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Plus rien ne bloquerait la publication du Gouvernement du Premier ministre Sama Lukonde. Premier Gouvernement de l’Union sacrée de la nation, Jean-Michel Sama a pris tout son temps pour parvenir à un format de l’exécutif central qui prend en compte toutes les susceptibilités du compte de l’après-rupture entre le FCC de Josph Kabila et le CACH, plateforme qui a porté la candidature du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, à la présidentielle de décembre 2018. « Quelle que soit la durée de la nuit, le jour finit toukurs par poindre», dit un vieil adage. Un autre rappelle que « qui veut aller loin prépare sa monture». En réalité, trois rasions majeures justifient tout le temps que le Premier ministre Sama Lukonde pour trouver la combinaison parfaite d’un Gouvernement, dont la publication n’est plus qu’une question de jours, pourquoi pas d’heures.

La sortie du Gouvernement du Premier ministre nommé, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, est imminente. Dans l’entourage du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, on indique que, de retour de Doha, au Qatar, il accorde désormais la priorité à la validation de la mouture de l’équipe gouvernementale lui transmise depuis un temps par Jean-Michel Sama Lukonde. Sans doute, loin du brouhaha de Kinshasa, capitale de la RDC, le Président de la République a-t-il profité de son voyage à Doha pour la dernière délibération. C’est plus qu’évident.

De retour à Kinshasa, des sources internes de la Présidence de la République rapportent qu’une ultime rencontre n’est pas exclue, avant ce week-end, entre le Chef de l’Etat et son Premier ministre pour l’adoption de la liste définitive à soumettre à la signature de l’ordonnance présidentielle.

Entre-temps, dans l’opinion publique, le tollé commence à prendre du terrain, en raison du retard – c’est selon pris dans la composition de l’équipe Sama Lukonde. La rédaction d’Econews a tenté de pénétrer cette énigme. Finalement, il y a trois bonnes raisons politiquement correcte qui expliquent le retard, pour le moins relatif, que le Premier ministre nommé a pris pour composer son Gouvernement.

Comment à une certaine opinion qui pense que Sama Lukonde a été délibérément mis à l’écart de la composition de l’équipe qui va l’accompagner, les informations recoupées par Econews attestent plutôt le contraire.

En effet, entre le Chef de l’Etat et le Premier ministre, il y a une complicité telle que les deux personnalités se consultent en permanence pour donner à la RDC un Gouvernement le plus consensuel possible.

Les trois raisons majeures

En prenant en compte le contexte dans lequel Sama Lukonde a été nommé au poste de Premier ministre, il y a de bonnes raisons qui ont fait que la formation de son gouvernement passe par une série d’arbitrages et non de moindres.

De prime abord, la formation du Gouvernement de l’Union sacrée de la nation a été une équation à plusieurs inconnues, en ce qu’il a fallu tirer, d’une large coalition de plus de 391 députés nationaux, un Gouvernement réduit de moins de 50 membres. Une contrainte qui a exigé à ce que les partis et regroupements politiques parviennent à l’évidence selon laquelle tout le monde ne pouvait pas faire partie de l’équipe gouvernementale.

En optant pour un Gouvernement réduit mais efficace dans un contexte de crise économique, Sama Lukonde s’est donc retrouvé devant des frustrations de tous genres à gérer au sein même de l’Union sacrée de la nation.

La deuxième difficulté à laquelle est buté Jean-Michel Sama Lukonde est la représentativité des femmes. Pour la surmonter, le Premier ministre nommé a dû se plier aux caprices des regroupements et partis politiques qui devaient se faire violence et proposer suffisamment des candidatures féminines aux différents postes ministériels. Sans oublier que les profils des candidates devraient tout aussi prendre en compte les critères de probité, de la compétence et de l’expérience.
Si jusque-là, on a parlé de nombre insuffisant de femmes, c’est certainement parce que les regroupements politiques n’ont pas proposé plus de femmes parmi les candidats. Les réglages, à ce niveau, ont donc occasionné le retard de la sortie du Gouvernement.

La toute dernière contrainte qui s’est imposée au Premier ministre est celle touchant à la solidarité pour un gouvernement consensuel. Le souhait du Premier ministre a été d’aller au-delà du seul critère, quoi que constitutionnel, de la représentativé nationale, en incluant aussi les acteurs de la Société civile. Ce qui a exigé un travail de persuasion pour amener les acteurs politiques à concéder enfin à faire des concessions dans ce sens.

Ceci renvoie à ce que le Gouvernement de l’Union Sacrée de la Nation ne va pas se limiter aux seuls représentants des partis politiques mais sera aussi étendu aux membres de la Société civile et certaines catégories sociales défavorisées, telles que les personnes vivant avec handicap et les jeunes). Ce critère a été notamment celui qui a fait l’objet de grands arbitrages au sein de l’USN, obligeant les acteurs politiques à faire preuve de solidarité.

Il ne faut pas non plus minimiser la forte opposition des ministres issus de la plateforme CACH qui pensait rempiler tout naturellement dans le nouveau gouvernement parce que, selon eux, ils ont soutenu le Chef de l’Etat lors de la guéguerre avec le FCC. Autant de pressions et de subtilités que le Premier ministre Sama Lukponde a dû gérer pendant cette période de durs arbitrages.

La nuit ayant été longue, l’aube ne va plus tarder. La sortie du gouvernement Sama Lukonde, le premier de l’ère Union sacrée de la nation, reste imminente.

Faustin K.