Malgré tous les efforts entrepris autant par le Gouvernement que divers partenaires au développement, la partie Est de la RDC reste encore fragile. Pour maints observateurs, elle représente un frein dans la mise en œuvre d’un programme à la fois cohérent et intégré de développement en RDC.

Principal bailleurs des fonds de la RDC, la Banque mondiale vient de mettre une fois la main dans la poche en décidant, depuis le 20 mai 2020, d’un financement additionnel de 445 millions Usd en faveur du Projet pour la stabilisation de l’Est de la RDC pour la paix (STEP 2). Après l’approbation de cet accord additionnel par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale, il ne restait donc plus que la signature à Kinshasa entre le Gouvernement de la RDC, représenté par le Ministre des Finances, et le directeur des opérations de la Banque mondiale.

Depuis le mardi 02 juin 2020, cette étape est désormais franchie. C’est dans son cabinet de travail que le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, a procédé, le 2 juin 2020, à la signature avec le directeur des opérations de la Banque mondiale en RDC, Jean-Christophe, de cet accord de financement additionnel en soutien à la stabilisation et au renforcement de la paix dans les provinces de l’Est de la RDC.

« Ce nouveau financement permettra d’élargir le nombre de provinces où les communautés les plus vulnérables, y compris les réfugiés, bénéficieront de filets sociaux sous forme d’emplois temporaires et de transferts monétaires », avait précisé auparavant Jean-Christophe Carret, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la République démocratique du Congo, la République du Congo, la République centrafricaine et le Burundi.

Autrement dit, ces fonds additionnels viennent appuyer les communautés locales touchées par des déplacements à l’interne mais également accompagner la mise en place de la gratuité de l’enseignement par la construction des nouvelles écoles afin de faire face à l’afflux des élèves concernés par cette gratuité.

Pour le directeur des opérations de la Banque mondiale, la signature de cet accord avec le ministre des Finances rassure du bon fonctionnement du projet original, tout en intégrant, dans la phase de mise en œuvre du STEP 2, la réalité des nouvelles mesures prises pour lutter contre la pandémie de la Covid-19.

En effet, ce financement additionnel renforce non seulement les liens de coopération entre la RDC et la Banque mondiale mais aussi confirme le leadership de cette institution en ce qui concerne l’appui au développement, a indiqué le ministre des Finances, Sele Yalaghuli. Ce montant additionnel de 445 millions Usd s’ajoute à l’enveloppe initiale de 129 millions Usd pour couvrir également les provinces du Nord-Ubangi et du Kasaï. En effet, ces provinces ont enregistré un nombre important de déplacés suite entre autres au phénomène Kamwena Nsapu.

Compte des urgences qui se présentent sur le terrain où les besoins de soutien aux communautés se font de plus en plus pressantes, Sele Yalaghuli a rassuré que ce projet sera soumis aux diligences nécessaires afin que les populations en bénéficient dans les meilleurs délais.

A noter que le projet initial a permis de réhabiliter plus de 850 infrastructures communautaires. Il a également créé plus de 1,3 million de jours de travail temporaire pour les personnes vulnérables, doté 45.000 ménages de technologies agropastorales améliorées et permis le renforcement des capacités de près de 5.000 membres de comités locaux de développement.

A travers ce financement additionnel, près de 2,5 millions de personnes bénéficieront de la construction et du maintien de 2.000 infrastructures de base, dont 500 écoles au moins pour soutenir le programme de gratuité de l’éducation primaire, et 300.000 personnes recevront des transferts monétaires dans les 1.000 communautés ciblées pour un montant de 100 millions de dollars.

Le projet STEP 2, mis en œuvre par le Fonds social de la République (FSRDC), appuiera la structuration du secteur de la protection sociale grâce à des partenariats inédits avec le ministère des Affaires sociales (MINAS), et la Commission nationale pour les réfugiés (CNR). Il dotera également la RDC d’un registre social comprenant 1,8 million de bénéficiaires.

Dans le cadre de la réponse au Covid-19, le STEP 2 pourra réaffecter et mobiliser rapidement des fonds pour atténuer les impacts socioéconomiques sur la population congolaise et mieux protéger les ménages les plus vulnérables.

Ce deuxième financement additionnel du Projet pour la stabilisation de l’Est de la RDC pour la Paix comprend un crédit de 285 millions de dollars et un don de 160 millions de dollars.

Econews