Des sources internes du Parlement, on apprend que les assistants parlementaires s’apprêtent à engager une action en justice contre la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, pour cause de détournements de leurs rémunérations des mois de février, mars, avril et mai 2019.

Dans une dénonciation, rendue publique le mercredi 7 juillet 2020 par leur collectif, les assistants parlementaires demandent aux instances judiciaires de « bien vouloir se saisir de ces dossiers afin de faire respecter les lois de la Républiques, conformément à la vision du Président de la République, Félix Tshisekedi, qui prône l’Etat de droit et place le peuple d’abord au centre de son action ».

Les assistants parlementaires accusent également Jeanine du « refus de prendre acte de leur nomination, au mépris de l’article 108 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale et tombe sous le coup de l’article 150 du code pénale ».

Parallèlement à l’action que s’apprêtent à entreprendre les assistants parlementaires, le député Fabrice Albert Puela, presse le la speaker de la chambre basse du Parlement à « déposer sa démission avec l’ensemble de son bureau pour n’avoir pas déposé le rapport de la gestion financière de l’Assemblée nationale dans les délais de 30 après l’ouverture de la session en cours », tel que fixé par l’article 139 du Règlement intérieur. L’élu de Matadi donne un ultimatum de trois (3) jours au bureau de l’Assemblée nationale pour jeter l’éponge

Au cœur des tensions politiques actuelles, Mabunda doit en même temps se battre pour sa survie au perchoir de l’Assemblée nationale.

L’entérinement de manière expéditive de Ronsard Malonda à la présidence de la Céni et l’examen de trois propositions des lois portant réforme de la justice ont sérieusement fragilisé Mabunda. Une frange importante de députés nationaux CACH et de Lamuka ne jurent que par son départ du bureau.

A l’intérieur de sa famille politique, le FCC, Mabunda peine depuis toujours à faire l’unanimité autour d’elle. Les caciques ne l’ont jamais portée dans leur cœur. Tous n’attendent qu’une occasion pour lui régler des comptes. En réalité, l’aile dure du FCC n’a jamais accepté le choix de Mabunda au poste de présidente de l’Assemblée nationale. C’est dire que ces bonzes peuvent se coaliser à tout moment avec les autres groupes parlementaires pour descendre Mabunda de son piédestal.

Tout dépendra évidemment de l’attitude de l’autorité morale du FCC, Joseph Kabila, seul à trancher sur le sort des délégués du FCC à différentes échelles du pouvoir.