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En prenant la tête de la vague anti-Rwanda, après l’érection puis l’annulation de Minembwe en commune rurale, Martin Fayulu est passé d’un simple récupérateur en un véritable leader de la contestation contre le Rwanda. Une stratégie qui paie à moyen terme dans les urnes et à court terme en adhésion à sa lutte. Combattre le Rwanda à cause de tous les maux imposés à la RDC est accepté par tous les Congolais comme une démarche noble.

Les humiliations que le régime de Kigali a fait subir au peuple congolais sont telles que souvent, il faut des discours forts du genre portés par Fayulu et Muzito pour canaliser des énergies populaires. Mais, lors de sa dernière sortie, Martin Fayulu a agi en solitaire. Adolphe Muzito n’était pas vu, ni les autres ténors de Lamuka n’ont semblé donner leur accord à ce discours qui en a appelé à une marche le mercredi 14 octobre, une date symbolique et inscrite sur les livres d’histoire de la RDC.

Cette date rappelle la naissance de l’ancien dictateur Mobutu qui avait su maintenir le prestige de la RDC à l’extérieur en dictant sa loi sur nos voisins exactement comme le font le Rwanda, l’Ouganda, l’Angola, le Burundi, la Tanzanie, le Sud-soudan, la République centrafricaine et la République du Congo aujourd’hui. Disposait-il simplement d’une armée forte?

Il y a avait également une dose de stratégie et de diplomatie qui avait accompagné le mythe Mobutu au point qu’il était devenu le seul faiseur des rois de la sous-région. Personne ne peut le nier.

En adoptant le discours populiste qui arrange le peuple congolais, Martin Fayulu prend le gros risque de se mettre à dos les Occidentaux qui distribuent les rôles dans la région. Il a pris aussi de court ses compagnons de Lamuka qui n’adhèrent pas nécessairement à cette ligne dure. Cette position tranchée contre le Rwanda n’est pas toujours du goût de certaines capitales occidentales qui ont toujours eu un mot sur l’avenir de la RDC.

Fayulu s’est donc isolé de se compagnons de Lamuka, et plusieurs capitales ne lui apporteront plus qu’un soutien au bout de lèvres.

Pourra-t-il transformer cette puissance politique dans les urnes? Ce n’est pas évident dans la mesure où il est acté en politique que le populisme ne sert qu’à donner une illusion de confiance et d’adhésion populaire. Rien de plus!

Hugo Tamusa