Devrait-on conclure qu'il n'y aura jamais un rapport public sur les circonstances ayant entouré la mort du vaillant général Delphin Kahimbi, ex-patron des Renseignements militaires ? Les Congolais ne se font pas d'illusions, ils savaient que cette enquête se terminera comme les autres avant : sans conclusion !

Le général Delphin Kahimbi, chef d’état-major adjoint des FARDC en charge du renseignement militaire, est décédé le vendredi 28 février. Devant le Gouvernement, réuni en Conseil des ministres, le chef de l’Etat Félix Tshisekedi avait évoqué la thèse d’une mort par « pendaison », espérant toutefois qu’une enquête « indépendante » élucide les circonstances de la mort du vaillant soldat. 

La mort du général Delphin Kahimbi a suscité de vives réactions en RDC. Réactions d’abord au regard des états de service de ce haut gradé de l’armée. Mais aussi à cause de l’incertitude qui plane toujours sur les circonstances exactes de son décès.

Nommé sous le règne de l'ancien président Joseph Kabila, Delphin Kahimbi était l'un des douze officiels congolais toujours sous sanctions européennes pour atteintes aux droits de l'homme dans les dernières années de l'ancien régime (2015-2018). Sa disparition a ravivé les suspicions entre les alliés: le Front commun pour le Congo (FCC) et Cap pour le changement (CACH).

Est-ce déjà un dossier classé ?

L'émoi provoqué par la mort suspecte du chef des renseignements militaires aurait dû pousser les autorités à faire preuve de transparence. Plus de trois mois après cette disparition tragique de ce haut gradé de l’armée, le dossier semble avoir été classé. L’enquête promise n’a pas toujours livré ses conclusions.

Avec la demande de fonds pour assurer des obsèques dignes à ce vaillant soldat, on peut aisément conclure que les enquêtes sont clôturées. Donc en haut lieu, les dirigeants connaissent la conclusion des enquêtes.  C’est l’hypothèse la plus probable. Quant à l’opinion publique, elle ne connaitra jamais dans quelles circonstances est mort le chef des Renseignements de l’armée nationale. C’est classé « secret défense »

Même l'armée, qui a diligenté son enquête, ne dit mot. Si on enterre le défunt général Delphin Kahimbi sans que les circonstances de sa mort ne soient clarifiées, le régime Tshisekedi va accumuler ses affaires dans les placards.

Le peuple ne voulait pas d'une alternance qui pérennise les pratiques décriées des régimes passés. Ce silence accrédite-t-il la thèse d'une mort par crise cardiaque ou d'un suicide ? Que répondre à ceux qui soutiennent la thèse d'un assassinat ? Et la thèse d'un commando venu de très loin devra-t-elle demeurer dans les esprits ? Décidément, le changement devra encore attendre.

 

FM