Longtemps protégé par une main politique, le Libanais Ali El Finesh, débiteur insolvable du FPI, vient finalement de tomber dans les mains de la justice. D’autres devraient lui emboiter le pas rassure-t-on dans les milieux du FPI.

Malgré des attaques répétées visant à intimider son directeur général, Patrice Kitebi, le Fonds de promotion de l’industrie (FPI), reste droit dans ses bottes. Un message clairement destiné à ses débiteurs insolvables qui cherchent par tous les moyens à se soustraire de leurs obligations.

Avec une justice qui a retrouvé pleinement ses marques, le FPI a intensifié sa campagne de recouvrement forcé. Personne, dit-on, parmi les insolvables ne sera épargné – quel soit son rang.

Longtemps protégé par des mains noires, le Libanais Ali El Finesh, vient de tomber dans les filets de la justice. A      près sa cavale à Kinshasa, il a été finalement repéré à partir de sa cachette, dans un coin perdu de la commune de Ngaliema.

Au FPI, on applaudit la forte collaboration des éléments de la police nationale et des services de sécurité qui ont rendu possible cette arrestation. Sur la liste des insolvables du FPI, Ali El Finesh n’est qu’un échantillon parmi tant d’autres. Autant dire que la traque continue. Dans les prochains, on annonce de grandes prises de ces débiteurs insolvables qui doivent, tout calcul, plus de 150 millions Usd au FPI pour des prêts qui n’ont produit aucune valeur ajoutée sur le terrain.

Des millions de dollars portés disparus

Le sujet libanais est poursuivi pour un prêt d’environ 2,8 millions Usd contracté en 2012 au FPI. Les audits effectués au FPI ont révélé que ce prêt est assis sur un faux certificat d’enregistrement libellé au nom d’une autorité politique non autrement identifiée qu’il aurait méconnu par la suite. Un grief pour lequel le Libanais Ali doit répondre devant la justice, sans oublier son parrain congolais qui lui a facilité les démarches administratives.

Avec les marges de manœuvre fortement réduites de son parapluie, M. Ali se retrouve finalement devant la justice. D’autres devraient vraisemblablement suivre la même voie ; la justice ayant retrouvé toutes ses lettres de noblesse.

Avec une justice à ses cotés, le rouleau compresseur du FPI est en marche. « Que tous qui se croient encore être des intouchables comprennent que les temps ou les choses ont changé. Il est temps que le FPI soit rétabli dans ses droits par rapport à tous ceux ont contracté des crédits auprès de cette institution qui appartient à l’Etat congolais, l’état de droit oblige », a déclaré l’un des avocats du FPI, cité par le site d’infos en ligne, Scooprdc.net. Et d’ajouter : « le Parquet n’a plus droit à l’erreur parce que les yeux des congolais sont braqués sur lui pour que le FPI obtienne une décision juste ».

Pour rappel, c’est depuis un temps que le FPI a lancé une vaste campagne de traque de ses débiteurs insolvables. L’action judiciaire du FPI est dirigée contre tous ceux qui ont obtenu des créances sans honorer les échéances de remboursement.

Si la liste des personnes visées est encore gardée secrète au FPI, on sait néanmoins que des dossiers complets ont été remis à la justice. Deux catégories des débiteurs sont visées, notamment ceux qui ont reçu des crédits sans rembourser ainsi que des personnes physiques et morales qui ont reçu des subventions sans réaliser les projets financés. Quelques  grandes figures du régime de Joseph Kabila sont dans le viseur du FPI et de la justice.