Avec l’accord du ministère des Finances, la BCC lance la souscription de 150 milliards Fc de bons du trésor pour l’exercice 2019

Après un temps d’hibernation, la RDC va lancer une vaste opération de mobilisation des fonds dans le cadre d’un marché financier national. Une première.

Le projet a passé toutes les phases préliminaires et la Banque centrale du Congo(BCC) se prépare à lancer la première opération de souscription des bons du Trésor, en collaboration avec les banques commerciales qui lui servent d’appui. Pour les trois derniers mois de l’exercice budgétaire, le gouvernement compte mobiliser 150 milliards de Fc. Toutes les parties étaient mercredi en réunion autour du ministre des Finances, Sele Yalaghuli.

En République démocratique du Congo, l’alternance démocratique de janvier 2019 a amené un vent de confiance et réinstauré le principe de bonne gouvernance dans la gestion de l’Etat. Dans différents secteurs, les choses bougent – dans le bon sens, s’entend. Entre-temps, le chef de l’Etat Félix Tshisekedi est soumis à l’impératif de réunir les moyens financiers nécessaires pour réaliser ses nombreuses promesses de campagne, dont les investissements en infrastructures de base.

Pour le moment, la RDC ne peut s’appuyer sur le budget de l’Etat, compte tenu de la modicité des ressources propres. Le pays ne peut pas non plus recourir à l’endettement public auprès des partenaires extérieurs, compte tenu, là aussi, de nombreuses conditionnalités. Depuis un temps, la RDC réfléchissait sur la possibilité de mobiliser l’épargne interne pour soutenir le plan des investissements publics.

L’idée de création d’un marché financier national a finalement été adoptée. Après une longue période d’immersion, menée entre le gouvernement et la profession bancaire, la RDC se sent maintenant prête à se lancer sur cette voie.

Sous la supervision de la Banque centrale du Congo, la RDC lance, début octobre une souscription de 150 milliards FC de bons du Trésor. Les banques commerciales ont été mises à contribution pour la réussite de cette opération que l’institut d’émission promet de pérenniser dans le temps.

Sele Yalaghuli donne sa bénédiction

Vaut mieux tard que jamais. Kinshasa rejoint enfin la dynamique internationale par la création d’un marché financier interne. Lever des fonds sur le marché local ne sera donc plus un rêve. Le « Programme indicatif des émissions des Bons du Trésor et obligation du Trésor pour l’année 2019 », adopté en août dernier, a ouvert la voie à la création d’un marché financier national. Le gouverneur de la Banque centrale du Congo a une bonne raison de s’exclamer : « Une nouvelle ère financière commence ». Tout se passe sous le regard vigilant du ministre des Finances, Sele Yalaghuli.

Après une longue attente, Kinshasa a décidé enfin d’ouvrir en octobre prochain un marché financier local. Pour les trois derniers mois de l’année budgétaire 2019, la RDC se lance, avec la supervision de la Banque centrale du Congo, dans la souscription de 150 milliards de francs congolais de bons du Trésor.

Le sujet a été au centre, mardi 24 septembre au ministère des Finances, d’une rencontre entre d’un côté, le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, et de l’autre, la profession bancaire, représentée respectivement par le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Deogratias Mutombo Muana Nyembo, et les principaux responsables de banques commerciales présentes en RDC.

A la Banque centrale du Congo, on se prépare au lancement dès le 8 octobre 2019 de ces souscriptions par lesquels le gouvernement pense mobiliser des moyens supplémentaires pour, de l’avis du ministre Sele Yalaghuli, « essayer de donner de l’espace au budget de l’Etat ». Au travers de cette opération, Sele Yalaghuli rappelle que le gouvernement pense financer les investissements en infrastructures, en appui à ce que le gouvernement a déjà fait dans le cadre du budget de l’Etat.

Financer les grands travaux retenus dans le programme d’urgence du chef de l’Etat est à l’ordre du jour dans cette opération de souscription des bons du Trésor. « C’est un début » pour donner une nouvelle configuration au financement du programme d’urgence du chef de l’Etat, a indiqué à ce propos l’argentier national.

La Banque centrale du Congo, qui en assure la supervision, se prépare déjà à un grand travail de pédagogie pour amener le public, résident et non résident, à adopter ce projet. Elle est du reste convaincue que le lancement de ces souscriptions marque « une nouvelle histoire financière » de la RDC. Entre-temps, le gouverneur de la Banque centrale du Congo promet de veiller à la soutenabilité de la dette pour ne pas perturber les équilibres fondamentaux du cadre macro-économique ; l’objectif étant, selon lui, « d’accroitre les investissements publics et attirer les investissements privés ».

Le chronogramme est d’ores et déjà connu. Dès ce 4 octobre 2019, l’Institut d’émission se lance dans une vaste opération de vulgarisation des dispositifs techniques et opérationnels de ce nouveau marché financier. Le 8 octobre 2019 est la grande date à partir de laquelle seront officiellement lancées les opérations de souscriptions.

Une nouvelle ère financière commence

Tout devant se jouer sur la confiance, le gouverneur de la Banque centrale appelle le public à « se familiariser à cet instrument ». « C’est une nouvelle ère financière qui commence (…). Bientôt, on parlera aussi de la place financière de Kinshasa ».
Une précision de taille : les opérations de souscription à ces bons de trésor de 150 milliards Fc sont ouvertes à tous, aussi bien aux nationaux qu’aux expatriés, résidents ou non résidents.

Après les bons du trésor, la Banque centrale promet également de lancer les obligations de trésor. Pour l’instant, ce sont 150 milliards Fc de bons du Trésor, soit l’équivalent de 85 millions USD au taux moyen annuel budgétaire de 1747 FC, qui seront bientôt ouverts à la souscription d’octobre à décembre 2019.

C’est la première fois cette année que la RDC emprunte sur le marché financier local. La Banque centrale est mise à profit, tout comme les banques commerciales qui servent non seulement d’intermédiaires mais peuvent tout aussi placer leurs excédents sur ce marché.
Par nature, un bon du Trésor est un titre d’emprunt émis par l’Etat et remboursable à échéance. En RDC, c’est la Banque centrale qui émet les bons du Trésor qui sont en fait des emprunts obligataires, c’est-à-dire des titres d’emprunts.

Econews