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Prévue pour deux jours, la réunion ministérielle autour du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne, qui a mis autour d’une table les chefs de la diplomatie de l’Egypte, du Soudan et de l’Ethiopie, a finalement accouché d’une souris. Président en exercice de l’Union africaine, le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, n’a pas réalisé le miracle tant attendu, c’est-à-dire réconcilie Egyptiens, Soudanais et Ethiopiens sur la gestion des eaux du Nil.

Le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, également président en exercice de l’Union africaine, n’est pas parvenu à un miracle, là où l’ancien président des Etats-Unis, Donald Trump, a échoué jusqu’à son départ de la Maison Blanche. Pas facile de réconcilier Egyptiens, Soudanais et Ethiopiens sur la gestion des eaux du Nil.

Au terme de trois jours de négociations à Kinshasa, sous l’égide du Président de la République, Félix Tshisekedi, avec l’accompagnement de la Commission Paix et Sécurité de la Commission de l’Union africaine, les trois parties ne sont pas parvenues à un compromis, chacun campant sur sa position.
Le communiqué, tout aussi laconique, diffusé mardi à l’issue de cette réunion ministérielle, en témoigne. Bref, à Kinshasa, il n’y a pas eu de fumée blanche, les trois protagonistes se sont séparés en queue de poisson. Le miracle de Kinshasa n’a pas été au rendez-vous.

Un analyste indépendant s’en explique et pense que Kinshasa a minimisé les enjeux de ce sommet : « Le problème que pose ce barrage est d’une grande importance politique et économique pour les pays concernés par la crise. La présidence de l’Union africaine aurait dû s’assurer en amont qu’elle pourrait obtenir ne fût-ce qu’un engagement des parties prenantes à poursuivre les discussions sous la houlette de l’union africaine. Apparemment, le panel d’experts n’a pas pris la hauteur des enjeux et a malheureusement provoqué ce fiasco diplomatique ».

Est-ce pour autant qu’on devrait déjà s’attendre à une guerre de l’eau entre ces trois pays ? Pour le moment, on est encore loin de ce cas de figure. A l’Union africaine, on se veut confiante.
Malgré l’échec des pourparlers de Kinshasa, l’Union africaine a promis d’approfondir les échanges au niveau bilatéral séparément entre les trois Etats impliqués pour éviter à ce que les tensions s’enveniment dans la région du Nil.

Pour l’Egypte, la question de Nil est directement liée à sa survie en tant que nation. Et Le Caire tient à ce que la gestion des eaux du Nil ne perturbe pas l’écosystème de la région.
Or, plus loin en amont du fleuve, l’Ethiopie est très avancée dans la construction de son Grand Barrage de la Renaissance, dont la mise en service est prévu, sauf imprévu, en 2022. Ce qui énerve l’Egypte.

En son temps, l’ancien président américain a tenté une médiation, menaçant des sanctions l’Ethiopie si elle persiste dans la voie de la construction de son Grand Barrage. Soutien majeur du Caire, Washington avait, une fois envisagé, des frappes ciblées sur le site du Barrage, pour dissuader Addis-Abeba.

Compte tenu de ses implications imprévisibles dans la région, Washington et Le Caire ont finalement écarté l’option armée, préférant se rabattre sur une solution diplomatique. Jusqu’à son départ de la Maison Blanche en janvier 2021, Trump n’est jamais parvenu à une solution concertée. Et Félix Tshisekedi, qui s’est engagé sur cette voie, vient, à son tour d’essuyer un revers.

Entre-temps, sur le terrain, Ethiopiens et Egyptiens se regardent en chiens de faïence. Les deux pays se servent du Soudan qui, apparemment, n’est pas acteur principal dans le conflit qui oppose Le Caire à Addis-Abeba.

Hugo Tamusa