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La confusion s’installe au Palu du patriarche Antoine Gizenga. La dissidence, qui s’est retranchée à Limete, a annoncé un congrès pour le 30 octobre. A Matete, siège légal du parti, c’est la colère. Autour de Godefroid Mayobo, on s’organise pour la réplique. Samedi prochain, les militants du Palu- le vrai – se donné rendez-vous à Matete pour une ligne de défense. Tous ont les régards tournés vers Joseph Kabila, autorité morale du FCC, pour mettre fin à la confusion.

Au Palu (Parti Lumumbiste unifié), la mort du patriarche Antoine Gizenga a été un cataclysme. Mais, le parti a résisté en s’appuyant sur son fils, Lugi Gizenga, rejoint finalement par la mort il y a quelques mois. C’est alors que des comploteurs sont entrés en jeu pour dépecer le plus vieux parti de la RDC.

       Depuis la disparition inopinée de Lugi Gizenga, une aile dissidente du Palu s’est développée à la 4ème Rue Limete, dans la ville de Kinshasa. Loin de la base traditionnelle du Palu qui se réunit à son siège de Matete – acquis du vivant d’Antoine Gizenga – les dissidents ont préféré se retrancher à Limete pour comploter contre le parti.

Pour quelles motivations ? Ils sont apparemment les seuls à le reconnaître. Une chose est sûre : ce n’est pas l’avenir du Palu qui les intéresse. Ils sont juste guidés par le positionnement pour avoir droit au chapitre lors de partage des responsabilités au sein du FCC (Front commun pour le Congo) de Joseph Kabila.

Qu’est-ce qui se trame donc à la 4ème rue Limete ? C’est juste une mascarade qui finira par se désintégrer. Au siège légal du Palu, sur le boulevard Lumumba, dans la commune de Matete, les malédictions s’enchaînent contre ses héritiers non testamentaires qui cherchent à vider le Palu de toute sa substance pour leur intérêt.

Pourtant, entre les trois têtes d’affiche de la dissidence, à savoir Didier Mazenga, actuel ministre des Transports et Voies de communication, Willy Makiashi, député national, et Dorothée Gizenga, de la famille du patriarche, chacun a son agenda. Des indiscrétions rapportent que Didier Mazenga a déjà mis en place un plan B, au cas où l’assaut sur le Palu s’est soldé par un échec. Il serait déjà à la tête d’un parti politique en gestation qui n’a aucun lien avec le Palu. Ces auyres compagnons de la dissidence ne rentrent pas dans son schéma. Au même moment, le ministre des Transports et Voies de communication pense faire cavalier seul, en s’appuyant sur son homme de confiance, un élu national, qui passe pour le cerveau de la dissidence.

« Le Palu n’est pas à vendre »

C’est le leitmotiv qui motive tous les militants – le plus grand nombre d’ailleurs – qui se reconnaissent toujours en Godefroid Mayobo, comme secrétaire permanent a.i. et porte-parole a.i., en attendant la convocation le plus légalement possible du Congrès qui installera enfin les animateurs du Palu.

Qu’en est-il alors du Congrès du 30 octobre prochain, convoqué par le siège fantôme de la 4ème Rue ?

Un militant, trouvé au siège du Pau, ne mâche pas ses mots : « C’est une supercherie, une mascarade qui ne passera pas. Si le groupe de la 4ème Rue se croit légitime et revêtu de tous pouvoirs pour engager le Palu, qu’ils viennent annoncer leur congrès au siège de Matete. Pourquoi se sont-ils isolés à Limete. Le Palu ne se gère pas dans les médias. Le samedi prochain, le Palu fera part de sa position dans une matinée politique au siège. C’est un message destiné à nos partenaires du FCC pour qu’ils reviennent à la raison. S’ils ont besoin du Palu pour accompagner notre autorité morale, Joseph Kabila, c’est maintenant qu’ils doivent nous le faire savoir. Le FCC a tout à gagner avec le Palu qui compte et non s’affilier avec des gens qui n’ont pour motivation que leur propre avenir politique ».

Voilà une interprétation qui est directement lancée à Joseph Kabila, autorité morale du FCC. Rester passif aux nombreuses tentatives de morcellement du Parti, c’est souiller la mémoire du patriarche Antoine Gizenga à qui Joseph Kabila vouait un grand respect. C’est le moment, pense-t-on, pour l’autorité morale du FCC d’honorer sa parole.

Il ne faut pas laisser le Palu sombrer. C’est une histoire politique de la RDC qu’il faut protéger. L’ancrage du Palu au FCC n’a jamais été remis en cause. Contrairement à certaines langues, Godefroid Mayobo ne s’est jamais inscrit dans cette perspective. Son combat, clame toute la Base, c’est sauver le Palu d’un naufrage en le tirant des griffes de ceux qui veulent s’en servir pour assouvir leur soif politique.

Jusqu’où Kabila laissera-t-il sombrer le parti du patriarche Gizenga ? Il n’est pas tard pour ramener toutes les brebis égarées dans les rangs pour qu’ensemble avec Mayobo le Pau retrouve tout son rayonnement. Au grand bénéfice du FCC.

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