Visiblement, le gouverneur du Kasaï central, Martin Kabuya, a perdu la tête, en confondant le rôle dans l'exercice de ses fonctions aux commandes de cette province. Et lorsque le chef de l'exécutif provincial s'érige en procureur de la République au point de séquestrer les agents de l'Etat, au nom d'une loi dont il est le seul à avoir la maîtrise, on est en droit de dire qu'en RDC, l'Etat de droit risque d'être un leurre. Une attitude qui va en contre-courant de la vision du chef de l'Etat.

A Kananga, la supercherie de Martin Kabuya est mise à nue. Voici le film des événements.

Excès de zèle, abus de pouvoir et confusion des rôles et des prérogatives, c'est en tout cas ce qu'ont vécu récemment à Kananga les agents du Fonds de Promotion de l'industrie (FPI) et du Service National d'hydraulique rurale (SNHR), en mission de service dans cette partie de la RDC. En se substituant à la justice, Martin Kabuya a outrepassé ses pouvoirs, jetant un discrédit sur ses capacités à diriger cette province. On comprend dès lors pourquoi le Kasaï central peine à décoller.

Des éléments d'informations à notre possession rapportent que Martin Kabuya, sur base de désinformation ou encore mieux à la recherche d'une "rétrocession" le terme est depuis lors à la mode qui lui aurait échappé, vient de se comporter en vrai gangster en procédant à des interpellations arbitraires sous forme de séquestration des agents de l’Etat du FPI et du SNHR. Ces agents, munis des ordres de mission dûment signés par leurs hiérarchies respectives, étaient en mission officielle pour la réception et la remise provisoire de cinq (5) forages d’eau ainsi que la mise en place de mini-réseaux dans la province. Ces projets ont été financés par le FPI et exécutés par le SNHR dans le cadre du programme d’urgence de 100 jours du Chef de l’Etat.

Tout commence le mercredi 05 février 2020 lorsque la délégation du FPI se rend au gouvernorat de la province pour présenter ses civilités au Gouverneur de Province, avant de commencer le travail de terrain. Arrivée au gouvernorat, la délégation a dû attendre plus de 5h, avant d'être reçue par le Gouverneur. Mais, tout ne se passera pas comme prévu. Visiblement déterminé à commettre l'arbitraire, Martin Kabuya va franchir le Rubicon, en procédant à son arrestation pour avoir, selon lui, détourné les fonds destinés à la construction des forages à Kananga.

Autant dire que Kabuya s’est arrogé le titre de maître d'ouvrage, alors que c’est le FPI qui agit ainsi comme principal bailleur. D’autres observateurs dans la province nous informent que le cas du financement du FPI n’est qu’un exemple. Le gouverneur Kabuya voudrait être un maitre d’ouvrage à la main tendue et en attente des commissions de tous les projets qui développerait ce coin de la République.

Pour attester ses allégations sur ce détournement imaginaire, le Gouverneur est allé plus loin en indiquant que le contrat prévoyait la construction de 250 bornes fontaines à Kananga, contre les 25 construites par le SNHR. S'improvisant par ailleurs microbiologiste, le gouverneur a noté que l’eau de ces forages était non conforme à la consommation, citant une analyse de l’OCC. Avant d’ajouter que "vous (FPI et SNHR) êtes venus avec l’idée d’exterminer ma population".

A la surprise de la délégation, venue pour le constat de l’évolution des travaux, le Gouverneur du Kasaï central va faire pression pour transmettre à ses services tous les documents financiers liés au projet.

Pourquoi faire ? Le Gouverneur se serait-il substitué au parquet ?

Malgré les explications lui fournies par la délégation et la hiérarchie du FPI, le Gouverneur a finalement mis la délégation à la disposition du procureur du parquet Général près la Cour d'appel de Kananga, qui les entendra sur PV.

N’ayant retenu aucune charge, le procureur a fini par les libérer.

Voulant créer le sensationnel pour en tirer un dividende politique, Kabuya a intensifié la pression.

On comprend bien que le vrai souci du Gouverneur Kabuya était de trouver son compte dans l’exécution de ces travaux. Il n'en sera pas le cas - ce temps étant révolu.

