A situation exceptionnelle, décisions exceptionnelles : la FIFA s’apprête à dévoiler son «plan de bataille» pour aider les clubs à surmonter cette période inédite. Comment gérer les fins de contrats ? Les fenêtres des prochains marchés des transferts ? Voici, en exclusivité, les pistes de la fédération internationale rendues par Philippe Auclair d’Eurosport.

La seule certitude est qu’il n’y en a désormais plus, que nous vivons sans savoir de quoi demain et après-demain seront faits. Le football n’allait certainement pas échapper à ce qui vaut pour tout le reste, la différence étant que le football, lui, comme les autres sports, est l’esclave de son calendrier.

Je ne parle pas ici seulement du calendrier des compétitions, déjà chamboulé par la force des choses, et qui le sera encore davantage lorsque les ligues et les instances regarderont un peu moins leurs livres de compte et un peu plus ce qui se passe en dehors. Je parle aussi du calendrier que doivent respecter clubs, joueurs et tous ceux et toutes celles qui sont impliqués dans le ballet des contrats, et qu’on ne peut pas bouleverser comme celui du championnat de ceci ou de la coupe de cela.

La délicate question des fins de contrat

Que faire, par exemple, si la fin de la saison est décalée jusqu’au mois de septembre, voire plus tard, alors que les accords passés entre joueurs (ou membres du staff technique) et clubs arrivent à terme le 30 juin, qui est la date statutaire de fin d’une «saison» dans la majorité écrasante des ligues qui sont aujourd’hui les plus affectées par le Covid-19 ? Un Willian, par exemple, dont le contrat avec Chelsea expirera ce 30 juin, deviendra-t-il un «agent libre» le 1er juillet, ou sera-t-il contraint de demeurer au-delà de son bail ?

Et si c’est le cas, avec quel salaire ? Et quid des joueurs actuellement prêtés, qui devaient revenir dans leur club d’origine à la fin de la saison ? Et qu’en est-il des accords de transfert déjà signés, qui devaient prendre effet le 1er juillet ? Et, évidemment, quid du marché des transferts lui-même ?

Le problème - qui s’ajoute aux autres problèmes, déjà plus que conséquents - est que le football n’a pas d’instance dont les réponses à ces questions aient force de loi. La FIFA ? Non. La FIFA, via son système TMS, supervise, enregistre et homologue transferts et contrats internationaux, et ambitionne d’élargir son champ d’action à tous les contrats et transferts, professionnels ou amateurs, dans un avenir proche. Elle peut intervenir quand elle constate des infractions à ses propres réglementations. Mais elle ne peut se substituer aux ligues et aux fédérations.

Cela n’a cependant pas empêché la fédération des fédérations de se pencher sur la question et d’initier ce 18 mars un travail de réflexion dont les premières conclusions ont fait l’objet d’un rapport confidentiel, destiné à sa propre task force, auquel j’ai pu avoir accès, qui donne une idée des mesures que la FIFA entend encourager...mais pas plus. Car c’est dans un véritable champ de mines juridique qu’elle s’aventure, et elle doit prendre le plus grand soin de ne pas faire un pas de travers. Sinon...