www.econews.cd

Retour à l’Hémicycle, le mardi 15 septembre 2020, pour les députés et sénateurs. Quoi que budgétaire, la session ordinaire de septembre ne sera pas épargnée de piques politiques. Bien des dossiers éminemment politiquement seront à l’ordre du jour. En tout cas, le Parlement est jaloux de ses prérogatives. Alexis Thambwe Mwamba, président du Sénat, l’a clairement spécifié dans son discours d’ouverture. Aucune réforme de grande envergure, rappelle-t-il, ne sera en dehors du cadre intentionnel. Dans cette architecture, le Parlement sera donc au cœur du débat. Entre le FCC qui prépare déjà le terrain pour un passage à un scrutin présidentiel indirect et le CACH, soutenu par le Groupe de 13 qui prône un retour à la présidentielle à deux tours, la bataille sera rude. Le verdict final sera connu le 15 décembre prochain, à la clôture de la session parlementaire en cours.

Députés et sénateurs ont repris le chemin de l’hémicycle, chargés du poids des enjeux en présence lors de cette session de septembre de tous les dangers. L’enjeu principal de cette rentrée est le ballon d’essai lancé par le Front commun pour le Congo (FCC) d’une présidentielle au second degré. Cette proposition, faite par le député FCC Alphonse Ngoy Kasanji, a tout son sens puisqu’elle s’inscrit dans une démarche globale : celle de la récupération, à tout prix du pouvoir par cette famille politique.

Le FCC se lance, le CACH à la défensive

S’étant rendu compte des difficultés qu’a imposé l’actuel président Félix Tshisekedi, alors qu’ils gouvernent ensemble dans le cadre d’une coalition, le FCC a compris qu’il faut avoir toutes les garanties de gouverner seul sans partage. L’expérience Tshisekedi aura donc été mauvaise, selon le FCC. Normal, parce que ce regroupement politique est habitué à diriger en suivant les orientations de son autorité morale sans s’engager dans un débat. Ce mode de gestion politique et des institutions ne convient pas dans une démocratie où tout le monde a le droit d’émettre son point de vue, voire d’engager la contradiction.

Pour le FCC donc, il faut s’offrir légalement la garantie d’éviter la surprise enregistrée en décembre 2018, par la défaite cuisante de Ramazani Shadary, son candidat président de la République. Ainsi, il y aura cohérence entre le président et la majorité. Au FCC, on est sûr de garder la majorité dans toutes les assemblées électives. Cette assurance s’explique par la volonté tenace de contrôler la Céni et la Cour constitutionnelle. En face, c’est l’UDPS et ses alliés de CACH (Cap pour le changement) qui ont déjà montré leur position à travers le discours du président de la République devant la nation. Il avait plaidé pour le retour de deux tours pour l’élection présidentielle. Il avait engagé la classe dirigeante à ouvrir la réflexion. Le simple fait de l’avoir invoqué équivaut à une prise de position claire.

Dans ses promesses de campagne, Félix Tshisekedi avait promis aux Congolais le retour aux deux tours, s’il est élu chef de l’Etat. Ce ne sera donc pas sous son mandat que l’élection du président quitterait le suffrage universel direct pour une élection directe avec son lot de corruption des élus «vénaux», même si le corps électoral était élargi aux conseillers municipaux.

L’élection d’un président de la République, c’est le contrat entre une personne et tout le pays. Il ne faut donc pas la réduire à une affaire d’un groupe. Les expériences de 1960 et 1964 ont démontré la dangerosité de ce système et le peuple congolais ne peut se permettre ce recul diplomatique.

Bataille rude

Pendant cette session de septembre, les questions budgétaires risquent d’être reléguées au second plan parce que la donne politique pourra prendre le dessus. Les risques d’affrontements sont aussi réels. La bataille sera rude parce que les deux camps de la coalition ont décidé de ne point se faire des cadeaux.

La principale force de l’opposition, Lamuka, est en embuscade, attendant que les deux s’essoufflent afin de rebondir et les mettre hors d’état de fonctionner en mettant à contribution la population. De même, la Société civile, avec toute la constellation de mouvements pro-démocratie, qui n’attendent que cette occasion pour mobiliser et imposer une voie à suivre.

Les enjeux sont de taille et les dangers bien présents. Le FCC est prêt à se lancer dans la bataille. Mais, convaincre son partenaire à la coalition, le CACH, ne sera une tâche facile. Sans oublier, la masse populaire qui reste un inconnu que ni l’un ni l’autre ne pourrait contrôler.

Econews