous la présidence du Chef de l’Etat, par vidéoconférence.

Un sit-in prévu au gouvernorat à Matadi

Par ailleurs, en vue de soutenir le président de la République dans sa volonté de ressusciter leur entreprise, les agents de la Société congolaise des transports et des ports (SCTP), ex-Office national des transports (ONATRA), œuvrant à Matadi ont envisagé l’organisation d’un sit-in devant le gouvernorat de province ce mercredi 14 octobre pendant que les membres du gouvernement seront reçus par le gouverneur de province, Atou Matubuana. Pour sa part, le président national de l’Intersyndicale de la SCTP, Armand Ossase, a réuni les travailleurs au port de Matadi pour leur annoncer ce sit-in. Ces derniers ont brandi des banderoles sur lesquels est véhiculé un seul message : ‘‘Fermeture des ports privés’’. 

Abordé par Infobascongo.net, il a déploré et dénoncé la non-application de cette mesure présidentielle, pourtant salutaire pour l’ex-ONATRA. « Malgré les instructions claires données aux membres du Gouvernement, ces derniers tergiversent pour les faire appliquer ». Et de soutenir que la fermeture des ports clandestins qui fonctionnent au Kongo central « va sauver la SCTP ».

Effectivement, il s’agit d’une bouée de sauvetage pour cette entreprise du portefeuille de l’Etat au bord de l’agonie. Furieux, le président de la délégation syndicale n’a pas eu des mots tendres pour l’ancien régime qu’il accuse d’avoir mis l’ex-ONATRA à genoux.

Poursuivre les hors-la-loi en justice

Et en nationaliste, soucieux de voir les établissements publics accomplir pleinement la mission leur assignée, le président de la République, armé du courage, dit non à l’exploitation illicite des concessions portuaires de la SCTP. En effet, cette situation a porté et continue de porter, entre autres, atteinte au monopole de gestion et d’exploitation des ports dans le bief maritime du pays accordé à la Société commerciale de transport et ports par l’Ordonnance n° 71-307 du 3 décembre 1971. Laquelle accorde à cet établissement public la gestion de 90% de tous les frets maritimes congolais. La SCTP a, aujourd’hui, perdu et sa compétitivité et sa rentabilité depuis que fonctionnent les ports privés.

Qu’à cela ne tienne, avec l’Etat de droit encore en chantier, on ose croire que tous les ports clandestins et illégaux seront effectivement fermés immédiatement et leurs propriétaires déférés devant la justice pour des sanctions exemplaires et appropriées, comme l’a souhaité le président de l’Intersyndicale. A noter que la plupart de ces ports illégaux déchargent la nuit pour échapper à la douane et au fisc, constate-t-on. Et que les propriétaires de ces ports se recrutent parmi les dignitaires de différents régimes que la RDC a connus.

O.D.