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Dans la ville portuaire de Boma, la facturation de la Régideso (Régie de distribution d’eau de la RDC), opérateur public dans la production et la distribution de l’eau potable, est passée du simple au triple.

Dans la deuxième ville du Kongo central, la grogne gagne du terrain, si bien que les élus provinciaux de la ville ont décidé de porter l’affaire devant le prochain Gouvernement Sama Lukonde Kyenge.

Si aucune solution n’est trouvée entre-temps, ils promettent de saisir l’Assemblée nationale pour sauver une population en détresse qui ne sait plus s’acquitter des frais exorbitants lui imposés par la Régideso.

A Boma, chaque mois, la Régideso revoit sa facturation à la hausse jusqu’à la tripler. Les abonnés dénoncent une surfacturation basée sur aucune considération, alors que la pandémie de Covid-19 a terriblement rongé le maigre pouvoir d’achat d’une population plus que jamais paupérisée.

Dans la ville, les témoignages sont éloquents et traduisent un malaise social qui gagne du terrain.
Pour illustration, les deux factures de Patience Malonda, un habitant de Boma, de novembre 2020 à janvier 2021, ont grimpé de 96.000 Fc (48 Usd) à 170.000 FC (85 Usd), avant de passer à 200.000 Fc (100 Usd).

Une autre abonnée, Françoise, dit plus connaître comment se calcule la consommation d’eau avec le prélèvement de l’index par les agents de la Regideso. Pendant qu’elle s’attendait à payer 90.000 FC (45 Usd), elle a plutôt reçu à une facture au double.

Elle ne cache pas son dépit : « Que les gestionnaires de la Régideso nous disent pourquoi cette augmentation ? », enrage-t-elle.

Des agents de la Regideso lui ont dit de revoir leur manière de consommer l’eau. «On s’est imposé des restrictions dans la consommation d’eau, mais rien n’a changé. La facturation est restée la même », se plaint-elle.

Zola veut savoir, à son tour, si c’est une décision des autorités nationales, provinciales ou locales pour récupérer les deux mois de gratuité de la consommation d’eau offerte par le Gouvernement dans le cadre des mesures d’atténuation de l’impact de la Covid-19 sur la population, annoncées pendant le confinement de 2020.

Pendant ce temps, à la Régideso/Boma, c’est motus et bouche cousue. Le chef de centre de la Regideso/Boma, joint par la presse locale, a fait juste savoir que la décision est nationale et qu’il s’agit d’un nouveau tarif et non d’une surfacturation.

Opérateur économique local, Eric Lubamba ne va pas par le dos de la cuillère et évoque une « surfacturation » et un « manque d’équité » de la part de la Régideso. Il cite, notamment la loi du 31 décembre 2015 sur le prix de service public de l’eau qui dispose en son article 85 que «les tarifs de l’eau sont fixés selon les principes de vérité des prix, d’égalité, d’équité et de transférabilité des charges». Qui pis est, dit-il, Matadi, chef-lieu du Kongo central, se trouve épargné par cette vague de surfa-cturation.

«Il y a des concertations entre la mairie et la Régideso pour corriger ce problème. A Matadi, les tarifs n’ont pas changé, alors qu’à Boma, les factures ont été multipliées par trois. Avec la pandémie de Covid-19 qui a paralysé l’activité économique en 2019, il y a lieu de revoir cette solution pour alléger la souffrance de la population », a indiqué Eric Lubamba.

Un élu provincial de Boma s’est dit offusqué : « Nous attendons la mise en place du nouveau Gouvernement. Je vais suivre cette question. Si je ne trouve pas satisfaction au niveau du ministre national des Ressources hydrauliques et Electricité, je serai obligé de porter l’affaire devant l’Assemblée provinciale du Kongo central ».

C’est par un communiqué datant du 27 janvier 2021 que la Régideso a fait part de la révision à la hausse de sa facturation à dater de janvier 2021, sans pour autant en déterminer les mobiles. A la Régideso/Boma, l’anarchie est la règle.

Jonathan M.