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C’est un 8 mars pas comme les autres. La Journée mondiale des droits des femmes, devenue en République Démocratique du Congo le point de départ du « Mois de la femme », se déroule sans les flonflons, les défilés, les pagnes de circonstance et les rivières de bière qui allaient avec, aux jours insouciants de la décennie 2000.

Nostalgie d’un boulevard Triomphal envahi de foules féminines dans leur pagne du jour décliné en milliers demodèles par de géniales coutières; de discours soporifiques de la ministre du Genre et autres syndicalistes, avant la prise d’assaut des « ngandas » et bistrots de la commune de Kasa-Vubu et d’ailleurs, parfois jusqu’aux petites heures du matin.

Nostalgie de ces officiels réunis pour des banquets, surfacturés, dans lesrestaurants très tendance des palaces de la capitale. Il se racontait d’ailleurs à ce sujet que des divorces n’étaient pas rares au lendemain des ripailles et libations incontrôlées. On ne compte plus le nombre de femmesqui ont ruiné leur foyer pour quelques heures d’oubli de soi et d’indélicatesse déplacée.

En ce 8 mars, le Congolais a la tête ailleurs. Ce mois ne passera pas dans l’histoire de la lutte de la femme congolaise pour l’égalité des chances avec l’homme, son partenaire naturel. Il sera évoqué, en revanche, le dérèglement de la vie sociale induit par la pandémie de coronavirus.

Les gestes barrières qu’on prend plaisir à ne pas respecter; comment faire face à l’avalanche de messages alarmistes sur les réseaux sociaux appelant à seméfier du vaccin contre le VOCID-19. Le couvre-feu à durée indéterminée; le gouvernement en affaires courantes depuis quasiment cinq mois, le bouillonnement dans les états-majors politiques dans la perspective de la constitution du gouvernement de l’Union sacrée de la nation.

Les temps ont changé. Elle est révolue, l’époque où des conteneurs entiers de pagnes du 8 mars étaient commandés en Chine par les soins des ministères concernés qui, quelque fois, entraient dans une compétition féroce. C’était à qui arracherait le monopole du business du 8 mars. Souvent après l’arbitrage au plus haut niveau du pouvoir politique.

Enfin, le « Mois de la femme », quand ailleurs il n’est commémoré que la journée du 8 mars, a toujours été l’occasion de saigner les finances publiques. Les méthodes sont légion; cela va des séances de « renforcement des capacités » aux ateliers aux conclusions sans lendemain, en passant par des séminaires et autres sensibilisation. Le tout, dans des installations louées pour la circonstance au prix fort. Jusqu’aux cérémonies budgétivores de clôture du « Mois de la femme ». Mais cela, c’est de l’histoire ancienne.

MWIN MURUB FEL