« Il est démontré que Global Witness et PPLAAF ont utilisé des moyens frauduleux juste pour nuire »

L’épilogue judiciaire, ouvert depuis le 1er juillet par Me Eric Moutet, avocat d’Afriland Firts Bank/RDC et de l’opérateur minier Dan Gertler, contre Global Witness et le lanceur d’alerte PPLAAF promet bien des rebondissements. Pour le besoin de la cause, Me Moutet a fait cette semaine un détour à Kinshasa pour des enquêtes appropriées. L’avocat promet d’aller jusqu’au bout pour démontrer la supercherie Global Witness et PPLAAF qui ont mis en place, soutient-il, « une campagne de diffamation massive de diffamation » en ayant recours aux « moyens frauduleux juste pour nuire ».

Le rapport publié, le jeudi 2 juillet 2020, par Global Witness et PPLAAF (Plateforme de protection des lanceurs d'alerte en Afrique) a mis en alerte la filiale congolaise d’Afriland First Bank et l’homme d’affaires israélien Dan Gertler, très actif dans les mines de la République démocratique du Congo.

Se sentant lésés, Afriland/RDC et Dan Gertler ont engagé à Paris une action en justice contre Global Witness et Dan Gertler.  

De passage cette semaine à Kinshasa, Me Eric Moutet, avocat d’Afriland et de Dan Gertler, s’est confié à la presse. Il confirme la détermination autant d’Afriland que Gertler à aller jusqu'au bout pour se laver de l’opprobre née du rapport publié conjointement par Global Witness et PPLAAF.

Eric Moutet condamne d’emblée la mauvaise foi manifeste des rédacteurs de ce rapport qui ont affirmé des choses sans por autant en voie la moindre preuve.

Lorsque le rapport de Global Witness et PPLAAF prétend démontrer la manière dont Dan Gertler a contourné, se servant d’Afriland, des sanctions américaines, Eric Moutet ne trouve aucun élément probant du montage approximatif repris dans ce rapport. Il prend pour preuve le refus catégorique de Global Witness et PPLAAF qui refusé de se soumettre à l’épreuve du contradictoire leur présentée bien avant la publication de leur rapport.

Au regard de tout ce qui s’est passé, il y a eu vraisemblablement une bonne dose de mauvaise foi de la part de Global Witness et de PPLAAF, note Eric Moutet. Il constate à cet effet que les deux organisations ont feu recours aux « pratiques frauduleuses » pour rédiger les documents sous-tendant leur rapport.

Me Moutet ne cache pas son dépit : «  Comment peut-on se permettre d’affirmer des choses sans en avoir préalablement la certitude ? »

« C’est une lecture totalement consternée de ce rapport parce que c’est un chemin journalistique tout à fait spécifique puisqu’ils ont choisi d’annoncer d’emblée dans leur rapport qu’ils n’ont aucune espèce des preuves à proposer aux accusations qu’ils vont néanmoins développer. En gros, on peut le résumer en ceci : on ne peut pas prouver mais on va vous diffamer. C’est une position interloquée que nous avons sur ce rapport » condamne l’avocat français.

Changement de tactique

Pourquoi Dan Gertler a-t-il décidé finalement de rompre le silence, lui qui préfère toujours évoluer dans l’ombre, sans aucun bruit ? Me Eric Moutet en trouve une bonne raison : « Ça suffit ! Il faut que la justice examine le travail de ces Ongs qui se font passer pour des instances judiciaires en prononçant des sentences. Ns avons assez d'éléments que des choses sont été faites de manière frauduleuses 

Depuis Paris où une action judiciaire a d’ores et déjà été ouverte, en attendant une action similaire qui sera incessamment lancée à Kinshasa, Me Eric Moutet se dit confiant sur sa ligne de défense : « Ces organisations sont passés du lanceur d'alerte à autre chose. Derrière ça, Dans leur rapport, il y a une réelle intention de nuire ». « En principe, si on n'a pas de preuve, on ne publie. Si on publie, ce qu'il y a une volonté de diffamer », rappelle Me Eric Moutet, qui note que le rapport Global Witness et PPLAAF est rédigé sur base des informations difficilement vérifiables.