Concernant la conformité de ce forage, comment l’OCC peut-il se permettre de remettre au Gouverneur le rapport de ces analyses alors que c’est le SNHR qui avait commandé et payé ces analyses sur la conformité de cette eau?

Des observateurs pensent directement à un complot ourdi entre le Gouvernorat et la Direction Provinciale de l’OCC pour remettre en cause le travail fait par le FPI, via le SNHR. Sinon, comment est-il possible que 5 forages construits, à des endroits différents et à des profondeurs différentes, puissent donner les mêmes résultats ? Curieux ! Et même si tel était le cas, ces forages n’étant réceptionnés définitivement, le SNHR pouvait toujours solliciter une contre-expertise.

Apres les dénonciations faites sur certains projets lancés dans le cadre du programme de 100 jours, l'heure est à la récupération politique pour se faire un nom, tout en trompant la vigilance de la population.

Il faut dire que les projets confiés au FPI dans le cadre du programme de  100 jours n’ont aucun lien avec le Trésor public, à l'instar de ceux financés par le Foner.

Ahurissant, même si on est Gouverneur, on doit s’informer au préalable avant d’agir.

Dans le cadre de l’exécution du programme d’urgence de 100 jours du chef de l’Etat, le FPI a signé le 11 avril 2019 un contrat de subvention avec le Service National d’Hydraulique Rurale (SNHR) pour un montant de 750.000 USD. L’enveloppe de cette subvention concernait le forage de 5 puits d’eau et la mise en place des mini-réseaux de distribution à Kananga en vue de donner de l’eau potable à la population de la périphérie de cette grande ville du Kasaï-Central.         A  ce jour, les 5 forages avec 5 bornes fontaines, un réseau d’environ 1000 mètres, un réservoir de 32m3 en fibre de verre et un groupe électrogène de 20 KVa par forage sont en place. Ces forages et les mini réseaux sont localisables dans les quartiers tels que Katoka, Mulombodi, Kambote et Bena Mukangala - le 5eme forage étant installé à l’Ecole de Formation des officiers (EFO)/Kananga.

Des équipes des superviseurs du FPI, qui reviennent de Kananga, attestent de la qualité de l’eau sortie de ces forages.

Pour toutes ces raisons, le SNHR, qui a exécuté les travaux, réfute catégoriquement les résultats de l’analyse qu’il a lui-même demandé auprès de l’OCC/Kananga. Visiblement, des indiscrétions indiquent que l'OCC/Kananga serait instrumentalisé par des personnes malintentionnées qui s'attendaient aux rétro-commissions dans l’exécution de ce projet. Toutes leurs attentes ont déjoué.

Ce qui explique leur colère.

En même temps, des sources locales rapportent que des messages ont été lancés à la population à travers des radios locales, pour la convaincre à ne pas consommer l’eau des forages financés par le FPI et exécutés par le SNHR. Foutaise !

Mis en cause, le SNHR a demandé une contre-expertise des tests de potabilité avant la remise provisoire des ouvrages. Des informations à notre possession révèlent que deux  (2) autres tests de potabilité fais auprès de la REGIDESO ainsi que dans une autre Direction de l’OCC ont certifié la potabilité de cette eau fourni par les forages faites par le SNHR à Kananga.

Signalons par ailleurs qu’à titre d’ajout au projet d’urgence de 100 jours, le FPI a financé la construction de deux autres forages avec 8 bornes fontaines, 2 réservoirs métalliques de 20m3 sur 2 réseaux d’environ 400 mètres et 800 mètres dans la ville de Kananga. Ces travaux ont été exécutés par l’ONGD "Réveil des Femmes pour la Reconstruction et le développement, RFRD". Ces 2 bornes fontaines sont localisables aux quartiers Kamayi et Nganza dans la ville de Kananga. Les populations de ces 2 quartiers consomment déjà l’eau de ces forages avec quiétude et grande satisfaction. Aucun cas de maladies hydrique n’a été signalé notent les observables.

Les agitations de Martin Kabuya ne sauront donc pas étouffer la vérité.

 Econews