www.econews.cd

L’année 2020, marquée particulièrement par la pandémie de coronavirus, a suscité une vague de récession dans de nombreuses économies mondiales. La République Démocratique du Congo qui n’a échappée à la règle a su néanmoins rebondir en sortant de la récession avec un taux de croissance nettement positif de 0,8%. Le grand travail de mobilisation des recettes entrepris par les trois traditionnelles régies financières de la RDC (DGI, DGDA et DGI) a permis de limiter le financement monétaire du déficit public. Pour le premier trimestre, le ministère des Finances, point focal du Gouvernement dans la mobilisation des recettes, craint un risque budgétaire pour faire face à la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat dont l’enveloppe mensuelle se chiffre à 425 milliards de FC.

L’année 2020, qui appartient au passé, aura été extrêmement difficile pour plupart d’économies mondiales. Avec la récession qui s’est créée en raison de restrictions dues à la pandémie de Covid-19, les gouvernements ont eu du mal à ajuster leur plan de trésorerie. En République Démocratique du  Congo, un grand travail a été entrepris au niveau du ministère des Finances pour limiter les dégâts, tout en assurant un fonctionnement minimal de l’appareil étatique. Dans cet effort, les régies financières, à savoir la DGI (Direction générale des impôts), la DGDA (Direction générale des douanes et accises) et la DGRAD (Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations) ont été mises à contribution pour donner à l’Etat congolais les moyens de sa politique.

Le vendredi 22 janvier 2021 était l’occasion pour le cabinet du ministre des Finances, Sele Yalaghuli, de faire le point sur le grand travail de mobilisation des recettes de l’année 2020.

Au cours de cette réunion de mobilisation, la toute première de l’année 2021, le professeur Vincent Ngonga Nzinga, directeur de cabinet du ministre des Finances, a réuni les principaux dirigeants de trois régies financières pour une récapitulation du travail abattu en 2020.

A ce propos, le prof Ngonga a salué la «belle performance» des régies financières qui ont mobilisé 7.022 milliards de franc congolais au courant de l’exercice budgétaire 2020.

De l’avis du directeur de cabinet, les régies financières ont, dans un contexte de ralentissement de l’activité économique, réussi à tenir la dragée haute en accroissant leur capacité de mobilisation. Aussi, a-t-il félicité les trois régies qui ont déployé tous les efforts nécessaires pour répondre aux sollicitations de l’Etat en termes de mobilisation des recettes. Cette performance, a fait savoir le professeur Ngonga, a permis à la RDC de ne plus recourir, depuis le mois d’avril 2020, au financement monétaire de déficit public. Ce qui justifie,, note-t-il, la stabilité du taux de change.

La RDC sort de la récession et craint un risque budgétaire

Si l’année 2020 a poussé l’Etat congolais à revoir toutes ces prévisions économiques, le Gouvernement a cependant réussi à faire sortir le pays de la zone de récession. Ainsi, la RDC a clôturé l’année 2020 avec un taux de croissance relativement positif de 0,8%, contre 4,4% en 2019.

Certes, l’année 2020, avec tout son lot de malheur, appartient déjà au passé. Pour l’instant, le Gouvernement a des yeux rivés sur l’année 2021 qui s’annonce tout aussi difficile que la précédente. Il s’agit particulièrement du désistement de nombreux bailleurs de fonds de la RDC qui ont pratiquement rapporté leur promesse de déboursements des fonds.

C’est ainsi qu’au-delà de la réunion de mobilisation des recettes, les parties en présence se sont également focalisées sur les perspectives à court terme pour le premier trimestre 2021. Il a été convenu de recadrer le Plan de trésorerie du secteur public, étant donné que la RDC ne pourra pas bénéficier dans l’immédiat des fonds promis par certains partenaires multilatéraux, principalement la Banque mondiale.

Pour contenir le choc éventuel sur les finances publiques, le prof Ngonga a indiqué que le ministère des Finances a convenu de pousser les régies financières à accroître davantage leur capacité de mobilisation des recettes. Le ministère des Finances espère tirer des recettes substantielles avec la mise en service de la réforme ISYS-Régies en faisant en sorte que  les problèmes de délais constatés entre l’encaissement et le nivellement des recettes par la Banque Centrale du Congo soient résolus dans les meilleurs délais.

548,1 millions Usd de déficit public en 2020

Dans le même registre des finances publiques, il y a lieu de rappeler que l’exécution des opérations financières de l’Etat s’est soldée, selon la Banque centrale du Congo, par un « important » déficit de 1.051,1 milliards CDF (548,1 millions USD) en 2020 contre 592,5 milliards CDF (354,3 millions USD) en 2019, a indiqué le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, au terme de la réunion, le vendredi 22 janvier 2021, du Comité de politique monétaire.

«Ce déficit a été financé, hormis les avances de la BCC de 320,5 milliards Fc couvrant la période de janvier à avril, par des appuis budgétaires du FMI et BAD à hauteur 713,6 milliards Fc dont 19,0 milliards Fc ont servi au remboursement d’une partie des Bons du Trésor », précise l’Institut d’émission dans son communiqué.

A l’instar du prof Vincent Ngonga, le gouverneur de la BCC a loué les efforts entrepris de part et d’autre pour faire sortir l’économie congolaise de la zone de récession au cours de l’année 2020.

«Nous avons mis à jour notre taux de croissance sur la base des réalisations de production à fin septembre 2021. Cela nous a fait remonter à un chiffre de taux de croissance de 0,8% pour l’année 2020. Donc, notre économie n’est pas en récession, contrairement aux données de juin 2020 qui donnaient un taux de croissance négatif du PIB de -1,7%. Contrairement à nombre des pays dans le monde qui sont en récession en 2020 à la suite des effets de la Covid-19, la RDC ne serait pas en tout cas en récession en 2020. Nous sommes en ralentissement économique de 0,8%. Nous attendons jusqu’à fin mars au moment qu’on aura compilé les données de production jusqu’à fin décembre 2020 pour voir les nouveaux chiffres. Pour le moment, nous ne sommes plus en récession. C’est une bonne nouvelle», s’est vanté Deogratias Mutombo.

La RDC a terminé l’année 2020 avec un taux d’inflation de 15,7% en ce qui concerne le marché des biens et services. Quant à la monnaie nationale, le franc congolais s’est échangé à fin décembre 2020 à 1.971 FC pour un (1) dollar à l’indicatif et à 2.020 FC le dollar au parallèle, selon les données de la BCC. Les réserves de change se sont établies à 730,21 millions Usd au 16 décembre 2020, représentant deux semaines et six jours d’importation des biens et services sur ressources propres.

Econews