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Les consultations politiques pour la formation d’un Gouvernement de l’Union sacrée de la Nation (USN) ont déjà démarré depuis lundi 22 février. Elles vont se poursuivre jusqu’au samedi 27 février. Pour le Premier minier nommé, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, l’exercice ne sera pas aisé. Il doit trouver la bonne combinaison entre les 24 regroupements politiques de l’USN, sans oublier les organisations de la Société civile pour former un Gouvernement qui devait compter entre 40 et 45 membres.

Le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a débuté ses consultations politiques le lundi 22 février dernier à l’hôtel du Gouvernement. Il a conféré avec les délégués de quatre regroupements se réclamant de l’Union sacrée de la Nation.

Il s’agit de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) du sénateur Modeste Bahati Lukwebo, du Regroupement pour la reconstruction du Congo (RRC) de Jean-Marie Elesse Bokokoma, de AAB de Gisèle Ndaya qui assume la présidente ad intérim de ce regroupement politique et de l’ADRD de François Rubota.

Une équipe d’hommes intègres

Au sortir de l’audience, Bahati Lukwebo a indiqué à la presse que le Premier ministre a tenu à brosser le processus devant conduire à la formation du nouveau Gouvernement de l’Union sacrée de la Nation. Entretien au cours duquel il a fixé les grands axes du programme de cet exécutif national. « Le Premier ministre nous a donné non seulement le criterium et les axes principaux du programme du Gouvernement de l’Union sacrée de la Nation mais aussi les la méthodologie à suivre quant à la présentation des candidatures aux différents postes », a-t-il fait valoir, avant de souligner le fait qu’il « tiendra compte de critères de moralité, d’intégrité, de compétence et d’expérience ». Sans oublier d’« avoir un casier judiciaire vierge ».

Et l’ancien informateur du Gouvernement de poursuivre : «Les prétendants membres du Gouvernement devront s’engager à signer un code d’éthique de manière à ce que lorsqu’on est mis en cause, poursuivi par la justice, qu’on puisse automatiquement se déporter. Qu’on ne puisse pas attendre la saisine du Parlement ». Cela avant d’ajouter : «Nous avons noté l’ouverture d’esprit dans le chef du premier ministre qui a été plus qu’éloquent et nous avons l’espoir qu’avec lui, nous allons redresser la situation politique, sécuritaire, économique, environnementale, sociale et culturelle ».

Un Gouvernement de mission

Pour ce Gouvernement dit de combat, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge s’engage également à privilégier le genre, la jeunesse, les personnes vulnérables et des autres couches défavorisées, a fait savoir le n°1 de l’AFDC-A. Qui a fait remarquer que tous les candidats ne pourront être servis et que pour chaque poste, il faut proposer trois candidats pour laisser au Premier ministre la possibilité de répondre à tous les critères.

Dans tous les cas, Bahati Lukwebo relève aussi le poids politique à prendre en compte, sans occulter les critères de solidarité.

Quant au Regroupement pour la reconstruction du Congo (RRC), son animateur Jean-Marie Elesse a lui aussi indiqué à la presse que la rencontre avec le Premier ministre «a porté sur la désignation des hommes qui vont animer la structure gouvernementale pour concrétiser la vision du chef de l’Etat ». Il a fait savoir que des propositions de son regroupement politique ont été soumises à Sama Lukonde Kyenge. « C’est à lui de les apprécier et de les concrétiser dans ses décisions », a-t-il dit.

S’agissant de la délégation de l’AAB conduite par sa présidente ad-intérim, Gisèle Ndaya, elle s’est dit disposée à apporter son expertise dans la mise en œuvre des réformes prônées par le Premier ministre. « Nous avons parlé surtout de secteurs sensibles en tenant compte de la nouvelle dynamique et de la nouvelle vision du chef de l’Etat dans l’Union sacrée de la Nation », a-t-elle signalé, notant que ces secteurs doivent être effectifs et opérationnels.

Une quarantaine de postes à se partager

Sama Lukonde, a poursuivi Gisèle Ndaya, n’a pas oublié de les entretenir également de la formation du Gouvernement et de sa taille. « Il nous a demandé de travailler dessus par rapport à notre programme. Et dans un bref délai, nous allons lui présenter ce travail », a-t-elle précisé.

A la question de savoir si le Gouvernement en gestation sera à la hauteur des attentes de la population, Gisèle Ndaya y croit dans la mesure où les orientations du Chef de l’Etat vont dans le même sens. Paraphrasant le Premier ministre, elle a fait valoir que ce Gouvernement de l’Union sacrée sera celui des guerriers, une équipe avec des personnalités qui seront au service du peuple.

De son côté, Jonathan Bialosuka Wata, membre du Gouvernement sortant et de l’AAB a fait observer que leur regroupement dispose de personnalités capables d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre des réformes initiées par le Président de la République et pilotées par le Premier ministre.

A noter que le regroupement politique ADRP a été le dernier à être reçu. Pour son président François Rubota, la vision de l’ADRP pour le prochain Gouvernement est globale. « C’est le développement intégral du pays. L’ADRP se bat pour ça », a-t-il laissé entendre, avant d’affirmer que cette plate-forme politique a joué un rôle éminemment important pour la construction de l’Union sacrée de la Nation afin d’accompagner le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans sa vision du redressement national.

Mardi, c’était le tour de l’AA/a de Pius Muabilu, l’AABC de Julien Paluku, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et l’UNC de Vital Kamerhe à se soumettre aux consultations. Le Premier ministre nommé s’est donné jusqu’à la fin de cette semaine, avant les derniers arbitrages qui se feront sûrement avec le chef de l’Etat pour la composition du Gouvernement. Un exercice périlleux parce qu’il faudra trouver la bonne combinaison entre 24 regroupements membres de l’Union sacrée de la nation qui devront se partager une quarantaine de postes ministériels.

Mais, l’AFDC-A et Ensemble de Katumbi ont déjà prévenus : tout sera sur base du poids politique à l’Assemblée nationale. Modeste Bahati, autorité morale de l’AFDC-A, pense que c’est le «critère dominant» dans la composition du Gouvernement.

Olivier Dioso