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L’Union sacrée de la nation n’est plus une utopie. C’est le nouveau concept qui va rythmer la vie politique congolaise dans les trois prochaines années. Quatre personnalités ont joué, chacune en ce qui la concerne, un rôle crucial pour jeter les bases de ce courant politique.

Le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, a lancé la vision, Jean-Marc Kabund a travaillé en interne les députés nationaux, Christophe Mboso a, depuis l’Assemblée nationale, organisé la chute du bureau Mabunda pour qu’enfin Modeste Bahati clôture le ballet par l’identification de la nouvelle majorité parlementaire. Tout a donc été chronométré pour qu’autour du Président de la République, chaque acteur – en tout cas les trois personnages clés – joue parfaitement son rôle.

Un assaut éclair

Qui eut cru que le FCC sera démantelé en si peu de temps ? Qui pouvait croire que la majorité parlementaire pouvait basculer du jour au lendemain ? Et enfin, qui pouvait pronostiquer à la perte de vitesse du FCC, tant que Joseph Kabila commandait les opérations politiques depuis sa ferme de Kingakati, dans la périphérie Est de la ville de Kinshasa ?
Il y a quelques mois, personne ne pouvait penser au tsunami qui s’est abattu sur la scène politique congolaise depuis le tout premier message de la rupture prononcé par Félix Tshisekedi le 23 octobre 2020.
Quelques jours après, le Président de la République lançait ses consultations nationales pour requérir les avis des uns et des autres avant l’assaut final du 6 décembre 2021. Tout calcul fait, c’est en moins de deux mois que Félix Tshisekedi a réussi sa bataille.
Quelques jours lui ont donc suffi pour désintégrer la machine politique de Joseph Kabila. En réalité, cette victoire, Félix Tshisekedi la doit, non seulement à son état-major politique, mais surtout à son parti, UDPS, qui a travaillé le FCC à la corde jusqu’à le pousser à la faute.
Dans une récente tribune largement commentée sur la toile, le prof Bongeli a fait comprendre que les tensions politiques de ces derniers jours sont le fait d’une confrontation entre le juridisme et le pragmatisme. En se cabrant sur un juridisme sans issue, le FCC a laissé le champ libre à l’UDPS, mu plutôt par un pragmatisme sans faille. Au finish, c’est Félix Tshisekedi qui en est sorti gagnant.
Pour le moment, le chef de l’Etat n’a gagné qu’une bataille. Pas forcément la guerre. Il s’agit maintenant de récompenser ceux qui l’ont accompagné à cette victoire.
De ces architectes de l’USN, trois se sont déjà positionnés dans l’architecture institutionnelle : Félix Tshi-sekedi comme Président de la République, Mboso et Kabund aux commandes de l’Assemblée nationale. Quelle sera dès la rétribution de Modeste Ba-hati Lukwebo? Le sujet est encore en discussion.