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Explosif ! Le rapport de l’Observatoire de la Dette publique (ODEP) publié ce 1er avril 2021, sans être un poisson d’avril, n’en laisse pas moins dubitatif. Une froide lecture de ce brûlot de deux pages débouche sur une conclusion sans appel : le pays n’est simplement pas gouverné.

Le rapport aligne des chiffres qui font froid au dos. D’abord, le cabinet du président de la république qui alignerait à ce jour un personnel de 1081 unités, dont les seules rémunérations auraient englouti, au cours des deux premiers mois de l’année, près de 30 millions de dollars US. Des montants pharaoniques prélevés sur les réserves de change, l’émission des bons du trésor devenue inopérante.

L’ODEP constate une absence manifeste de l’application des mesures fiscales ; la violation de la loi des finances. Ici, il est fait remarquer que les décaissements sont ordonnés par le directeur de cabinet du chef de l’Etat, quand ce n’est pas l’inspecteur général des Finances qui s’en mêle. Dans ces conditions de haute anarchie, l’ODEP constate que les Régies financières et les services d’assiette s’en donnent à cœur joie, évoluant dès lors en électrons libres.

Et comme en 2019, lors du lancement du programme dit des 100 jours, voici ‘’Tshilejelu’’, un autre programme ayant l’ambition de l’aménagement de 100 km de routes à Kinshasa et dans les Kasaï. Les deux projets se ressemblant comme deux gouttes d’eau.

Ils ont été initiés en dehors d’un gouvernement de plein exercice, et donc de ministères spécifiques chargés d’en assurer le suivi. Ils ne figurent dans aucune loi, le parlement n’en avait jamais été saisi. Les investissements à l’arrêt, le Trésor affiche un déficit mensuel de 14 millions de dollars US depuis le début de l’année. Prévision de l’ODEP : ce serait miracle si le pays parvenait à réaliser des recettes de l’ordre de 3,5 millions de dollars US en 2021.

Malgré tout, tout se passe comme dans le meilleur des mondes possibles. Deux premiers ministres pris en charge par l’Etat ont coûté au Trésor la bagatelle de 7 millions de dollars US au cours du premier trimestre. Pendant ce temps,  le secteur privé, tenu à la gorge par le COVID-19, n’a bénéficié d’aucune assistance gouvernementale, en dépit des appels répétés de la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Rien à ajouter. Sinon, que ce n’est ni plus moins que… la cata !

MWIN MURUB FEL