www.econews.cd

Dans les négociations d’un nouvel accord formel avec la RDC, le Fonds monétaire international (FMI) a imposé, entre autres conditions, la restructuration de la Banque Centrale du Congo. Cette option implique, non seulement la recapitalisation de l’Institut d’émission, mais aussi le renouvellement du Conseil de la Banque. Pour l’instant, ce processus bat de l’aile. On déplore une lenteur dans la prise des décisions au sommet de l’Etat. Annoncé depuis mai 2020, le renouvellement du Conseil d’administration de la BCC se fait toujours attendre. Entre-temps, les administrateurs actuels ont des mandats expirés depuis plus de dix ans.

Pendant la réunion du Conseil des ministres en mai 2020, le chef de l’Etat avait annoncé des changements des commissaires aux comptes et membres du conseil d’administration de la Banque Centrale du Congo. Il était aussi annoncé la nomination d’un deuxième vice-gouverneur, conformément à la loi sur l’organisation de la BCC telle que promulguée en Janvier 2019.

Pour beaucoup, les changements allaient toucher toute la haute direction de la BCC, y compris le Gouverneur dont la performance au sommet de l’institut d’émission ne convainc personne.

Pour une institution sous-capitalisée qui vit sous réanimation financière de l’Etat congolais, son principal actionnaire, la décision du Gouvernement de nommer un nouveau Conseil d’administration et un second gouverneur à la Banque centrale du Congo passait très mal dans l’opinion publique.

Qu’est ce que qui changera à la Banque centrale du Congo (BCC) avec la nomination d’un nouveau Conseil d’administration et d’un nouveau vice-gouverneur si l’on maintient le gouverneur et le vice gouverneur actuels? De l’avis de nombreux observateurs : rien de nouveau sous le soleil car le mal est très profond et doit être extirpé totalement et entièrement pour réanimer la Banque des banques.

Le temps de la rupture

A quoi sert-il de garder un gouverneur qui a sacrifié l’indépendance de la banque centrale, qui a fait preuve d’un laxisme au-delà du tolérable comme l’attestent les récits entendus lors du procès sur les détournements de fonds destinés aux travaux de 100 jours du président Félix Tshisekedi?

Ce qu’il faut à la BCC, c’est une rupture avec le passé afin de désigner des personnalités compétentes, expérimentées et soucieuses de maintenir la tendance générale des prix à des niveaux tolérables et avec une vision de développement du secteur financier et capable de réformer notre monnaie nationale devenue sans valeur. Il faut de nouveaux dirigeants capables de combattre la dollarisation afin de remettre le franc congolais dans ses prérogatives constitutionnelles d’exclusivité monétaire nationale.

Dans ce pays, il existe des cadres techniquement compétents, expérimentés et intègres. Il suffit de les rechercher et solliciter pour les utiliser à bon escient. Plutôt que de participer à la résolution de la crise, la BCC est en elle-même, l’un des maillons de cette crise, comme vient de le démontrer la mise en liquidation de la BIAC qui était pendant des années sous l’administration provisoire de la BCC. Incapable de redresser la BIAC, la BCC vient de la mettre en liquidation après l’avoir mal gérée et dépouillée de tous ses actifs de qualité.

La BCC participe même à l’aggravation de la crise en accordant des avances inconsidérées au gouvernement.           Dans tous les discours, les dirigeants promettent de ne point recourir à la planche à billets.

Mais dans la pratique, systématiquement, la BCC finance le déficit budgétaire, sans tenir compte des équilibres des paramètres.

A quoi donc servirait de jouer au jeu de chaises musicales du moment où la démarche s’inscrit dans la droite ligne de la continuité. C’est alourdir les charges de l’entretien d’un vice-gouverneur. Une peine perdue parce que la tête gardera la même philosophie de gestion de la BCC.

En évitant de prendre le taureau par les cornes, le gouvernement péche et il sait pourquoi il faut maintenir à la Banque centrale du Congo ceux qui ont démontré leur limite à concevoir une politique monétaire adaptée à la situation du pays. Ceux qui n’ont jamais bataillé pour la recapitalisation de la BCC. Cette rallonge est une prime qui ne se justifie pas.

Aujourd’hui, la BCC vient de déclarer la liquidation de la BIAC. C’est la même BCC qui avait brusquement supprimé la ligne de trésorerie qui avait mis la BIAC en difficulté. Après cette mésaventure, elle a pris d’assaut la BIAC en la mettant sous son administration provisoire.

Et maintenant ayant échoué de redresser la BIAC, elle la met en liquidation sans en assumer les responsabilités de son propre échec.

Aux autorités politiques, il est conseillé de faire les changements nécessaires dans la haute hiérarchie et dans le conseil d’administration de la BCC qui est grandement malade et à besoin d’être réanimée afin qu’elle joue le rôle de catalyseur des réformes économiques pour redresser la RDC.

Econews