Bilan à demi-teinte du programme de 100 jours du chef de l’Etat, lancé en mars 2019.

A Kinshasa, le grand retard accumulé dans la construction des sauts-de-mouton, censés se terminer au bout de neuf mois – a été la face visible d’un programme dont l’exécution a fait l’objet de détournements d’importants sommes d’argent.

Vendredi dernier, le chef de l’Etat Félix Tshisekedi a annoncé, en Conseil des ministres, des audits pour faire toute la lumière sur tous les travaux retenus dans le cadre de son programme de 100 jours.

Sans attendre les conclusions de cet audit, la justice s’est déjà mise en marche.
Depuis le 8 février 2020, la Cour d’appel de Kinshasa/Matete a ouvert, sur injonction du vice-Premier ministre en charge de la Justice, « une instruction judiciaire aux fins d’investiguer sur l’exécution des travaux publics (construction des sauts-de-mouton, construction des logements sociaux, et autres) inscrits dans le programme d’urgence de 100 jours initié par le Président de la République ».

L’heure du grand déballage a sonné. Des membres du gouvernement, en tout cas ceux impliqués directement dans ces travaux, à savoir le vice-Premier ministre en charge du Budget, son collègue des Infrastructures et Travaux publics (ITPR) ainsi que le ministre des Finances sont appelés à fournir des informations à la Cour. Sans oublier le gouverneur de la Banque centrale du Congo.
Toutes ces personnalités sont visées, de toute « urgence », par des réquisitions à expert.

La justice attend du vice-Premier ministre du Budget « les copies de tous les bons d’engagement établis en faveur des sociétés exécutant les travaux de 100 jours ainsi que les numéros des dossiers y relatifs ». Son collègue des ITPR est plutôt invité à transmettre à la Cour d’appel « la liste de toutes les entreprises retenues dans le cadre de l’exécution du programme de 100 jours ; les documents de passation des marchés publics en rapport avec ces travaux ; les statuts des sociétés et/ou entreprises soumissionnaires et contractuelles ; les contrats et/ou protocoles d’accords d’exécution des travaux ; l’avis du Bureau technique du contrôle (BTC) ».

Le ministre des Finances devra à son tour fournir à la Cour « les copies des ordres de paiements informatisés et/ou toutes les lettres de paiement d’urgence établies en faveur de toutes les entreprises retenues dans le cadre de l’exécution des travaux de 100 jours ; l’exécution de plan de trésorerie et de décaissement de fonds en faveur des entreprises exécutant les travaux de 100 jours ». Enfin, le gouverneur de la Banque centrale du Congo devra transmettre à la Cour « un relevé complet de paiements effectués en faveur des sociétés exécutant les travaux de 100 jours et les bordereaux de paiements ainsi que les avis de crédits y relatifs ».

Avec cette instruction judiciaire, la Cour d’appel promet « la manifestation de la vérité » autour du programme de 100 jours du chef de l’Etat. C’est tout ce que l’opinion publique souhaite.
La machine judiciaire est donc lancée pour traquer tous ceux qui ont contribué à la débâcle du programme de 100 jours.

Econews