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Les réserves de change de la République démocratique du Congo sont descendues sous la barre de 800 millions Usd. Elles se situent désormais autour de 700 millions Usd à fin septembre 2020, soit une baisse de 12,92% par rapport à fin août. Ce qui correspond à environ deux semaines et cinq jours d’importation des biens et services sur ressources propres, indiquait un communiqué de la Banque centrale du Congo publié ce jeudi 8 octobre à l’issue de la neuvième réunion du Comité de politique monétaire (CPM).

Evaluées à 809,37 millions USD au 28 août 2020, les réserves internationales de la RDC ont baissé donc de 108 millions USD en presqu’un mois.

La Banque centrale du Congo a attribué cette baisse des devises aux « différentes interventions opérées par la Banque centrale pour atténuer les pressions sur le marché de change ». 

La baisse de ces réserves, cruciales dans un pays qui importe tout, avait entraîné l’an dernier une hausse des prix et une baisse du franc congolais. Risque-t-on de vivre le même scénario d’ici la fin de l’année ?

Retomber dans une crise similaire à celle de 2019, c’est ce que craint l’ancien candidat à la présidentielle Noël Tshiani, un ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale, qui a écrit plusieurs livres sur le rôle des banques centrales, cité par RFI.

Pour lui, il est urgent de renflouer les réserves de change pour éviter d’appauvrir davantage les Congolais.

« On pourrait se retrouver dans une situation où il y a dépréciation continue de la monnaie. Et dépréciation veut dire augmentation de l’inflation, parce que la plupart des biens, surtout les biens de consommations, sont importés de l’extérieur. Donc dans ces conditions, l’absence d’intervention de la Banque centrale impliquerait une spirale inflationniste qui pourrait avoir un impact très négatif sur le pouvoir d’achat de la population »

Pour le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, la situation actuelle diffère de l’an dernier. Depuis mai, Kinshasa n’a plus recours à la planche à billets. Selon lui, les recettes devraient s’améliorer.

« Il y avait un certain nombre de mesures qui ont été prises par le Gouvernement à partir du mois de mars pour procéder à la mitigation des effets pervers du Covid, dont notamment la suspension de la perception de la TVA sur les denrées de premières nécessités. Aujourd’hui, ces mesures ont été levées et on voit que les recettes ont augmenté. »

Avec des dépenses contraignantes telles que les rémunérations des agents et fonctionnaires de l’Etat ainsi que la couverture des frais de fonctionnement des institutions publiques, dans un contexte d’assèchement des recettes, le Gouvernement a été contraint de conclure avec la Banque centrale du Congo un Pacte de stabilité, jurant de ne dépenser que sur la base caisse, c’est-à-dire en fonction des entrées dans le compte général du Trésor.

La chute libre des réserves en devises de la RDC augure des lendemains très agités. Dans ces conditions, conclure un programme avec le Fonds monétaire international devient plus qu’une urgence pour espérer bénéficier d’un soutien conséquent à la balance des paiements.

Ce qui pourrait réconforter le matelas des devises du pays.

En  tout cas, pour l’instant, en cas de crise persistante, la RDC n’aura que moins de trois semaines pour couvrir ses importations.

F.M.