Quant au choix de la justice française, Me Eric Moutet a une bonne raison : « Nous avons saisi la justice française parce que nous considérons que ces deux organisations ont récupéré, utilisé, modifié des éléments des preuves parfaitement frauduleuses ».

Me Eric Moutet est d’autant plus surpris que Global Witness et PPLAAF exigent dans leurs recommandations aux dirigeants congolais de diligenter des enquêtes pour, disent-ils, traquer les coupables. « C’est irréaliste », s’exclame l’avocat français.

« Imaginer que des Ongs viennent en France et dictent au président Macron ce qu'il faut faire. C'est inadmissible ! Ce sont des pratiques indignes que des dirigeants congolais devraient condamner », pense-t-il.

Y aurait-il cependant une main noire derrière l’action engagée conjointement par Globam Witness et PPLAAF ? Me Eric Moutet n’a pas voulu se risquer sur ce terrain. « Je ne pense pas, mais ce qui est vrai est que ces Ongs disent clairement ne disposer d’aucune preuve contre Afriland et Dan Gertler. Tout a été fait dans le seul but de diffamer. Il y a forcément un agenda passé. Depuis des mois, bien avant la publication de ce rapport, ces Ongs ont refusé l'audit contradictoire de leurs infos. Qu'elles aient quand même publié, c’est sans doute dans le but de nuire et de diffamer. C’est une certitude », confirme Me Moutet.

Dans la bataille judiciaire qu’il a engagé à Paris, Me Eric Moutet est déterminé à aller jusqu’au bout : « Nous allons tout faire pour que toute la lumière soit faite, notamment sur la manière dont les infos ont été récupérés par ces Ongs ».

Dans tous les cas, il rappelle qu’Afriland et Dan Gertler ne se reprochent de rien, « parce qu’il n’y a rien qui ne peut leur être reproché ». « On sait que des fichiers ont été tronqués et trafiqués dans un but précis. Ce sont des allégations diffamatoires qui posent un vrai problème ».

Pour toutes ces raisons, Me Eric Moutet se dit prêt à démontrer devant la justice française « qu’on est bien en face d’une organisation massive de diffamation ». « Nous avons dans ce dossier assez d'éléments qui nous poussent à considérer qu'il y a eu fraude et une volonté manifeste de nuire. Nous prenons la porte de la justice et du droit pour que la vérité éclate au grand jour. On ne sanctionne avant d'avoir enquêté. C'est cela la pratique qui a manqué à Global Witness et PPLAAF ».  

Alors qu’en Afrique, des voix s’élèvent pour condamner le travail de toutes ces Ongs internationales, dont le chantage est devenu une arme de prédilection, Me Eric Moutet pense qu’avec l’action judiciaire qu’il a lancée à Paris, le moment est venu d’inverser cette tendance et de mettre à nue ces pratiques de la honte.

Me Eric Moutet s’est dès lors fixé un objectif : « Ce dossier ouvre un débat, celui du travail réel de toutes ces Ongs qui pullulent dans le monde. Il est démontré que ces Ongs utilisent des moyens frauduleux pour atteindre un résultat. Avec ces méthodes, on ne fait pas seulement du mal à la personne ou à la banque, mais aussi au pays. Il faut que ça change. Notre action doit aussi servir à alerter les autorités, congolaises particulièrement, sur le travail réel de toutes ces Ongs ».

Après son passage à Kinshasa, Me Moutet se félicite de l’éveil qui gagne de plus en plus le peuple congolais.

« Merci au peuple congolais d’avoir une lecture de dossier, puisque finalement ces deux organisations font des injonctions à vos dirigeants. Elles demandent aux dirigeants d’ouvrir des enquêtes. C’est totalement invraisemblable et paradoxal que ces deux Ong se permettent de donner des injonctions au peuple congolais par rapport à ses dirigeants. On imagine un peu la réaction du peuple français que deux ONG congolaises viennent donner des injonctions à Emmanuel Macron d’enquêter sur des industriels français »

Finalement, c’est devant la justice française que Global Witness et PPLAAF doivent démontrer leur professionnalisme. En face, Me Eric Moutet est prêt à en découdre avec ces deux organisations pour défendre l’honneur - du reste jeté en pâture - d’Afriland et de Dan Gertler.