www.econews.cd

C’est ce lundi 22 février que le Premier ministre nommé, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, lance officiellement les consultations en vue de la formation de son Gouvernement. Le chef du Gouvernement s’est fixé un deadline, c’est-à-dire présenter son Gouvernement devant l’Assemblée nationale dès la rentrée parlementaire du 15 mars prochain. A Kinshasa, Jean-Pierre Bemba, chairman du MLC (Mouvement de libération du Congo) et poids lourd de l’Union sacrée de la nation, s’est concerté en fin de semaine avec le Premier ministre nommé. A Lubumbashi, Moïse Katumbi, leader d’Ensemble pour la République, a réuni son état-major avant une probable rencontre avec Sama Lukonde. Ce lundi, une forte délégation de l’AFDC-A de Bahati Lukwebo, fait le déplacement du QG provisoire de Sama Lukonde. L’heure est aux tractations. Le temps est aux grands arbitrages.

Le Premier ministre nommé, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, entame ses consultations aujourd’hui lundi. Il compte former un gouvernement resserré du fait des exigences budgétaires liées à la contraction de l’activité économique et des recettes publiques.

Jean-Michel Sama Lukonde doit composer avec des vertébrés déterminés à travailler au profit du peuple. Dans cette tâche de composition de l’équipe gouvernementale, les équilibres au sein de la coalition sont une priorité. Le dosage doit viser la pérennité de la nouvelle majorité jusqu’à 2023. Il ne servirait à rien que cette équipe gouvernementale ne soit le reflet que d’un courant, celui du chef de l’Etat. Il faut que les nouveaux alliés se sentent également rassurés et respectés.

Les alliés en attente

A ce stade, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi est submergé par des interrogations de tous genres. En réalité, les partisans de l’ex-gouverneur du Katanga se posent plus de questions qui n’ont de réponses. De la même manière au Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, on se pose les mêmes questions sur le traitement que le chef de l’Etat compte leur réserver.
Les félicitations dans le processus du politiquement correct envoyés précipitamment par Moïse Katumbi (!), et celles de vives voix de Jean-Pierre Bemba cachent un malaise.

En réalité, Ensemble et le MLC sont privés de la direction des institutions politiques. Ces deux forces importantes de la nouvelle majorité sont invitées à jouer les seconds rôles. Ils le savent désormais parce que toutes ces fonctions ont été pourvues en animateurs.

Désormais, tout va se jouer sur le nombre de ministères et la qualité de ministères qui seront proposés aux uns et aux autres. C’est la donne qui va déterminer le degré de considération que le chef de l’Etat accorde à ses nouveaux partenaires.

Dans tous les cas, la désignation de Sama Lukonde comme Premier ministre est un message clair que le seul maître de l’Union sacrée est Félix Tshisekedi.

Qu’à cela ne tienne, il serait contraire à la réalité de croire que le Président de la République traiterait avec mépris ses partenaires, en l’occurrence Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, voire Modeste Bahati, ainsi que les transfuges du FCC. La preuve est que, avant de rendre publique l’ordonnance nommant Sama Lukonde, le chef de l’Etat avait pris soin d’informer ses nouveaux partenaires.

Ils n’ont donc pas été surpris comme tout le monde à la télévision. De même, des discussions sur la composition du Gouvernement démontrent à suffisance que le Président de la République n’entend pas tout prendre, même si, il est quasiment acquis que les ministères régaliens seraient occupés par des proches du chef de l’Etat. Il en est de même pour le ministère des Finances.

Tous les autres compartiments du Gouvernement pourraient faire l’objet d’un partage qui tient compte du poids politique de chaque composante. C’est ainsi que les arbitrages qui vont se faire, porteront essentiellement sur la qualité des personnalités qui devront occuper des postes au sein du gouvernement d’Union nationale.

Katumbi ne veut pas jouer le second rôle

Au sein de l’Union sacrée pour la nation, la répartition des postes ministériels mettra aux prises cinq principales forces politiques, notamment l’UDPS, le parti présidentiel, l’AFDC-A de Modeste Bahati, le MLC de Jean-Pierre Bemba, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et les transfuges du FCC.

Pour le Premier ministre Sama, il ne sera pas facile de contenter tout le monde. Il est limité par la contrainte du nombre de portefeuilles, dans la mesure où, dans le contexte de resserrement budgétaire et de grands défis qui l’attendent, il se retrouve dans l’obligation de réduire la taille de son Gouvernement.

Sur papier, le Premier ministre nommé se trouve face à un dilemme. L’exercice ne sera pas aisé.
On apprend que, depuis Lubumbashi, Moïse Katumbi a convoqué son état-major pour les dernières consignes. Le plus évident est que Katumbi ne veut pas jouer le second rôle. Jean-Pierre Bemba s’inscrit aussi dans la même logique. Sans oublier l’AFDC-A de Bahati qui veut aussi se voir rétribuer à la juste valeur de son poids politique à l’Assemblée nationale. Les transfuges du FCC qui sont venus gonfler les rangs de l’Union sacrée de la nation ne sont pas non plus prêts à jouer au figurant
C’est dire que le Premier ministre Sama devra manœuvrer pour trouver le juste équilibre. Au-delà de la formation de ce Gouvernement, c’est aussi l’avenir de l’Union sacrée de la nation qui est en jeu.

Econews