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Ils étaient plus d’un millier sur la ligne de départ. Au bout d’un processus rigoureux de sélection, 500 des entrepreneurs locaux évoluant dans les secteurs de la classe moyenne, des PME et de l’artisanat auront droit à une subvention du Gouvernement dans le cadre du Projet d’appui au Développement des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (PADMPME), financé à hauteur de 100 millions Usd par la Banque mondiale. C’est ce vendredi que seront finalement connus les gagnants aux Concours des plans d’affaires (COPA), dans une cérémonie prévue au Pullman Grand Hôtel Kinshasa. Mercredi déjà, le ministre des Classes Moyennes, Petites et Moyennes entreprises et Artisanat, Justin Kalumba Mwana Ngongo, était devant la presse pour dévoiler le contour d’un processus qui attend stimuler l’entreprenariat local dans quatre principales villes de la RDC (Kinshasa, Matadi, Goma et Lubumbashi).

C’est ce vendredi 19 février que seront connus les gagnants du Concours des plans d’affaires (COPA) organisé par le ministère des Classes Moyennes, Petites et Moyennes entreprises et Artisanat, dans le cadre du Projet d’appui au Développement des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (PADMPME).

Les Concours des Plans d’Affaires constituent une initiative de la République Démocratique du Congo et de la Banque mondiale pour soutenir l’entreprenariat congolais et appuyer l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs dans le pays.                    

Face aux nombreux obstacles freinant le développement de l’entrepreneuriat congolais (accès limité au financement formel et aux opportunités business, déficit de main d’œuvre qualifiée, etc.), les COPA ont pour ambition de soutenir la croissance et la performance des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) à travers une combinaison d’accompagnements techniques et financiers.

Alors que le processus arrive à son terme, le ministre des Classes Moyennes, Petites et Moyennes entreprises et Artisanats, Justin Kalumba Mwana Ngongo, était mercredi devant la presse pour mieux expliquer les contours de cette initiative. «Une première en RDC, car les PME sélectionnées vont être subventionnées», s’est félicité le ministre.

A cet effet, près de 500 PME établies dans quatre villes de la RDC (Kinshasa, Matadi, Goma et Lubumbashi) vont recevoir un appui conséquent compris entre 50.000 et 100.000 Usd.

«Nous aurons le privilège et même la joie de voir près de 500 PME établies à Kinshasa, Goma, Lubumbashi et Matadi être subventionnées dans un contexte extrêmement difficile de covid-19. Cette pandémie a particulièrement paralysé les entreprises. Il y en a beaucoup qui ont même fermé. Dans ce contexte où le financement des entreprises devient une priorité, c’est donc un évènement majeur de pouvoir doter ces PME des quelques subventions», a indiqué le ministre Kalumba.

«Par ces temps difficiles, c’est un soutien important pour les aider à progresser, note le ministre Justin Kalumba

Ce projet n’est qu’un premier pas qui va sûrement en appeler d’autres. A côté de ces 100 millions Usd financés par la Banque mondiale, il y a tout un  programme mis en place pour soutenir l’entreprenariat local, à travers le FOGEC (Fonds de garantie à l’entre-prenariat au Congo) fondé sur «3 C» : Capacitation ou formation à l’entreprenariat, Crédit ou accès au financement, Contrat des marchés ou contrat de commande.

Pour y arriver, les entrepreneurs qui avaient répondu à l’appel du ministère ont été soumis à un processus rigoureux de sélection. «Le processus de sélection a été transparent. Ce n’est pas le ministère qui a sélectionné, mais plutôt un consortium de trois cabinets de grande renommée», a tenu à rappeler Justin Kalumba – une façon de dissiper tout malentendu.

Dans la foulée, il a annoncé le lancement d’un autre Concours des plans d’affaires destiné aux jeunes entrepreneurs dont l’âge varie entre 18 et 35 ans, avant un troisième exclusivement destiné aux femmes entrepreneures.

Le FOGEC, un outil de promotion de l’entreprenariat local

Si les COPA ont été rendus possibles grâce au financement de la Banque mondiale, l’Etat congolais attend également s’engager dans un processus véritablement national de soutien à l’entreprenariat local. Ce qui justifie la création du FOGEC qui n’attend plus que la nomination de son comité de gestion pour passer enfin à la phase d’opérationnalisation.

Présenté en septembre 2020 par le ministre des Classes moyennes, Petites et moyennes entreprises et Artisanat, le projet de création du FOGEC a reçu l’aval du Gouvernement par la signature du décret fixant son organisation et son fonctionnement.

C’est dire qu’en RDC, le financement des PME ne sera plus seulement de la compétence des partenaires extérieurs. Désormais, l’Etat congolais veut prendre le relais pour l’émergence d’une classe moyenne. En tant qu’établissement public, le FOGEC  a pour missions : 

  • «Mobiliser et collecter les ressources financières au niveau national et international, en vue de garantir l’accès des Startups, Micros, Petits, Moyens Entrepreneurs et Artisans congolais aux financements de leurs projets, par les banques commerciales et les institutions de micro-finance ;
  • Disponibiliser les fonds nécessaires et les mettre à la disposition des agences et organismes privés spécialisés, agréés par la Banque centrale du Congo (BCC), qui agissent au nom et pour le compte du FOGEC, en vue de : garantir l’accès des startups, Micros, Petites Moyens Entrepreneurs et Artisans congolais aux financements de leurs projets, par les banques commerciales et les institutions de micro-finance, suivant la politique définie par le Gouvernement ; développer les mécanismes innovants de financement des Startups, Micros, Petites et Moyennes Entreprises, à travers notamment le financement participatif, soit avec ou sans contrepartie (don), soit encore à titre de subventionnement ; développer la mésofinance, à travers la mise en place des lignes concessionnelles de crédits, de garantie ou de subve-ntionnement d’assistance technique au profit des MPMEA ; participer à la mise en œuvre du fonds d’amorçage et des prêts d’honneur au profit des entrepreneurs congolais, principalement les femmes et les jeunes ».

Il s’agit en réalité d’une des réformes majeures prévues par le Programme national de développement de l’entreprenariat au Congo (PRONADEC).

Francis M.