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L’assassinat de l’ambassadeur d’Italie en RDC, de son garde du corps italien et du chauffeur congolais Mustapha Milambo a rappelé à tout le monde que la question de la sécurité dans l’Est du pays est une urgence pour tout le monde. Mais, il s’est constaté une succession, mieux une juxtaposition d’imprudences qui a conduit à ce drame que l’on pouvait éviter.

D’abord, ce voyage avait pour objectif de rencontrer des ressortissants italiens installés à Goma et Bukavu. Comment le diplomate s’est-il retrouvé dans le territoire de Rutshuru en dehors de Goma ? Pourquoi s’est-il rendu dans ce coin perdu et dangereux de l’Est? Qui donc a convaincu un diplomate de ce rang à se rendre sans escorte ni véhicule blindé, sans gilet pare-balles?

Toutes ces questions méritent des réponses que devra donner une enquête crédible et indépendante.
Du côté des autorités congolaises, des questions attendent des réponses et non des justifications.

Comment peut-on laisser un diplomate circuler dans le pays sans s’assurer qu’il est dans les meilleures conditions de sécurité conformément à la réglementation en la matière? Se cacher derrière le fait que l’ambassadeur Luca Attanasio n’avait pas averti les autorités locales sur sa présence à Goma et ses déplacements est tellement ridicule qu’une telle ligne de défense doit être bannie totalement.

En effet, de sa descente d’avion, de l’hôtel où il avait logé en passant par les lieux qu’il avait visités, les autorités qui ont le contrôle d’une ville et d’une province à problèmes, devraient le savoir. Une escorte, même discrète, devait suivre ce diplomate dans le pays.
Enfin, la Monusco a aussi sa part de responsabilité en tant que mission de l’ONU. C’est à ne rien comprendre que plus de 20 ans après, à 15 km de Goma, des éléments d’un groupe armé, comme les FDLR, opèrent allégrement. Que fait donc cette mission dans le pays? Un tourisme au frais de l’ONU !

La plus importante question qui demeure aussi sans réponse est celle de savoir qui avait élevé le degré de sécurité sur cette route en estimant qu’elle devait passer de l’orange à jaune? La responsabilité du décideur doit être engagée dans ce cas précis.

Avec toutes ces interrogations, l’on se rend compte qu’il y a eu une juxtaposition d’imprudences que désormais les uns et les autres ne devraient plus commettre.

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