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Dans le cabinet du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, la bataille est rude autour du projet Grand Inga, ce grand barrage hydroélectrique que la République Démocratique du Congo se propose de construire sur le fleuve Congo. Mais, pour sa matérialisation, l’Etat congolais aura besoin de plusieurs milliards Usd pour passer déjà à la mise en œuvre de la première phase d’Inga III pour une production prévue de 4.800 MW. Selon Africa energy intelligence, trois conseillers de Kabila s’activent sur ce dossier ; chacun cherchant à faire passer son offre.

Le projet de méga-barrage hydroélectrique Inga III pourrait être relancé dans les tout prochains jours. Avec le retrait d’un des partenaires espagnol préalablement associé à la Chine dans ce projet, toutes les cartes sont rabattues. A cet effet, la RDC cherche à nouer d’autres partenariats pour relancer enfin la première phase du Grand Inga par la construction de la centrale d’Inga III.

Les consortiums chinois et espagnol ne s’étant pas parvenus à s’accorder sur la constitution d’une structure commune, exigée par l’exécutif congolais, pour le développement de ce projet, c’est donc le retour à la case départ.

Inquiètes d’un possible désistement de l’Afrique du Sud, les autorités congolaises cherchent de potentiels offtakers en France pour développer le méga-barrage Inga III.
Autour de Félix Tshi-sekedi, un trio de conseillers bataille pour imposer le futur opérateur de Grand Inga, révèle Africa energy intelligence.

Selon le site spécialisé, «trois proches du chef de l’Etat jouent des coudes pour imposer chacun une entreprise différente sur le développement des méga-barrages du Grand Inga. A ce jour, c’est le conseiller spécial Alexy Kayembe de Bampende, promoteur de l’australien Fortescue, qui tient la corde, mais ses deux concurrents dans l’entourage de Félix Tshisekedi ne désarment pas ».

Reçue l’année dernière à Kinshasa par le Gouvernement congolais, la direction du géant australien Fortescue a proposé un plan ambitieux pour développer des projets électriques et miniers en RDC.

Outre le géant australien, l’homme d’affaires allemand Gernot Wagner mise également sur Inga III pour développer une usine à hydrogène grâce au futur méga-barrage.

Le fonds d’investissement Global Infrastructure Partners souhaite aussi participer au projet du Grand Inga. La société Global Infrastructure Partners, appartenant au richissime homme d’affaires Adebayo Ogunlesi, discute avec les autorités congolaises des modalités d’un investissement massif dans le cadre du mégaprojet de barrages sur le fleuve Congo.
Pour un projet qui vaut des milliards de dollars américains, des conseillers de Félix Tshisekedi s’activent pour valider chacun son choix.

Quant à l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI/Inga), structure créée il y a quelques années par Joseph Kabila pour piloter ce grand projet, son coordonnateur, Bruno Kapandji, semble être hors de la course. Bien que relevant de la tutelle de la Présidence de la République, Bruno Kapandji n’est pas apparemment associé à tout ce qui se trame à la Présidence de la République.

La volonté politique est là

Dans son dernier discours du 14 décembre 2020 devant le Parlement réuni en Congrès, le président Félix Tshisekedi avait fait part des avancées significatives pour les financements du gigantesque projet Grand Inga.

«Pour ce qui est du projet Grand Inga, les financements sont en passe d’être bouclés avec plusieurs développeurs et off-takers (acheteurs). Il est évident que quand ces ouvrages seront totalement opérationnels, la République Démocratique du Congo reprendra son rôle de leader africain de l’énergie pour le bien-être de toutes ses populations et même du continent », avait déclaré le Président de la République.

«Inga est un monstre sur le plan énergétique. C’est près de 88 000 MW. Inga à lui tout seul, c’est 85 % du potentiel hydroélectrique de la République qui est évalué autour de 100.000 MW. C’est vrai qu’il existe un accord de développement d’Inga 3 depuis quelques années. Mais, nous pouvons aller de Inga 1 jusqu’à Inga 8. L’accord de développement reste ouvert. Nous avions des Chinois et des Espagnols depuis 2016 dans cet accord de développement d’Inga 3. Et, il y a un groupe d’Espagnols qui ont quitté l’accord. Personne ne les a chassés, plutôt la RDC voudrait avoir tout le monde avec elle. Les Américains, les Chinois, les Indiens, les Egyptiens, etc. sont tous le bienvenu», expliquait à l’époque Eustache Muhanzi Mubembe, ministre d’Etat, ministre des Ressources hydrauliques et électricité.

En Conseil des ministres du vendredi 7 février 2020, le gouvernement avait décidé de la mise sur pied d’un comité conjoint RDC-BAD avec la triple mission de : l’élaboration d’un accord formel sur le développement d’Inga ; la conception d’une matrice détaillée du projet ; et un calendrier de mise en œuvre de différentes phases.

Pour le moment, la RDC fait face à un important déficit énergétique. Ce qui paralyse énormément son industrie minière du Grand Katanga. La mise en œuvre d’Inga III est destinée à comble ce déficit ; le surplus pouvant être exporté ailleurs, notamment en Afrique du Sud.

F.K.