Le 28ème Sommet Afrique-France aura lieu à Bordeaux du 4 au 6 juin 2020 et sera consacré à « la Ville et aux territoires durables ». L’annonce a été faite, le mercredi 12 février 2020, par l’ambassadeur de France en RDC, François Pujolas.

En plus du traditionnel sommet des chefs d’Etat, un salon sera organisé, en marge de ce Sommet, avec des acteurs publics et privés de tous les horizons. C’est la grande innovation de ce prochain Sommet Afrique-France, généralement connu pour son caractère éminemment politique.

C’est aussi la concrétisation pour l’Hexagone et le Congo-Kinshasa du nouveau partenariat qu’ils ont lancé en mai 2019 lors de la visite de Jean-Yves le Drian, ministre français des affaires étrangères. Il était alors le premier chef de la diplomatie d’un pays d’Europe occidentale à faire le déplacement de Kinshasa. A ses côtés, le président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie franco-congolaise, Ambroise Tshiyoyo, tout en saluant cette innovation, a redit son souhait de voir les deux pays intensifier sérieusement leurs relations économiques qui ne sont pas au niveau de l’excellence de leurs relations diplomatiques et politiques ainsi que de leurs potentialités respectives. Surtout quand les habitants de ces deux pays ont, selon lui, un code commun : la langue française.

Comment la France et le pays francophone le plus peuplé au monde, en l’occurrence la RDC, ont des relations économiques si faibles ? Amboise Tshiyoyo a donc demandé aux entrepreneurs congolais d’oser.

Dans les domaines économiques et des affaires, pour la réussite de ce grand salon, l’Etat français a décidé de soutenir la présence de 1.000 startups et entrepreneurs africains par la prise en charge de leur participation au Sommet (transport et hébergement). Cela se fera aussi grâce à la présentation par les candidats désireux de participer à ce Sommet de leur projet qui devra être sélectionné par les organisateurs de ce salon.

A ce sujet, le troisième orateur du jour, Bob Bononge de Caplaine Consulting, représentant le cabinet Richard Attias & Associates, a tout naturellement invité les congolais à y participer afin de proposer leurs solutions au développement durable et obtenir pour ce faire des financements. Et des entreprises sont déjà sur la brèche. C’est le cas d’Eco Green energy qui va se lancer dans la valorisation et la transformation des déchets à Kinshasa. Son CEO, Alexis Nsikungu, a expliqué à l’assistance que ces opérations à l’échelle industrielle vont contribuer à améliorer la salubrité et la santé publique dans la capitale.

Dans le projet d’Eco Green Energy, la première innovation est de faire des centres de transit des ordures ménagères, des postes de tri. La seconde innovation est de créer par la transformation de ces ordures des produits à vendre pour le secteur industriel. Il s’agit d’une expérience qui a réussi à l’étranger.

Ce projet, une fois en place, créera 400 emplois directs. La capacité installée sera de 2500 tonnes de déchets par jour (les ménages de Kinshasa en produisent quotidiennement 9000 tonnes, ce qui laissent la place à d’autres opérateurs). Un autre projet qui a captivé l’assistance est celui de Hoja-Taxi. Il permet de circuler en taxi en toute sécurité grâce des applications numériques et une géolocalisation. Sa responsable, Magalie Bueyasadila, évoque un marché porteur de plus de 50.000 mille taxis et le recours à un opérateur de télécom de la place pour la concrétisation de ce projet. Elle a également évoqué le travail en amont avec les propriétaires des taxis, les chauffeurs et les usagers ainsi que les opportunités d’affaires dans ce secteur. L’ambassadeur de France, François Pujolas, a évoqué la « communauté de destins » entre l’Afrique, la France et l’Europe pour expliquer l’importance du Sommet entre l’Afrique et l’Hexagone. Un autre argument de ce concept est la lutte contre le changement climatique.

A ce sujet, l’assistance a eu la primeur d’apprendre la mise sur pied de l’Agence de la transition climatique. Le professeur Dieudonné Busibono, conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière d’environnement et de développement durable, qui en informait l’assistance, a révélé les quatre secteurs cibles de cette institution, à savoir l’agriculture, les transports, l’énergie et les villes durables.

Franck  LUBANI