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Après les consultations, le Premier ministre nommé, Sama Lukonde Kyenge, a déjà apprêté la liste de son Gouvernement qu’il prévoit de soumettre cette semaine à la sanction du Président de la République, Félix Tshisekedi. Ce qui explique l’agitation dans la classe politique, spécialement dans les rangs de ceux qui ont vite quitté le FCC de Joseph Kabila pour adhérer à l’Union sacrée de la nation. Au-delà de la représentativité nationale qui reste un critère dominant dans la composition du Gouvernement, Tshisekedi et Sama veulent s’entourer des ministres faisant preuve d’une constance politique et d’une moralité irréprochable. Toujours est-il que Sama Lukonde s’est fixé un deadline : avant le 15 mars, date de la rentrée parlementaire, son Gouvernement sera déjà rendu public.

Cette semaine sera décisive. Ça passe ou ça casse. Le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, est obligé de présenter au chef de l’Etat la mouture de son équipe gouvernementale qui sera composée de 43 membres au minimum et 50 au maximum.

Une équipe qui comptera 4 Vice-Premier ministre, 5 ministres d’Etat, le reste sera constitué de ministres et vice-ministres.

Il est quasiment acquis que le chef de l’Etat va garder sous sa discrétion, la désignation des animateurs des ministères régaliens. En plus, pour s’assurer de la bonne exécution de sa vision, il a obtenu également qu’il désigne les animateurs des ministères des Finances et des Infrastructures.

S’il est indiqué que l’ancien Premier ministre, Samy Badibanga, qui vient de démissionner de ses fonctions de vice-président du sénat pourra occuper le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale, les partisans de Moïse Katumbi pourront, eux aussi, obtenir le privilège d’aligner un vice-Premier ministre et un ministre d’Etat.

Ils pourront se tirer avec 9 postes au gouvernement. Les rangs qui leur seront accordés seraient une manière pour le Chef de l’Etat et le Premier ministre de reconnaître leur poids politique dans le pays.
De même, l’AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo s’en tirera avec un poste de vice-Premier ministre et 4 autres postes au sein du Gouvernement.

Les dissidents du FCC pourraient également bénéficier de cette faveur de compter des rangs supérieurs au sein du gouvernement. N’ont-ils pas joué un rôle important dans la formation de l’Union sacrée de la nation voulue par le chef de l’Etat ?

Il va de soi qu’il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. C’est la règle qui s’applique dans la gestion des ambitions. Le plus important est de maintenir les équilibres au sein de l’ensemble. Il ne faudrait pas que la formation du Gouvernement sonne la fin de l’Union sacrée de la nation. D’ailleurs ça serait un échec cuisant.

Nouveaux visages, nouvelles énergies

Il faut au Chef de l’Etat des outres neuves. Le pays est confronté à des défis énormes. L’équipe qui sera constituée ne devra pas compter des jouisseurs en son sein. Parce que le travail qui l’attend n’est pas indiqué pour eux. Le message du peuple congolais est clair et limpide : certains visages sont interdits de figurer sur la liste de cette équipe.

Déjà, des informations faisant état de la présence de certains noms des ministrables font grincer les dents. En retour, des Congolais attendent rejeter en bloc toute équipe qui verra certaines personnalités occupées des fonctions au sein du Gouvernement Sama Lukonde. Des noms de ceux qui avaient géré avec défi et arrogance le pays pendant plus de 18 ans circulent. Personne ne les attend. Au contraire l’évocation de leurs noms provoque la colère.

Le combat d’arrière-garde que livre, par exemple, Steve Mbikayi, autorité morale du Parti travailliste, énerve l’opinion nationale. Au Premier ministre de procéder à un sérieux tamisage à son niveau déjà.

S’il a déjà dans son équipe dans laquelle pourrait figurer un ancien Premier ministre éphémère sous Kabila, c’est déjà beaucoup. Le reste doit-être constitué de personnalités qui ont combattu ce régime.

Au Chef de l’Etat de comprendre que si les Congolais acceptent et tolèrent leurs compatriotes de la diaspora qui ont démontré leurs limites, ce même peuple n’acceptera pas que les mêmes qui l’avaient nargué sous Kabila reviennent sous Tshisekedi.

Le peuple a dit, comme l’avait fait en son temps le patriarche Antoine Gizenga : «Yandi ve ». Autrement dit, « pas lui ». L’Union sacrée de la nation amène un vent nouveau qui recommande tout aussi de nouvelles énergies dans la bonne marche de l’Etat.

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