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L’Union sacrée de la nation (USN), cette vision portée par le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, se met déjà en place. Après la phase bouclée de l’Assemblée nationale où trône le bureau coordonné par Christophe Mboso N’kodia Puanga, le Président de la République vient de nommer un Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukendo Kyenge, fraîchement issu des rangs de l’USN. Le prochain round sera la formation du Gouvernement. A première vue, la tâche ne sera pas aisée autant pour le Président de la Répubique que le Premier ministre. Avec 391 députés nationaux, estampillés USN, il faudra un bon dosage pour trouver le bon équilibre. Quoi qu’il en soit, à la rentrée parlementaire du 15 mars prochain, Sama Lukonde a promis de solliciter le vote de l’Assemblée nationale pour l’investiture de son Gouvernement. Il dispose d’un (1) mois des consultations pour trouver des hommes et femmes de «bonne moralité» qui l’accompagneront dans ce challenge.

Le plus difficile commence pour le Président de la République : maintenir la cohésion au sein de la coalition majoritaire de l’Union sacrée de la nation (USN).

Défaire le Front commun pour le Congo (FCC) n’était qu’une promenade de santé. En moins de deux mois, cet édifice fragilisé par des fissures internes et un leadership archaïque a cédé face à ce vent violent insufflé par Félix Tshisekedi et ses soutiens politiques. Joseph Kabila a tout subi, se rendant compte du manque de consistance de l’engagement idéologique de ses lieutenants. Tous ne respiraient que pour des postes ministériels avec les avantages matériels et financiers que cela procure aux détenteurs d’une parcelle d’autorité. Tous se positionnaient par rapport à la mangeoire au lieu de servir le peuple qui souffre.

Avec cette affluence des députés dans l’USN, des attentes en termes de rémunération pour avoir quitté le bateau FCC sont immenses. Tous voudraient figurer dans le partage. Or, le prochain Gouvernement sera resserré, et de toutes les manières, il n’y aura pas un Gouvernement de 391 membres pour satisfaire tous les élus nationaux de l’Union sacrée.
Les frustrations seront au rendez-vous sans aucun doute. Mieux, c’est une certitude. D’ailleurs, avec la nomination de Jean-Michel Sama Lukonde, des déclarations d’acceptation et de soutien sont à peine perceptibles.

Moïse Katumbi a été le tout premier acteur politique à saluer cette nomination. Mais, en lisant son message, on se rend compte qu’il s’agit d’un leader de l’ex-Katanga qui apporte son soutien à un fils du terroir. Moïse Katumbi profite également de cette occasion pour rappeler qu’il reste le porte-parole des habitants de la région de Beni dans le Nord-Kivu qui ont grandement besoin de la paix.

De son côté, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, pour qui ce poste semblait destiner, semble avoir encaissé ce nouveau coup politique. Il relativise les choses, tout en apportant son soutien au nouveau Premier ministre Sama Lukonde.

La bataille du Sénat connaîtra-t-elle la même issue? Bahati n’est pas né de la dernière pluie. Il est capable de remonter la pente et revenir encore au devant de la scène. Le travail abattu comme informateur démontre à suffisance qu’il faut encore compter sur ce bagarreur politique.

De l’autre côté du MLC (Mouvement de libération du Congo), c’est le silence total. Son président, Jean-Pierre Bemba, n’a plus donné de la voix. Depuis lundi, de nombreux véhicules qui stationnaient devant sa résidence de la Gombe ne sont plus visibles. Lui qui ratissait large en mobilisant des députés pour la cause de l’Union sacrée se voyait déjà chef du Gouvernement.

S’attendait-il sérieusement à être le deuxième Premier ministre du président Tshisekedi ? Apparemment, le fils de Jeannot Bemba avait cru en son heure. Sa déception semble grande au point qu’il serait groggy, sans énergie pour jouer au politiquement correct en envoyant un message de félicitations.

Le camp des transfuges du FCC attend aussi d’être servi au prorata de leur nombre. L’équation risque de se compliquer parce que parler politique en RDC sans faire allusion aux postes ministériels, c’est comme danser sans musique.

Des arbitrages

A l’heure des arbitrages, le chef de l’Etat doit savoir porter des bons choix dans la désignation des personnalités qui feront partie du Gouvernement de l’Union sacrée, sans négliger tous ceux qui ne seront pas « élus » pour s’embarquer dans le navire de la nouvelle gouvernance du pays.

C’est ainsi que des nominations des amis du chef qui ne montrent pas patte blanche en matière de bonne moralité et de compétence avérée, sont à bannir totalement. De même, des dirigeants que les différentes composantes devront proposer doivent faire preuve de bonne moralité. Toutes les personnes accusées ou soupçonnées d’avoir trempé dans des pratiques peu recommandables doivent-être d’office exclus.

Félix Tshisekedi doit donc s’interdire de faire plaisir aux gens. De la même manière qu’il n’avait pas cédé aux pressions pour désigner l’inattendu Sama Lukonde, c’est dans la même lignée qu’il devra tout aussi se choisir des vertébrés capables de réussir les défis liés à la requalification du bien-être des Congolais.

Dans le Gouvernement Sama Lukonde, ce sont des choix de Tshisekedi qui vont transparaître. Ce sont ses arbitrages qui primeront et qui traceront la voie à suivre. La période de grâce ayant expiré, le peuple attendra des résultats parce que Tshi-sekedi, lui seul, sera comptable en 2023 devant ce peuple qui a investi des tonnes de confiance en lui.

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