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Au nom de la redevabilité, la Banque Centrale du Congo (BCC) vient de rendre public son Rapport sur la politique monétaire pour l’année 2020.

Selon son gouverneur, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, ce Rapport présente « la démarche de l’Autorité monétaire dans un contexte de crise pandémique ». Fidèle à sa mission principale de la stabilité du niveau général des prix, qui passe par la manipulation des instruments des politiques monétaire et de change, l’Institut d’émission est fier des efforts entrepris pour maintenir la stabilité du cadre macroéconomique dans un contexte particulièrement entamé par la pandémie de Covid-19.
Dans le résumé qu’il fait de ce Rapport, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo souligne que « la conduite de la politique monétaire, en période de crise économique majeure, est à la fois une tâche délicate et ardue ».

Un travail remarquable a été entrepris pour éviter à ce que l’appareil économico-financier de la RDC ne déraille. Le gouverneur de la BCC s’en félicité et mentionne particulièrement « l’importance d’une bonne coordination des politiques macroéconomiques, surtout en période de crise ». Et de rappeler : « Dans le cas qui nous concerne, a mentionné le gouverneur de la BCC, celle-ci s’est organisée autour du dispositif de gestion des finances publiques sur la base caisse et, dans son prolongement, autour du pacte de stabilité signé entre le Gouvernement et la Banque centrale. Ce pacte a eu le mérite de réaffirmer le principe de non recours au financement monétaire des déficits publics, lequel a longtemps été le facteur principal à la base de l’instabilité du cadre macroéconomique».

A la BCC, on se prépare déjà à l’après-Covid pour donner la chance à l’économie congolaise de se relancer. Deogratias Mutombo se fixe ce pari.

«La Banque Centrale du Congo se résout-elle à poursuivre, sans désemparer, ses efforts visant à pérenniser la stabilité macroéconomique, quelles que soient les contraintes. Par ailleurs, elle s’engage à entreprendre les réformes nécessaires du cadre de sa politique monétaire pour améliorer l’efficacité de son action. Les leçons tirées de cette crise, constituent autant d’enseignements qui serviront de balises pour orienter l’Institut d’Emission face aux défis futurs ».

En marge de la publication de ce rapport, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, directeur général de la Politique monétaire et des opérations bancaires de la BCC a, au travers d’une interview à la presse, revenu sur l’essentiel de ce Rapport, autant ses contours que les leçons à tirer.

Quoi qu’il en soit, à la BCC l’objectif de la stabilité du cadre macro-économique est un défi permanent que l’Institut d’émission s’efforce, par des instruments de politiques monétaire et de change, de gagner.

Pour l’année 2020, les résultats sont plus qu’encourageants ; l’économie congolaise ayant parvenu à contenir les pressions de Covid-19.

Que retenir de ce Rapport 2020 sur la politique monétaire ? Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, gouverneur de la Banque Centrale du Congo, et Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, son directeur général de la Politique monétaire et opérations bancaires, en parlent.

Rapport sur la politique monétaire en 2020 : le mot du gouverneur 

Fidèle à sa tradition de transparence, la Banque Centrale du Congo vient de rendre compte au public de son action en matière de politique monétaire et de change.

La vingt-et-unième édition du Rapport ad hoc scrute l’année 2020 et présente la démarche de l’Autorité monétaire dans un contexte de crise pandémique.

Dans son avant-propos, le Gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, souligne que la conduite de la politique monétaire, en période de crise économique majeure, est à la fois une tâche délicate et ardue. Dans un tel contexte, les contraintes structurelles qui pèsent sur les canaux de transmission des impulsions monétaires se trouvent parfois renforcées. D’où la complexité de la mise en œuvre d’une politique monétaire efficace en pareille situation, laquelle requiert des analyses minutieuses et un processus décisionnel cohérent. C’est globalement cette réalité qui ressort de la présente édition du Rapport sur la politique monétaire que je vous présente.

La crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19, déclenchée dès le mois de mars en RDC, a perduré sur l’année, même si elle a progressivement décliné en intensité. Si les mesures sanitaires de riposte à cette pandémie ont eu le mérite de ralentir sa propagation, elles ont néanmoins entraîné des répercussions négatives sur l’économie, en particulier dans les secteurs où les activités avaient été momentanément suspendues. A l’inverse de nombreux pays à travers le monde, l’économie congolaise ne devrait pas sombrer dans la récession. Elle devrait se tirer grâce au dynamisme de son secteur extractif, en clôturant l’année avec une croissance positive, quoique faible, estimée à 0,8 %.

La Banque Centrale du Congo s’est retrouvée devant un dilemme dans l’orientation de sa politique monétaire au cours d’une même année. Dès le début de la crise, au premier trimestre, elle a dû assouplir son dispositif, en abaissant son taux directeur et le coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts à vue en monnaie nationale en vue de fournir de la liquidité aux banques à moindre coût et de leur permettre de soutenir l’activité économique. Plus tard, au second semestre, elle a été amenée à durcir sa politique monétaire en relevant son taux de base dans un contexte d’accélération de la dépréciation monétaire et des poussées inflationnistes.

Ces deux orientations, en apparence contradictoires, reflètent plutôt sa flexibilité et sa capacité à s’ajuster aux évolutions de la conjoncture, surtout en période de crise, tout en restant conforme à la hiérarchie de ses objectifs. En effet, l’Institut d’émission poursuit prioritairement l’objectif de stabilité du niveau général des prix. Toutefois, sans préjudice de cet objectif principal, il soutient la politique économique générale du Gouvernement. En définitive, l’action de la politique monétaire, couplée à celle de la politique budgétaire, a permis de ralentir l’inflation et de contenir la dépréciation monétaire dans des limites inférieures à celles postulées dans les scenarii les plus pessimistes.

C’est ici le lieu de souligner, une fois de plus, l’importance d’une bonne coordination des politiques macroéconomiques, surtout en période de crise. Dans le cas qui nous concerne, a mentionné le Gouverneur de la BCC, celle-ci s’est organisée autour du dispositif de gestion des finances publiques sur base caisse et, dans son prolongement, autour du pacte de stabilité signé entre le Gouvernement et la Banque centrale. Ce pacte a eu le mérite de réaffirmer le principe de non recours au financement monétaire des déficits publics, lequel a longtemps été le facteur principal à la base de l’instabilité du cadre macroéconomique. N’eut été ce dispositif pour lequel l’Autorité monétaire mérite d’être vivement félicité pour le respect de ses engagements, lala situation économique du pays se serait davantage détériorée.

Aussi, la Banque Centrale du Congo se résout-elle à poursuivre, sans désemparer, ses efforts visant à pérenniser la stabilité macroéconomique, quelles que soient les contraintes. Par ailleurs, elle s’engage à entreprendre les réformes nécessaires du cadre de sa politique monétaire pour améliorer l’efficacité de son action. Les leçons tirées de ladite crise, constituent autant d’enseignements qui serviront de balises pour orienter l’Institut d’Emission face aux défis futurs.

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